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METI / Banque Palatine / baromètre des ETI / ETI / crise énergétique / prix de l'electricité / INSEE

Les ETI anticipent une année 2023 très compliquée / Elles sont de plus en plus à réclamer un rééchelonnement de leur PGE

Les entreprises de taille intermédiaire, jusqu'alors plutôt résilientes face à la crise énergétique, montrent leurs premiers signes de faiblesse. Mais si elles anticipent une année 2023 difficile, elles tentent encore toutefois de maintenir à bien leurs projets d'investissement. 
Frédéric Coirier et Philippe d'Ornano, co-présidents du METI (©Eric TSCHAEN/REA)
Frédéric Coirier et Philippe d'Ornano, co-présidents du METI (©Eric TSCHAEN/REA)

Elles voulaient encore y croire, les entreprises de taille intermédiaire (ETI) voient désormais la réalité s’imposer à elles. Du fait de la persistance des difficultés conjoncturelles, et notamment de l’envolée des prix de l’énergie, la confiance de cette catégorie d’entreprises a atteint son niveau le plus bas jamais enregistré depuis le lancement du baromètre Palatine-METI en mars 2021. En effet, 48,6% des ETI se disent aujourd'hui assez ou très inquiètes, contre 37% en septembre dernier, selon la dernière édition du baromètre.

 

Inquiétude sur les prix 

 

Il faut dire que près de 45% d'entre elles ont constaté une dégradation sur un an de leur trésorerie (44% en octobre) et plus de trois ETI sur dix sur leur endettement. "L’impact de la crise énergétique dépend notamment de type de contrat dont dispose chaque entreprise et de son horizon d’expiration. Dans l’industrie, 44% des entreprises (de plus de 20 salariés, ndlr) déclarent se fournir en électricité via un contrat à prix fixe sur une durée contractuelle. Parmi celles-ci, près de la moitié indiquent que ce contrat arrive à échéance fin 2022, et près d’un tiers au cours de l’année 2023, ce qui les expose potentiellement à la hausse importante des prix de marché. Si l’on ajoute les 21 % d’entreprises dont le contrat est indexé sur le prix de marché, c’est plus de la moitié (56 %) des entreprises industrielles qui sont particulièrement exposées à la hausse des prix de l’électricité ", souligne l’Insee dans une note conjoncturelle publiée ce jeudi.

Déjà, en octobre dernier, les prix de l’énergie restaient la principale source d’inquiétude des ETI : la moitié interrogée dans le cadre de l’édition précédente du baromètre Palatine-METI anticipait une augmentation de leur facture énergétique de plus de 50% cette année par rapport à l’année dernière et de plus de 100% en 2023.

 

Pas de répercussion totale sur les prix 

 

En conséquence de cette flambée des prix, l’activité industrielle de ces sociétés en pâtit. De fait, 12,5% d’entre elles ont déjà diminué leur production quand près de 17% y songent. A cela s’ajoute la question du pouvoir d’achat de leurs salariés. Plus des deux-tiers des ETI font face à des demandes de revalorisation salariales mais près de 4 sur 10 peinent à y répondre. Un constat d’autant plus inquiétant que seule une ETI sur dix se déclare en mesure de répercuter la hausse des prix de l’énergie en totalité sur ses prix. "Si 65% des entreprises dans l’industrie (de plus de 20 salariés, ndlr) déclarent avoir l’intention de répercuter au moins une partie de la hausse des prix énergétiques sur les propres prix de vente, une part non négligeable anticipent une diminution de leurs marges", note l’Insee.

Pire, le baromètre révèle que les ETI sont aujourd’hui près de 19% à rencontrer des difficultés risquant de compromettre le respect de leurs covenants bancaires, contre 14% au dernier trimestre.

 

Soutien des banques

 

Dans ce contexte, plus de 25% du panel souhaite un rééchelonnement de l’amortissement de leur prêt garanti par l’Etat (contre 17,5% en septembre).

Par ailleurs, la part des ETI envisageant une recomposition capitalistique atteint aujourd’hui les 40% contre 21% en septembre dernier. "L’explosion des prix de l’énergie est telle que les aides mises en place, si elles constituent une évolution positive, n’amortiront qu’une partie minime du choix à l’échelle de la catégorie ", prévient Frédéric Coirier, président-directeur général du groupe Poujoulat et co-président du METI.  

Pour mémoire, Bercy a décidé d’ouvrir, en novembre dernier, son guichet d’aide au paiement des factures d’électricité pour les ETI et les grandes entreprises jusque fin 2023 pour une aide financière, couvrant les dépenses de chaleur et de froid, en plus de dépenses d’électricité et de gaz, pouvant aller jusqu’à 150 millions d’euros.

Point positif cependant : les banques répondent toujours présentes. Pour preuve : 86% des ETI ont obtenu une réponse favorable de la part de leurs partenaires bancaires quant à leur demande de financement.

Autre bonne nouvelle : l’investissement résiste encore. Six entreprises de taille intermédiaire sur dix ont initié au moins un projet de croissance organique cette année, et près de 50% s’agissant du projet de croissance externe. A noter que ces investissements se concentrent de plus en plus sur la France.

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