Start-up / Start-up / Je choisis la French Tech / La Mission French Tech / grands groupes / PME / Bercy / délais de paiement
Start-up
Start-up / Je choisis la French Tech / La Mission French Tech / grands groupes / PME / Bercy / délais de paiement
Encore du chemin à faire pour bien intégrer la French Tech à l’économie française / Le soutien du gouvernement à l'appui mais des différences de perception qui se creusent
La rentrée approche et avec elle, la reprise des évènements du programme "Je choisis la French Tech". La prochaine rencontre entre start-ups et acheteurs privés ou publics, dont le plan piloté par la Mission French Tech se veut le facilitateur des relations, est programmée les 28 et 29 août prochains. Celle-ci se déroulera au stand du programme éponyme aux Universités d’été du Medef, "La REF".
L’ambition du plan lancé par le gouvernement en juin dernier, en marge de l’édition 2023 de VivaTech, est claire : donner un coup de pouce aux commandes des start-ups françaises (au travers, donc de rencontres entre acheteurs et jeunes pousses, ou encore d’incitations auprès d’acteurs privés ou publics à s’engager auprès des start-ups tricolores, de suppression de certaines barrières juridiques, de formation, etc.). Plusieurs objectifs ont pour cela été fixés.
D’ici à la fin de l’année 2023, 500 entreprises devraient être partenaires ou soutien du plan (elles s’élevaient au nombre de 255 au lancement de l’initiative, dont 108 grands groupes) et il est envisagé que la cohorte contienne 5 000 entreprises à échéance 2027. A cette même date, le recours aux start-ups par la commande publique et privée devrait ainsi être doublé grâce à l’initiative.
Il faut en effet souligner que la France accuse un léger retard en la matière. L’Hexagone a compté 70 % de grandes entreprises ayant collaboré avec une start-up en 2023, recensait une étude publiée au printemps par l’Institut de sondages Sopra Steria, en collaboration avec Ipsos et l’Insead. Une proportion qui place certes la France devant ses voisins britanniques (61 %) ou allemands (57 %), mais bien derrière les autres pays étudiés. La Norvège et la Suède affichent par exemple des taux de 77 %, l’Espagne de 75 %, tandis que l’Italie et le Benelux se partagent la première place, à 80 %.
Une marge de progression pour les pouvoirs publics
A l’occasion du lancement du programme "Je choisis la French Tech", Bercy précisait par ailleurs qu’en 2021, seuls 2,4 % des achats de l’Etat (hors armements) avaient été réalisés auprès de petites et moyennes entreprises (PME) innovantes. Également, une enquête menée par la Chambre de commerce et d’industrie soulignait, elle, que d’après 410 dirigeants interrogés en juin 2023, seuls 6 % d’entre eux achetaient auprès de start-ups.
Le même mois, le cabinet Deloitte et le Village by Crédit Agricole (CA) publiaient quant à eux une étude sur le même sujet. "Il est évident que les grands groupes sont très engagés dans la collaboration avec les start-ups. En fait, 85 % ont déjà réalisé des projets avec des start-up s et 78 % suivent activement l’écosystème. Cela montre une volonté claire d’interagir et d’apprendre des start-ups", soulignait l’enquête conduite auprès de 41 grands groupes et 64 start-ups.
Si la volonté est affichée, il reste que les grands comptes semblent néanmoins se montrer de plus en plus prudents à l’idée de s’associer avec des start-ups. Et notamment au sein des métiers core business et les fonctions supports. Dans les deux unités la perception dite de "conservateur", de la part des grands groupes, sur leur niveau d’adoption des solutions technologiques proposées par les start-ups s’est significativement accrue en l’espace de trois ans. En 2020, elle atteignait 12 % sur le core business et les fonctions supports. Respectivement dans les deux types de fonctions et en 2023, la perception conservatrice des grands groupes s’affichait cette fois à 24 % et 42 %.
Et s’il faut convaincre les grandes sociétés de faire appel aux start-ups, les relations entre les entreprises collaboratrices nécessitent aussi d’être fluidifiées. En cause, de grandes différences de perception de la rapidité. En ce qui concerne les délais entre la prise de contact et la prise de décision, l'écartt est flagrant. Pour 97 % des start-ups, en 2023, le délai est perçu comme lent ou très lent, indique l’étude de Deloitte et du Village by CA. Du côté des grands groupes, la proportion s’affiche quant à elle à 73 %.
Pas toujours de bons payeurs
Pour les jeunes pousses, la lenteur des délais semble de plus se ressentir davantage d’année en année. La tendance est à la hausse depuis 2018, ce qui "indique une frustration persistante chez les start-ups concernant le temps nécessaire pour que les grands groupes prennent des décisions de collaboration", souligne le rapport. Tandis que ces derniers suivent, eux, une tendance de cette perception à la baisse depuis 2018 (bien qu’ayant connu un bond de 17 points entre 2020 et 2023).
Cette différence de perception se reflète également dans la manière d’envisager les délais de paiement, un sujet sur lequel les grands comptes et les PME semblent encore loin de parvenir à s’aligner. En 2023, 46 % des grandes sociétés trouvent que les délais de paiement sont lents, contre 50 % en 2020, souligne l’étude. A l’inverse, les jeunes pousses sont 83 % à le penser en 2023. Contre 67 % trois années auparavant.
La problématique est d’autant plus gênante que l’augmentation du chiffre d’affaires est clairement identifiée, par les start-ups de plus de six mois, comme le premier vecteur de création de valeur rendu possible par une collaboration avec un grand groupe. Le levier se situe bien devant l’augmentation de la visibilité, l’internationalisation ou encore le test du produit ou du service à l’échelle d’un grand groupe.
Pour pouvoir mesurer avec plus de précision l’état des relations entre les start-ups et les grands groupes, un observatoire piloté par le médiateur Pierre Pelouzet a par ailleurs été créé au lancement de la mission. La première édition annuelle du baromètre de l’Observatoire "Je choisis la French Tech" sera ainsi remis en début d’année 2024.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

