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Start-up / French Tech 120 / next 40 / La Mission French Tech

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French Tech 120 / next 40 / La Mission French Tech

La composition du Next 40 et French Tech 120 se transforme / Des critères d'admission révisés qui font émerger de nouveaux profils

La Mission French Tech a dévoilé, mercredi, les lauréats de son programme destiné à accompagner et à mettre en avant les 120 entreprises technologiques les plus prometteuses. Et un vent de renouveau semble souffler sur la promotion 2024. Ce sont de fait plus de trente nouvelles sociétés qui y ont fait leur entrée, notamment en raison de la révision des critères d’admission. Alors que les places se répartissent désormais à égalité entre une sélection sur les revenus et les levées de fonds, de profils moins courants dans l’écosystème ont ainsi intégré le Next 40 ou le French Tech 120.
(Photo by Xose Bouzas / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP)
(Photo by Xose Bouzas / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP)

Le French Tech (FT) 120 et le Next 40 font peau neuve. Le programme de la Mission French Tech, sous l’égide de Bercy, destiné à mettre en avant et à accompagner les 120 pépites technologiques françaises les plus prometteuses, a dévoilé mercredi la nouvelle liste de ses lauréats. Ce sont ainsi plus de 30 nouvelles entreprises qui y ont fait leur entrée, dont 11 dans le Next 40.

Une rotation significative, alors que les critères permettant d’intégrer la promotion 2024 du FT 120 et du Next 40 ont été révisés, sur recommandation du rapport réalisé par French Tech Finance Partners. En cause, des conditions d’entrée en place qui ne s’articulaient plus nécessairement à l’évolution de l’environnement des acteurs de la French Tech. De ce fait, les 120 admis de la promotion 2024 ont été répartis équitablement sur deux volets : les levées de fonds d’un côté, le chiffre d’affaires et la croissance de l’autre.

Pour le groupe admissible sur le critère de levées de fonds, les 60 entreprises ayant réalisé les tours de table les plus importants, en cumul en janvier 2021 et avril 2024, ont été réparties entre le Next 40 et le FT 120. Sans surprise, parmi les nouveaux entrants au sein du Next 40, l’on retrouve notamment Mistral AI qui a réalisé des levées de fonds records au regard de sa seule année d’existence. D’autres noms de la promotion 2024 étaient déjà présents au sein de "l’indice phare" de la French Tech, comme Electra, Pigment ou Verkor, qui se sont eux aussi illustrés sur des opérations d’envergure au cours de la période

 

Des profils particuliers

 

Il y a ensuite les 60 autres places, relatives au chiffre d’affaires. Les 20 premières places permettant d’accéder au Next 40 ont été réservées aux start-ups ayant réalisé au moins 100 millions d’euros de chiffre d’affaires net lors du dernier exercice et au moins 15 % de croissance annuelle sur les trois dernières années. Les 40 autres places, ouvrant la voie à l’intégration du French Tech 120, ont été attribuées aux entreprises ayant réalisé 10 millions d’euros de chiffre d’affaires et 15 % de croissance annuelle, en moyenne, sur les trois derniers exercices.

De quoi permettre à des entreprises aux profils moins courants dans la French Tech d’intégrer ce programme, à l’instar de MisterTemp’group. Cet acteur du recrutement en intérim, développant une plateforme technologique propriétaire à disposition d’un réseau de 210 agences franchisées, a fait son entrée dans le Next 40 après avoir été sélectionné dans le FT 120 en 2020 et 2021. Rentable depuis sa création en 2009, l’entreprise n’a jamais réalisé de levée de fonds. "J’ai lancé MisterTemp’group de manière "traditionnelle", en investissant 100 000 euros de ma poche. J’ai donc dû aller chercher directement des clients. C’est un mode de développement qui oblige à se concentrer sur la rentabilité. Cela nous a aussi permis d’être plus sélectifs dans nos investissements et d’éviter les excès qui peuvent survenir lorsque l’on a beaucoup de fonds à disposition", explique son fondateur Alexandre Pham, à l’occasion d’un entretien accordé à WanSquare.

 

Tirer des leçons

 

L’entrepreneur n’en est pas à son coup d’essai. Il avait déjà créé une société auparavant, en passant par un mode de développement plus classique au travers de levées de fonds. Mais lorsque la bulle internet éclata au début des années 2000, sa société n’était pas rentable. Sous la contrainte du retournement du marché, Alexandre Pham a dû restructurer son entreprise pour finir par la vendre à prix cassé. "Je fais partie de ceux qui tirent des leçons des évènements passés", souligne le fondateur de MisterTemp’group.

Pour autant, ne pas lever de fonds n’a pas empêché l’entreprise de se développer. Elle a réalisé 420 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2023, possède trois marques à son actif (spécialisées dans différents secteurs comme l’ingénierie, l’industrie et le BTP ou encore les professionnels de santé) et déploie aussi une offre digitale spécialement conçue pour les grands comptes - Carrefour et Fnac Darty font notamment partie de ses clients -. À l’aide de ses fonds propres, de dette et plus récemment au travers de fonds de leveraged buy-out (LBO), avec l’entrée d’Andera Partners à son capital qui a remplacé Montefiore Investment, MisterTemp’group prévoit donc la suite : l'objectif sera d'atteindre un milliard d’euros de chiffre d’affaires d’ici à 2028.

"Si les levées de fonds restent le levier de financement privilégié pour permettre la réalisation de programmes de recherche et développement ambitieux sur plusieurs années ou le lancement de projets industriels à fort besoin d’investissement avant la commercialisation, de plus en plus d’entreprises intègrent le French Tech Next40/120 sans avoir réalisé d’importants tours de table", a d’ailleurs souligné la Mission French Tech en dévoilant la nouvelle promotion. Et bien que l’innovation nécessite donc des investissements significatifs, les start-ups françaises membres de la promotion montent aussi en maturité, en confirmant la pertinence de leurs modèles d’affaires. En témoigne le fait que les entreprises rentables représentent 30 % de l’ensemble des 120 entreprises, dont 10 présentes dans le Next 40.

 

Rien d’incompatible

 

Une proportion qui n’intègre néanmoins pas les deeptech, dont les modèles d’affaires reposent sur des innovations de rupture qui requièrent des investissements significatifs avant pouvoir dégager des revenus. Un an après le lancement du programme French Tech 2030 qui leur est consacré, 15 entreprises issues de ses rangs ont d’ailleurs intégré le FT 120 et Next 40. Au total, la promotion 2024 compte 27 entreprises deeptech, soit 22,5 % du total.

Lever des fonds et générer du chiffre d’affaires et de la rentabilité sont toutefois loin d'être incompatibles. Swile, le spécialiste des avantages salariés dématérialisés, a par exemple levé près de 300 millions d’euros en moins de cinq ans, depuis son lancement en 2018 et a atteint le statut de licorne. Mais a également réalisé plus de 130 millions d’euros de chiffre d'affaires en 2022, et a atteint la rentabilité en France au cours du quatrième trimestre de 2023. Au total, les 120 entreprises de la promotion ont ainsi généré 10,4 milliards d'euros de revenus nets en 2023, contre 7,5 milliards d’euros en 2022. Cela représente une hausse de plus de 32 % sur un an.

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