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De nouvelles exigences pour intégrer la crème de la Tech française / Des doléances entendues par Bercy
Dans une période de ralentissement des levées de fonds et où les investisseurs s’attachent à revenir à des critères financiers plus fondamentaux, lorsqu’il s’agit d’injecter des capitaux dans les start-ups, les critères de sélection retenus pour intégrer les indices French Tech 120 et Next 40 n’avaient pas manqué de soulever des interrogations quant à leur pertinence lors de la présentation de la promotion 2023. Signe que ces revendications ont été prises en compte, le rapport French Tech Finance Partners (FTFP), remis au ministre délégué chargé de la Transition numérique et des Télécommunications Jean-Noël Barrot et publié ce jeudi, propose ainsi une mise à jour des critères qui permettraient d’intégrer la prochaine liste des premières de la classe French Tech.
Par exemple, alors que le statut de licornes – qui correspond à une valorisation supérieure à un milliard de dollars – offre une place de droit à ces dernières dans le Next 40, l’exigence vis-à-vis des championnes de la valorisation théorique devrait être renforcée. "Etre une licorne ne doit pas donner un accès automatique au Next 40. Il faut y intégrer des critères très importants, comme ceux de la rentabilité ou des critères écologiques, sociaux et de gouvernance (ESG) à l’instar du bilan carbone ou de la diversité", a ainsi souligné le ministère. Pour la prochaine promotion, qui sera dévoilée en 2024 par l’Elysée, le rapport propose ainsi que les valorisations soient réactualisées, auditées (car elles sont pour l’instant auto-déclaratives) et que leur méthode de calcul soit homogénéisées. Autre suggestion pour intégrer le CAC 40 version Tech : que le critère d’admission d’avoir réalisé une levée de fonds d’au moins 100 millions d’euros sur les deux dernières années se fasse remplacer.
Si les admissions automatiques des licornes sont conservées, alors les places restantes pourraient être distribuées au regard d’un critère pondéré du rapport entre la capitalisation et le chiffre d’affaires. Sinon, deux cohortes pourraient être mises en place : la première reposerait sur la capitalisation et les levées de fonds, tandis que la seconde prendrait en compte le chiffre d’affaires ou la croissance.
Pour les suivants
En ce qui concerne le French Tech 120 et donc les 80 places restantes, le FTFP a soumis plusieurs recommandations. Entre autres, d’utiliser les chiffres disponibles sur l’année précédente plutôt que de proposer une moyenne de chiffre d’affaires sur les trois derniers exercices clôturés, ou encore d’intégrer les trajectoires ESG pour l’ensemble des membres de l’indice.
"Le groupe de travail FTFP, [composé de 17 membres représentatifs des investisseurs dans la Tech française, à l’instar de fonds d’investissement, d’associations comme France Invest et de Bpifrance, ndlr], a revu ces critères d’admission car le premier classement a été lancé en 2019. Il vise toujours à signaler le top des sociétés Tech en France, mais nous souhaitions donc revoir la manière d’envisager le top des sociétés Tech en 2023", a expliqué le ministère placé sous l’égide de Bercy.
Une révision de critères qui semble donc opportune au regard d’une année 2023 qui promet d’être plus complexe pour les jeunes pousses françaises en matière de financements et alors que les experts se rejoignent sur un changement de paradigme qui s’opère dans le monde de la Tech. "Nous allons entrer dans le travail d’implémentation", a précisé le ministère de la Transition numérique et des télécommunications. Le groupe de travail FTFP est par ailleurs d’ores et déjà entré dans une nouvelle phase de travail, qui instruira trois nouveaux sujets pour le prochain semestre. Au programme : gestion des difficultés de financements dans le secteur technologique, les voies de sorties pour les start-ups et pour leurs investisseurs et le traitement des questions ESG dans le secteur.
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