Politique économique / électricité / Arenh / Tarif de l'électricité
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La fronde d'Engie contre l’accord sur le prix de l’électricité / Le groupe souhaiterait un cloisonnement des activités de producteur et de fournisseur d'EDF
L’accord conclu entre EDF et l’État sur le futur prix de l’électricité qui devra, à compter du 1er janvier 2026, succéder à l’Accès régulé à l’électricité nucléaire historique (Arenh) ne plaît pas à Engie. "Ce dispositif porte le risque d’un renforcement de la position dominante d’EDF ", a déclaré le groupe, souhaitant que la volonté du gouvernement "d’aller vers un fonctionnement de marché assumé, sans régulation des ventes", s’accompagne d’un "fonctionnement transparent et équitable de ce marché ".
"Ce qui est mis sur la table, c'est un fonctionnement renforcé du marché, donc une dérégulation. Nous sommes par principe favorables à cette approche. Mais il est vrai que, dans ce contexte, il est absolument critique que les règles de la concurrence s'appliquent de manière très rigoureuse ", a déclaré à Reuters la directrice générale d'Engie, Catherine MacGregor.
Une électricité plus chère
Pour rappel, l’accord présenté à Bercy le 14 novembre dernier prévoit que le nouveau prix moyen de l’électricité soit fixé aux alentours de 70 euros le mégawattheure (MWh) contre 42 euros/ MWh sous le régime de l’Arenh, tarif auquel EDF vendait son électricité à ses concurrents. Une vente à perte qui est venue creuser la dette du groupe, aujourd’hui présidé par Luc Rémont, qui s’élève à 65 milliards d’euros, conduisant l’État à nationaliser l’entreprise.
Un accord par lequel " l’électricité française sera mécaniquement plus chère, puisqu’elle sera dorénavant privée de près d’un tiers de la production vendue au prix actuel de l’Arenh ", a expliqué Engie, dont l’État est également actionnaire à 23 % du capital, faisant ainsi référence à la réponse aux critiques anticipées par le ministre de l’Économie et des Finances, Bruno Le Maire, qui défendait, dès la semaine dernière, le fait que le nouveau prix de 70 euros/ MWh portait sur 100 % de la production d’EDF : "tous ceux qui font la comparaison avec les 42 euros le MWh de la régulation précédente l’Arenh oublient que ce chiffre correspondait à un tiers de la production nucléaire d’EDF", avait-il alors expliqué.
Une mise en œuvre floue
Du côté d’EDF, qui vient tout juste de présenter les deux offres de sa nouvelle politique commerciale, l’on mise au contraire sur des prix qui "seront très compétitifs pour les années 2026, 2027, 2028, moitié moins chers que ceux que les acteurs du marché affaires payent aujourd’hui, soit autour de 80-85 euros/ MWh en 2027 par rapport aux 200 euros/MWh payés aujourd’hui ", l’énergéticien appelant à la signature de contrats à long terme pour stabiliser les prix.
Mais pour Catherine MacGregor, la mise en œuvre opérationnelle du nouveau mécanisme devrait faire l’objet d’une attention toute particulière. Dans son viseur ? Le nouveau droit de captation par l’État de 50 % des bénéfices d’EDF dès que le tarif franchira les 78-80 euros/ MWh et de 90 % au-delà du plafond de 110 euros/ MWh. Dans ce nouveau mécanisme et en cas de flambée des prix, une redistribution aux consommateurs de ces mêmes bénéfices pourrait avoir lieu en fonction des revenus d’EDF sur la base d’une prévision annuelle. "Il faut que l’on puisse donner de la visibilité à nos clients sur les prix qu’ils vont devoir payer ", a-t-elle rappelé, tout en souhaitant toutefois "laisser une chance au dispositif".
C’est donc dans ce contexte qu'Engie a dit juger nécessaire que les activités de producteur et de fournisseur d'EDF "soient strictement séparées, afin de garantir à tous les fournisseurs un même accès aux volumes d'électricité (...) et une égalité de traitement pour proposer des contrats aux particuliers et aux entreprises".
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