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Evenements / EDF / Commission des affaires économiques / Tarif de l'électricité / prix de l'electricité / Arenh

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EDF / Commission des affaires économiques / Tarif de l'électricité / prix de l'electricité / Arenh

Luc Rémont défend l’accord sur le prix de l’électricité à l’Assemblée nationale / Le tarif appliqué aux particuliers à partir de 2026 reste lui encore en suspens

Auditionné ce mercredi matin devant les députés de la Commission des affaires économiques, le président-directeur général d’EDF n’a eu de cesse de rappeler combien l’accord trouvé avec le gouvernement le mois dernier sera bénéfique aussi bien pour assurer des prix compétitifs aux entreprises, mais aussi aux fournisseurs alternatifs d’électricité, que pour garantir au groupe nationalisé une visibilité sur son lourd programme d’investissements. Une audition qui n’a toutefois pas suffi à rassurer les parlementaires sur le prix de l’électricité appliqué à leurs concitoyens à compter de 2026.
Luc Rémont, président-directeur général d'EDF (Photo by Xose Bouzas / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP)
Luc Rémont, président-directeur général d'EDF (Photo by Xose Bouzas / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP)

"Cet accord nous responsabilise en tant qu’entreprise, nous pousse à être un bon commerçant qui propose de bonnes conditions d’électricité pour du commerce de long terme. Nous devons être un bon industriel qui produit beaucoup et nous devons être un bon investisseur qui réalise bien ses projets. À ces conditions-là, nous réussirons", a affirmé, en introduction de son audition devant les membres de la Commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale, le patron d’EDF ce mercredi matin.

 

Des prix de l’électricité déjà en baisse

 

Luc Rémont était en effet invité à s’expliquer sur l’accord trouvé avec l’État, le 14 novembre dernier, sur le nouveau prix de l’électricité qui succédera, à compter de 2026, au mécanisme très critiqué de l’accès régulé à l’électricité nucléaire historique (Arenh), et à défendre la nouvelle politique commerciale mise en place par son groupe. "Un accord qui repose sur des principes simples : tirer le commerce vers le long terme pour assurer une stabilité des prix et garantir une protection des clients en cas de flambée de ces derniers grâce à un système de captation et de redistribution des bénéfices d’EDF dans la facture des consommateurs, entreprises comme particuliers ", a-t-il expliqué, soutenant, malgré les questions posées, que cet accord n’était pas soumis au régime des aides d’État négociables avec Bruxelles.

Une nouvelle politique commerciale vendue depuis septembre dernier par laquelle EDF signe déjà des contrats à horizon 2027-2028 à des prix autour de 68-78 euros le mégawattheure (MWh), "soit très en dessous des prix de cette année (entre 200 et 300 euros le MWh sachant que ce n’est que de la fourniture d’électricité) et de l’année prochaine alors que nous n’avons aucune certitude sur une sortie de la crise ukrainienne d’ici quatre ou cinq ans ", a précisé Luc Rémont, assurant proposer à ses concurrents les mêmes conditions de compétitivité.

D’ailleurs, selon lui, l’accord signé aurait déjà des effets bénéfiques sur les prix, le président-directeur général constatant une détente de 15 % depuis le 14 novembre dernier.

 

Une capacité à assurer des revenus

 

Pour Luc Rémont, ces contrats sur 5 ans doivent "devenir un élément classique du commerce de l’électricité ", mais doivent aussi, dans le même temps, offrir à EDF une espérance de revenus - autour de 70 euros le MWh pour une production aux alentours de 360 térawattheures (TWh) grâce à une augmentation de la puissance du parc existant (en commençant par les réacteurs de 900 MW), portée à 400 TWh en 2030 en comptant la centrale de Flamanville - indispensables "pour avoir la capacité de financer le grand carénage et une quote-part déterminante de la construction des 6 nouveaux EPR de nouvelle génération".

Des besoins d’investissements estimés, rappelons-le, à 25 voire 30 milliards d’euros par an : "5 milliards d’euros par an pour l’entretien du réseau, 5 milliards d’euros par an pour le carénage et 20 milliards d’euros par an pour le nouveau nucléaire", a détaillé Luc Rémont, soulignant que "si nous ne mettons pas en place ce nouveau modèle économique, nos concitoyens n’auront plus d’électricité".

 

Tendre vers une cadence de construction industrielle

 

Pour sécuriser cet approvisionnement, le cadencement, c’est-à-dire la capacité à construire à l’échelle industrielle, sera, a-t-il confirmé aux députés, le plus grand défi d’EDF de la décennie à venir. "Cela suppose une refonte totale de la façon dont nous pensons les projets. Un seul réacteur a été construit au cours des 25 dernières années. Nous sommes donc en train de changer profondément l’organisation d’EDF afin que la phase de construction des nouveaux réacteurs soit menée en cadence industrielle, l’objectif étant la construction d’un réacteur par an en France et de deux par an en Europe", prévoit Luc Rémont, confiant cependant que le groupe, récemment nationalisé, ne pourrait pas "porter seul tous les risques sur le nouveau nucléaire et sera amené, dans ce cas précis, à recourir à des aides d’État comme les autres industriels européens".

 

Des particuliers oubliés de l’accord ?

 

Interrogé par le député Les Républicains Jérôme Nury sur le montant de la facture des Français à compter de 2026 (le tarif réglementé des ventes est actuellement de 258 euros le MWh, soit 25 centimes le kilowattheure sachant que la fourniture d’électricité n’est qu’un paramètre du prix), le patron d’EDF a toutefois botté en touche à la grande déception des parlementaires, expliquant que "l’objectif était de stabiliser également les prix". "Nous devons créer les conditions d’un atterrissage des prix. Je ne suis pas capable à ce jour de dire exactement à quel prix le tarif de l’électricité sera en 2026 mais il fera l’objet d’un lissage", a-t-il tenté de rassurer, tout est rappelant que le tarif réglementé de 2026 serait proposé par la Commission de Régulation de l’Énergie (CRE) et décidé par le gouvernement.

Par ailleurs, s’agissant des contrats ayant déjà été signés à un moment où les prix étaient encore très élevés, ceux-ci ne pourront pas être renégociés. "C’est impossible pour le producteur et le fournisseur d’électricité que nous sommes mais nous devons travailler pour créer les conditions d’atterrissage autour des 70 euros le MWh à partir de 2026 comme le veut l’accord", a-t-il répondu.

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