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Fusions, Acquisitions / Jeito / biotech

Fusions, Acquisitions
Jeito / biotech

Le marché des fusions et acquisitions s’anime dans la biotech / Jeito Capital tire bien son épingle du jeu

Sans aller jusqu’à parler d’euphorie à ce stade, le secteur des biotechnologies donne lieu à des opérations de fusions-acquisitions de montants significatifs qui se succèdent depuis le début de l’année, témoignant de la volonté des grands laboratoires de renforcer leur pipeline. Un mouvement auquel participe le fonds tricolore Jeito Capital dédié à la biopharmacie.
Le marché M&A connaît une dynamique favorable dans les biotechnologies - Photo by Andrew Brookes / Image Source / Image Source via AFP
Le marché M&A connaît une dynamique favorable dans les biotechnologies - Photo by Andrew Brookes / Image Source / Image Source via AFP

Dans un marché du M & A dont la reprise espérée se fait encore attendre, le secteur biopharma continue à se distinguer positivement. C’était déjà le cas en 2023, troisième meilleure année historique pour le secteur en valeur cumulée, marquée par 22 transactions d’au moins 1 milliard de dollars, parmi lesquelles le rachat à 43 milliards de dollars de Seagen par Pfizer.

Cela se confirme en 2024, à l’image des deux opérations annoncées coup sur coup cette semaine par le fonds français de private equity Jeito Capital au sein de son portefeuille de participations.

Après l’annonce du rachat de la société biopharmaceutique américaine Human Immunology Biosciences ("Hi-Bio") par Biogen pour un montant pouvant atteindre jusqu’à 1,8 milliard de dollars, le fonds dirigé par Rafaèle Tordjman a annoncé mercredi l’acquisition par le laboratoire américain Merck & Co de la société EyeBio pour un montant pouvant atteindre 3 milliards de dollars.

Deux transactions qui portent à huit le nombre de rachats de plus d’un milliard de dollars annoncés dans le secteur depuis le début de l’année. Pêle-mêle, on peut citer le rachat par Novartis du laboratoire allemand Morphosys et de son traitement contre le cancer du sang, pour 2,9 milliards de dollars, celui du spécialiste des radio-conjugués (un nouveau type de thérapie innovante contre le cancer), Fusion Pharmaceuticals par AstraZeneca pour 2 milliards de dollars, ou celui de la biotech californienne Ambrx Biopharma, qui développe plusieurs molécules anti-cancer prometteuses, par Johnson & Johnson pour 2 milliards de dollars.

En France, AstraZeneca a annoncé en mars qu’il allait racheter la pépite lyonnaise Amolyt Pharma, spécialisée dans les maladies endocriniennes et métaboliques rares, pour plus d’un milliard de dollars. "Cela illustre bien qu’il y a eu une reprise de l’activité qui, certes, n’est pas encore flamboyante, mais le fait est que les grandes pharmas tendent à revenir sur le marché, n’hésitant à se positionner sur les cibles qui les intéressent", explique à WanSquare Anthony Paronneau, associé au sein de McDermott Will & Emery.

 

"Patent cliff"

 

Un intérêt qui n’est pas sans lien avec la fameuse "falaise des brevets" ("patent cliff" en anglais) à laquelle les grands laboratoire font face alors qu’une partie de leurs médicaments phares vont tomber dans le domaine public. Plus de 200 milliards de dollars de revenus annuels sont ainsi menacés d’ici à 2030, sachant que, contrairement aux crises précédentes, bon nombre des médicaments de marque dont l’exclusivité va être supprimée sont des produits biologiques plutôt que des médicaments synthétisés.

Pour contrer le phénomène, les grandes pharmas regorgent de liquidités. Leur puissance de feu était évaluée à près de 1 400 milliards de dollars par le cabinet EY à fin décembre 2023, disponibles pour des fusions et acquisitions. Ces big pharmas se focalisent sur les aires thérapeutiques et les traitements à plus forte valeur ajoutée, en particulier en oncologie (cancérologie) avec de nombreux nouveaux traitements qui émergent dans le domaine de la thérapie cellulaire et génique ou des conjugués anticorps-médicament (ADC). Les maladies cardiovasculaires également, où les agonistes des récepteurs GLP-1 font la fortune du danois Novo Nordisk. Entre autres, puisqu’avec le rachat de EyeBio par Merck & Co, "il est intéressant de voir que Merck & Co se repositionne sur l’ophtalmologie, un segment de marché qu’il avait délaissé depuis plusieurs années", note Anthony Paronneau.

 

 

Troisième cession

 

En rachetant EyeBio, Merck & Co met en effet la main sur un portefeuille de candidats médicaments en phase clinique et préclinique pour la prévention et le traitement de la perte de vision associée aux fuites vasculaires rétiniennes. Dans le cas de Hi-Bio, l’autre opération annoncée il y a quelques jours par Jeito Capital au sein de son portefeuille, Biogen a ciblé les avancées de la société dans le traitement de maladies auto-immunes, un large ensemble constitué de maladie inflammatoires chroniques liées à un dysfonctionnement du système immunitaire qui conduit ce dernier à s’attaquer aux constituants normaux de l’organisme.

Dans un milieu dominé par les fonds américains, la présence de Jeito Capital au tour de table de plusieurs de ces sociétés biopharmas prometteuses, dans lesquelles le fonds n’hésite pas à investir des tickets allant jusqu’à 100 millions d’euros, avec une capacité à les soutenir sur les plans stratégique, opérationnel et financier, pour leur permettre d’atteindre rapidement leurs jalons de valeur, en fait un acteur à part dans le paysage français. Le gérant avait investi pour la première fois dans EyeBio en février 2022 en tant que co-investisseur principal d’un financement de série A de 65 millions de dollars, puis avait de nouveau participé à l’extension de 65 millions de dollars en 2023. Il était entré au capital de Hi-Bio lors de sa série A 120 millions de dollars en novembre 2022, et avait réinvesti au moment de sa série B 95 millions en janvier dernier, seul investisseur français aux côtés des américains Alpha Wave Global, Arch Venture Partners et Viking Global Investors, du britannique Monograph Capital et de l’israélien Arkin Bio Capital.

Depuis sa création en 2018, Jeito Capital a ainsi procédé à trois cessions particulièrement réussies. Outre EyeBio et Hi-Bio, il avait vendu la biopharma néerlandaise Neogene à Astrazeneca pour 320 millions de dollars à la fin 2022.

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