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EDF : les prix bas de l’électricité n’inquiètent pas l’APE / Un accord avec l’État pensé en cas de scénario dégradé

Auditionné par la commission d’enquête sénatoriale sur l’électricité, Alexis Zajdenweber est longuement revenu sur l’élaboration de l’accord de novembre dernier entre l’État et EDF pour garantir une visibilité d’investissement au groupe, s’agissant des différents programmes à mettre en œuvre, à savoir la prolongation du parc actuel, le grand carénage et le programme du nouveau nucléaire. Et contrairement aux parlementaires, l’actuel prix bas de l’électricité ne semble pas l’inquiéter, la politique commerciale de l’entreprise ayant justement été pensée pour vendre à l’avance. De quoi offrir une certaine sécurité, d'autant que côté production, les turbines Arabelle reviennent dans le giron français ce vendredi.
Centrales nucléaires (©Photo by JEAN-PHILIPPE KSIAZEK / AFP)
Centrales nucléaires (©Photo by JEAN-PHILIPPE KSIAZEK / AFP)

"Mon sentiment aujourd’hui est que la position d’endettement d’EDF n’appelle pas d’inquiétude", a déclaré Alexis Zajdenweber, Commissaire aux participations de l’État (APE), ce jeudi après-midi au Sénat, tentant ainsi de rassurer les membres de la commission d’enquête sur l’électricité qui l’interrogeaient sur l’impact possible de la baisse des prix de l’électricité sur l’entreprise publique.

 

Pas pris de court 

 

Une confiance qui reposerait sur l’élaboration même de l’accord entre l’État et EDF de novembre dernier et effectif à compter du 1er janvier 2026 à la suite de l’extinction du mécanisme de l’Arenh. "Nous avons pris en compte tous les scénarios possibles, y compris ceux défavorables avec des prix bas. Des scénarios dégradés pensés autour de trois paramètres : la capacité d’EDF à redresser sa production d’électricité nucléaire – la règle numéro un pour gagner de l’argent-, à respecter les coûts des différents projets à lancer (prolongation du parc actuel, grand carénage et nouveau nucléaire, des investissements estimés à 25 milliards d’euros par an à partir de 2025 par l’entreprise) et le prix de l’électricité. Aujourd’hui, dans un contexte de prix bas, nous ne sommes pas pris de court et nous ne sommes pas amenés à revoir cet accord", a-t-il certifié.

 

La bonne nouvelle d'Emmanuel Macron

 

Concernant la capacité de production d’abord, et après une année 2022 marquée notamment par la crise des corrosions sous contrainte engendrant un arrêt d’une partie significative du parc, le groupe présidé par Luc Rémont a produit 300 térawattheures en 2023, "et l’objectif est encore supérieur en 2024 ", a précisé Alexis Zajdenweber.

À noter que dans une interview accordée à la presse régionale et publiée ce jeudi soir, le président de la République, Emmanuel Macron, a officiellement annoncé le rachat par EDF, après plus de deux ans d’attente, des activités nucléaires de General Electric (GE), les turbines Arabelle, équipement essentiel des centrales nucléaires qui appartenait jusqu’en 2015 à Alstom. Une reprise qui sera effective à compter de ce vendredi. "Ce 31 mai, EDF reprend officiellement les activités nucléaires de General Electric et notamment les activités de maintenance et de fabrication des turbines Arabelle", a-t-il déclaré, ajoutant que cette transaction, dont le montant n’a pas été dévoilé, serait rentabilisée, "car nous produirons pour nous-mêmes et pour les autres".

 

Une nationalisation qui donne confiance

 

Justement, sur les capacités d’investissements d’EDF, le patron de l’APE a rappelé que la dette nette du groupe était retombée à 55 milliards d’euros à fin 2023, "environ 54 milliards d’euros aujourd’hui", "grâce à un excédent brut d’exploitation (Ebitda) record de presque 40 milliards d’euros", a-t-il souligné. Surtout, l’intervention de l’État au capital du groupe (9,7 milliards d’euros déboursés pour procéder au retrait de la cote), en devenant son unique actionnaire l’année dernière, aurait, selon lui, donné confiance aux agences de notation, qui lui ont conservé la note "Investment grade".

Enfin, si EDF est certes très exposée aux fluctuations des prix de marché, la nouvelle politique commerciale que l’entreprise est en train de déployer a de quoi être rassurante pour le patron de l’APE. "Pour 2024, le prix auquel EDF va vendre son électricité reste à des niveaux relativement favorables, d’autant que l’électricité produite cette année a déjà été largement vendue ", a-t-il fait savoir.

 

Voir long terme sécurise

 

À moyen et long terme, et alors qu’EDF s’est fixé pour objectif de maintenir un ratio d’endettement qui reste inférieur ou égal à 2,5 fois l’Ebitda normatif (aux alentours de 18 milliards d’euros), "le groupe a proposé un nouveau produit pour des rubans électriques de 4 à 5 ans et des contrats de partage de la production nucléaire pour les industriels électro intensifs. Des offres qui permettent d’allonger l’horizon de temps et des éléments importants de protection du prix bas de l’électricité", a insisté Alexis Zajdenweber, pour qui "vendre à l’avance, à moyen-long terme, est une opération gagnante aussi bien pour les consommateurs que pour EDF qui disposent donc d’une protection contre les fluctuations de prix". Et quand bien même les prix de l’électricité resteraient bas pendant un certain nombre d’années, pas d’inquiétude pour autant de la part de l’APE. Cela signifierait pour son commissaire "qu’il y aurait un problème global de structure de marché qui concernerait l’ensemble des énergéticiens et pas seulement EDF", a-t-il estimé.

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