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Sanofi croit toujours aux vaccins
Même si son revers retentissant dans le développement d’un vaccin contre le Covid-19 a fait perdre à Sanofi de sa superbe, le géant pharmaceutique français a profité d’une journée investisseurs consacrée au thème des vaccins hier pour tenter de convaincre son auditoire de l’avenir de son activité dans ce domaine, qui a représenté 6 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2020, soit près de 17% de ses revenus totaux.
Sanofi a insisté sur le fait qu’il n’était pas en train de rater la marche de l’ARN messager (ARNm), technologie sur laquelle reposent par exemple les vaccins Moderna et Biontech-Pfizer contre le coronavirus. Joignant le geste à la parole, le groupe a annoncé le jour même l’acquisition d’Origimm Biotechnology, spécialisée dans les maladies bactériennes de la peau comme l’acné, contre laquelle elle développe un vaccin à base de protéines recombinantes. Plus largement, la biotech autrichienne est spécialisée dans le développement d’antigènes modulant la réponse immunitaire dans les maladies de peau associées au microbiote cutané. Cette initiative, dont le montant n’a pas été dévoilé, s’ajoute (modestement) à l’acquisition en août dernier de l’américain Translate Bio, spécialisé dans l’ARNm, pour 2,7 milliards d’euros. Le groupe français a au même moment annoncé qu’il investirait 2 milliards d’euros de R&D dans cette technologie.
Sa nouvelle plate-forme en la matière jouera un rôle déterminant pour atteindre l’objectif de doubler son chiffre d’affaires de la division Vaccins entre 2019 et l’année 2030, notamment grâce une croissance annuelle située entre 5 et moins de 10% entre 2018 et 2025 – le consensus des analystes s’établit à 7,9%. Les quatre axes porteront cette croissance : la grippe (dont le marché est attendu à plus de 15 milliards d’euros vers 2030), la méningite, le PPH3 et les vaccins de rappels. Ce à quoi il faut ajouter le Nirsevimab, premier anticorps monoclonal contre les infections au virus respiratoire syncytial.
Ces objectifs ont été une première fois énoncés à l’occasion de la journée investisseurs de 2019. Ils ont donc été confirmés, les exercices 2020 et 2021 n’ayant pas été particulièrement affectés par la pandémie. Paul Hudson, le directeur général de Sanofi, ne pense en effet pas que l’ARNm menacera les vaccins traditionnels, notamment contre la grippe. S’il reconnaît que c’est "la solution incontournable" dans la lutte contre la pandémie, il estime qu’elle n’est pas compétitive par rapport aux vaccins antigrippaux actuels.
Pour démontrer sa confiance dans les perspectives des vaccins, le groupe pharmaceutique a détaillé son programme en la matière : il veut disposer de 10 candidats-vaccins en phase clinique d’ici à la fin de l’année 2025, dont six utiliseront l’ARNm – dès 2023 pour le vaccin contre la chlamydia. Sanofi, qui s’est associé avec le britannique GSK dans sa recherche contre le Covid-19, doit annoncer les résultats de la dernière phase clinique de son vaccin ce mois-ci.
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