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Agence internationale de l'énergie
Minéraux essentiels : des besoins croissants bientôt confrontés à une pénurie ? / L’offre future de cuivre et lithium inquiète l’Agence internationale de l’énergie
La transition énergétique a-t-elle les moyens de ses ambitions en matière de neutralité carbone ? L’Agence internationale de l’énergie (AIE) émet des doutes. L’agence basée à Paris vient de publier son nouveau rapport sur les minéraux critiques et plusieurs constats ne sont pas de nature à rassurer.
Certes, après deux années de forte augmentation, les prix des minéraux essentiels ont significativement baissé en 2023, revenant à des niveaux observés pour la dernière fois avant la pandémie. Les matériaux utilisés dans la fabrication des batteries ont connu des baisses particulièrement importantes : le prix du lithium a chuté de 75 % et les prix du cobalt, du nickel et du graphite ont baissé de 30 à 45 %, ce qui a contribué à ce que les prix des batteries reculent de 14 %. La croissance de la demande demeurant soutenue, ces diminutions sont principalement dues à une forte augmentation de l'offre mondiale, ce qui a permis de compenser les fortes hausses de prix en 2021 et 2022.
Reste que selon le rapport, si la baisse des prix au cours de l'année écoulée a été une bonne nouvelle pour les consommateurs et l'accessibilité financière, elle a également constitué un vent contraire pour les nouveaux investissements. En 2023, les investissements dans l'extraction des minéraux critiques ont augmenté de 10 % et les dépenses d'exploration de 15 % (un rythme correct, mais plus lent qu'en 2022). Tant et si bien que la bonne tenue de l’approvisionnement du marché à date "n'est peut-être pas une bonne indication pour l'avenir", juge l’AIE.
Dans le détail, les analystes de l’AIE avancent que les projets d’investissements annoncés sont suffisants pour répondre à seulement 70 % des besoins en cuivre et 50 % de ceux en lithium en 2035 dans un scénario dans lequel les pays du monde entier atteignent leurs objectifs climatiques nationaux. Les marchés des autres minéraux semblent plus équilibrés – si les projets se réalisent comme prévu. On parle ici du graphite, du nickel ou encore du cobalt. "Un accès sûr et durable aux minéraux essentiels est essentiel pour des transitions énergétiques propres fluides et abordables. L’appétit mondial pour des technologies telles que les panneaux solaires, les voitures électriques et les batteries augmente rapidement – mais nous ne pouvons le satisfaire sans un approvisionnement fiable et croissant en minéraux essentiels ", a déclaré Fatih Birol, directeur exécutif de l’AIE.
En outre, la concentration géographique des opérations minières devrait encore augmenter ou rester élevée, déplore l’AIE. Pour les matériaux raffinés, les parts des trois principaux pays producteurs ont toutes augmenté depuis 2020, la tendance étant la plus prononcée pour le nickel et le cobalt. D’ici 2030, environ 70 à 75 % de la croissance projetée de l’offre de lithium raffiné, de nickel, de cobalt et de terres rares proviendra des trois principaux producteurs actuels. "Ces niveaux élevés de concentration de l’offre représentent un risque pour la rapidité des transitions énergétiques, car ils rendent les chaînes d’approvisionnement et les itinéraires plus vulnérables aux perturbations, qu’elles soient dues à des conditions météorologiques extrêmes, à des différends commerciaux ou à des événements géopolitiques ", prévient l’AIE.
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