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French Tech 120 / next 40 / La Mission French Tech / Start-up
Les candidatures pour intégrer le Next 40 et le French Tech 120 sont ouvertes / Des critères d'admission revus
Si le mois de février est traditionnellement dédié à la révélation des nouvelles promotions du Next 40 et French Tech 120, place en 2024 à l’ouverture de l’appel à candidatures. Le ministère de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique l’a annoncé ce matin : les start-ups qui souhaitent intégrer ces "indices" des champions de la French Tech peuvent désormais y prétendre, au regard de critères d’intégration révisés.
Dans le détail, "à l’heure d’une montée en maturité de l’écosystème et d’une évolution du contexte de financement", explique Bercy, les 120 admis seront répartis équitablement en deux volets. Le premier portera sur le chiffre d’affaires, ce qui permettra de témoigner de l’appréciation des clients pour les solutions des jeunes entreprises innovantes. Le second concernera les levées de fonds et permettra de mesurer la confiance des investisseurs. Et les licornes (donc les start-ups valorisées à plus d’un milliard de dollars) ne seront plus automatiquement admises au sein de la promotion 2024. Elles devront, comme les autres, candidater à l’entrée de ce programme de la Mission French Tech.
S’agissant de la première cohorte relative aux revenus : les 20 premières places, qui permettront d’accéder au Next 40, seront réservées aux start-ups ayant réalisé au moins 100 millions d’euros de chiffre d’affaires net lors du dernier exercice et au moins 15 % de croissance annuelle sur les trois dernières années. Les 40 autres places, ouvrant la voie à l’intégration du French Tech 120, seront attribuées aux entreprises ayant enregistré 10 millions d’euros de chiffre d’affaires et 15 % de croissance annuelle, en moyenne, sur les trois derniers exercices.
Prendre les particularités en compte
Concernant ensuite les 60 autres places attribuées à l’aune du critère des levées de fonds, ce sont tout simplement les cumuls des tours de table les plus importants réalisés entre janvier 2021 et avril 2024 qui seront retenus. Les 20 premiers intégreront le Next 40, les 40 autres le French Tech 120. Si l’intérêt de choisir les membres de ce programme de la Mission French Tech, au regard des montants levés, n’avait pas manqué de susciter quelques interrogations l’année passée, celui-ci reste pertinent pour les entreprises d’innovation de rupture (ou deeptech) pour lesquels les cycles de commercialisation sont plus longs. De plus, il ne sera pas nécessaire d’avoir levé au moins 100 millions d’euros au fil des deux dernières années comme cela était le cas en 2023 pour intégrer le Next 40, ou 40 millions d’euros pour le French Tech 120. Les nouvelles start-ups promues seront plus simplement sélectionnées par ordre décroissant des montants récoltés lors des tours de table depuis janvier 2021.
Enfin, dernier critère, quant à lui imposé sans différence à l’ensemble du programme : les entreprises se devront de fournir une attestation de réalisation de bilan carbone entre 2021 et 2024 (ou un devis témoignant de leur bonne foi dans cette démarche), ainsi qu’un index d’égalité professionnelle avec un score minimum de 75 - ou la présentation d’un plan d’action pour l’atteindre si ce n’est pas le cas -.
Autant de nouveautés, déjà annoncées par la Mission French Tech en fin d’année dernière, qui ont été retenues du rapport remis par l’instance French Tech Finance Partners en juin dernier. Jean-Noël Barrot, alors ministre délégué chargé du Numérique, avait commandé à ce groupe composé de membres représentatifs des investisseurs de la French Tech un document pour s’attaquer à trois chantiers prioritaires : le financement des start-ups en région, le financement de la deeptech et, enfin, les critères de sélection des programmes French Tech.
Un environnement bien plus complexe
Car depuis la fin de l’année 2022, l’environnement de la French Tech s’est considérablement transformé. Les capitaux n’affluent plus en masse vers l’écosystème, les investisseurs sont plus regardants quant au modèle d’affaires et aux perspectives de rentabilité des start-ups et les valorisations ont été nettement revues à la baisse. Notamment au sujet des licornes : la crise des financements a bien prouvé que des valorisations impressionnantes n’étaient pas nécessairement synonymes de création de valeur. D’où le fait de ne plus les admettre automatiquement dans le "CAC 40" version French Tech et d’accorder davantage d’importance au chiffre d’affaires. Afin, d’ailleurs, de mieux apprécier les revenus des start-ups, la prochaine sélection se basera sur leurs comptes de 2023. Pour leur laisser le temps de les clôturer, la promotion actuelle sera donc prolongée.
Et faire partie de ces programmes présente bien des avantages. Visibilité, mise à disposition d’un chargé d’affaires, accompagnement sur les problématiques administratives et économiques ou, encore, accès à des opportunités privilégiées… autant de bénéfices qui profitent à des entreprises technologiques destinées à devenir les championnes de demain.
En témoignent les belles réussites de certains lauréats du Next 40 et French Tech 120, à l’instar de Verkor qui déploiera bientôt une usine dans le Nord de la France après avoir bouclé un tour de table record en septembre dernier. Ou encore de Swile, qui, du haut de ses quelques années d’existence, est parvenu à racheter Bimpli, filiale du groupe BPCE. "Nul doute que cette nouvelle promotion mettra encore à l’honneur les plus belles réussites industrielles et numériques de l’écosystème français", a d’ailleurs souligné Bruno Le Maire à l’occasion du lancement de l’appel à candidatures. La nouvelle promotion devrait en tout cas se faire connaître à l’été 2024.
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