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ESG / Pacte PME / Alliance décarbonation / Bercy / Empreinte carbone / grands groupes

ESG
Pacte PME / Alliance décarbonation / Bercy / Empreinte carbone / grands groupes

Une alliance entre sept grands groupes et leurs PME fournisseurs / La décarbonation comme un jeu collectif

Le Pacte PME a lancé, ce matin, son alliance pour la décarbonation. Aéroports de Paris, Bouygues Construction, EDF, Engie, Sanofi, Schneider Electric et Thales se sont ainsi engagés à accélérer la réduction de l’empreinte carbone des PME de leurs chaînes de valeur, au travers d’un programme d’accompagnement allant d’un premier bilan de leurs émissions de gaz à effet de serre, jusqu’à la mise en œuvre d’un plan d’action concret. 
ALLIANCE DECARBONATION PACTE PME (© JEAN-PHILIPPE BALTEL / PACTE PME
Paris,FRANCE-le 13/07/2023)
ALLIANCE DECARBONATION PACTE PME (© JEAN-PHILIPPE BALTEL / PACTE PME Paris,FRANCE-le 13/07/2023)

De grandes entreprises qui réduisent leur empreinte carbone, tout en diminuant celles des petites et moyennes entreprises (PME) : voilà l’ambition de Pacte PME, qui a lancé ce jeudi son alliance pour la décarbonation de l’économie, sous l’égide de la ministre déléguée chargée des PME, du Commerce, de l'Artisanat et du Tourisme Olivia Grégoire.

Dans le détail, ce sont ainsi sept grands comptes (Aéroports de Paris, Bouygues Construction, EDF, Engie, Sanofi, Schneider Electric et Thales), membres de cette association, qui se sont engagés à embarquer une partie de leurs PME fournisseurs afin de leur proposer un parcours complet de décarbonation. "Les PME invitées par EDF à rejoindre la démarche sont celles faisant partie des segments d’achat d’EDF les plus émetteurs de CO2. Progressivement, l’ensemble des PME qui en exprimeront l’envie pourront rejoindre cette démarche", explique à WanSquare Fabrice Gourdellier, directeur des achats du groupe EDF.

Une démarche qui correspond tout d’abord une première estimation du bilan des émissions de gaz à effet de serre (GES) de l’entreprise, à la suite duquel les PME de la première cohorte de l'alliance seront aiguillées dans les choix des investissements à réaliser afin de rééquilibrer leurs mix énergétiques. "L’offre s’organisera autour de trois parcours, en fonction du retour d’expérience des grandes entreprises. Le premier visera à accompagner les entreprises qui n’ont pas encore de bilan carbone, le second sera destiné aux PME qui ont déjà réalisé leur bilan carbone mais qui ont désormais besoin d’un plan d’action. Enfin, le dernier sera proposé aux entreprises ayant déjà coché les cases précédentes (soit 10 % des entreprises environ) et qui ont besoin d’être accompagnées dans la mise en œuvre de ce plan", a précisé François Perret, directeur général de Pacte PME, à l’occasion du lancement de l’alliance à Bercy ce matin.

 

L’industrie en premier lieu

 

L’initiative présente plusieurs intérêts pour toutes les parties prenantes : d’une part pour avancer vers l’objectif de neutralité carbone à horizon 2050, à l’échelle française et européenne. Pour s’atteler à réduire ces émissions tout en commençant par la France, l’initiative s’adressera à l’ensemble des 146 000 PME tricolores. Mais elle visera plus particulièrement les 33 000 petites et moyennes entreprises industrielles du pays. Si le secteur est, par essence polluant, il est aussi engagé de longue date sur une trajectoire de décarbonation.

"L’industrie est le principal contributeur à la réduction des GES. En 1995, pour 1 000 euros de valeur ajoutée créée, l’industrie émettait 900 kilogrammes de carbone. En 2021, la proportion était tombée à 400 kilogrammes", a rappelé Denis Ferrand, directeur général de l’institut Rexecode, intervenant à une table ronde ce matin. Une réduction due en partie aux délocalisations advenues dans le secteur mais aussi du fait de "très importants gains en efficacité", a ainsi souligné Denis Ferrand.

Une manière donc, au travers de cette alliance entre grands groupes et fournisseurs, d’aider les PME à enclencher un processus de décarbonation qui peut s’avérer onéreux ou complexe à organiser, tout en en réduisant l’empreinte carbone du tissu entrepreneurial français. "Lorsque l’exigence vient de la part de nos clients, cela porte effectivement aussi une voix à l’intérieur de l’entreprise", a de plus fait remarquer Anne-Charlotte Fredenucci, présidente d’Ametra, l’un des fournisseurs de Thales.

 

De scope en scope

 

Pour les grandes entreprises qui ont choisi de participer à l’initiative, un avantage s’offre aussi à elle. Puisque les PME qui feront partie du cortège sont les fournisseurs de ces sociétés, les voir réduire leur empreinte carbone leur permettra aussi de restreindre le poids des émissions de leur scope 3 (qui prend donc en compte toutes les émissions indirectement produites par une entreprise, non comptabilisées dans le scope 2 mais liées à l’ensemble de la chaîne de valeur à l’instar du transport en amont des marchandises ou encore de l’achat des matières premières).

"Avec 90 % de sa production d’électricité décarbonée en 2022, le groupe EDF poursuit son ambition de contribuer à la neutralité carbone à l’horizon 2050. Le groupe est ainsi naturellement mobilisé pour réduire de 30 % l’impact carbone de ses achats, qui relèvent du scope 3 en amont. L’engagement des PME, à qui EDF confie près de 20 % de ses achats, dans les parcours de décarbonation de l’Alliance PACTE PME contribuera donc naturellement à cette ambition", précise ainsi le directeur des achats du groupe EDF, Fabrice Gourdellier.

Convaincu de l’importance des démarches de partage d’expériences et de coopération pour œuvrer à la décarbonation de l’économie, l’électricien s’est fixé pour objectif "que 100 PME parmi celles proposées s’engagent dans la démarche dès cette année, et d’en convier une centaine supplémentaire chaque année", indique ainsi Fabrice Gourdellier. D’ici à 2025, le Pacte PME prévoit d’avoir embarqué 3 400 PME dans un processus de décarbonation. Et cette dernière "sera collective ou ne sera pas", a-t-il été souvent été répété au fil de la matinée. "On a toujours besoin d’un plus petit que soi", a quant à elle fait remarquer la ministre Olivia Grégoire.

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