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Ultime délai pour Atos / Le nom du repreneur sera connu mercredi

Atos se laisse jusqu’à mercredi pour choisir le nom de son repreneur, le temps pour ses créanciers de se positionner en faveur des offres révisées de Daniel Kretinsky et du consortium mené par Onepoint, et de permettre à un soutien maximal à l'une des deux propositions.
Les deux repreneurs potentiels d'Atos ont révisé leur offre - Photo by Ludovic MARIN / AFP
Les deux repreneurs potentiels d'Atos ont révisé leur offre - Photo by Ludovic MARIN / AFP

Il va falloir patienter encore un peu. Le conseil d’administration de l'ex-fleuron français de l'informatique s’est terminé dimanche soir sans trancher sur le nom de son repreneur. Faute de soutien suffisamment clair à ce stade de la part des créanciers, qui jouent le rôle d’arbitre, en faveur de l’une ou l’autre des deux offres encore en lice (sur les quatre soumises à l’origine).

Dans le cadre de la procédure amiable et confidentielle en cours permettant d’organiser la restructuration financière de l’entreprise sous l’égide de la conciliatrice, Hélène Bourbouloux, l’enjeu pour chaque camp est de rassembler un nombre de créanciers suffisant pour représenter au moins les deux tiers du total de la dette d'Atos (dettes bancaire et obligataire combinées). C’est ce à quoi le management du groupe va donc continuer à travailler pour un court délai supplémentaire, "afin d'assurer qu’un soutien maximal à l'une de ces propositions soit susceptible d’être assuré d'ici le 5 juin 2024", soit mercredi soir.

 

David Layani fait la course en tête

 

Les créanciers obligataires, qui représentent 2,4 milliards d’euros sur les 4,9 milliards d’euros de dette d’Atos, avaient rejeté il y a deux semaines l’offre de reprise du groupe informatique émanant de l’homme d’affaires tchèque Daniel Kretinsky, allié au fonds britannique Attestor. Pour les rallier encore davantage à sa cause, le consortium mené par David Layani, le patron de Onepoint, le premier actionnaire d’Atos avec environ 11% du capital, épaulé par l’homme d’affaires Walter Butler, et le groupe belge de services informatiques Econocom, leur a fait quelques concessions supplémentaires.

Son offre révisée dévoilée ce lundi prévoit d’effacer un peu moins de dette que dans son projet initial : 2,9 milliards d’euros de dettes, contre 3,2 milliards d’euros prévus au départ, si bien que OnePoint et Walter Butler ne détiendraient plus que 21% du capital à l'issue de la restructuration financière, contre 30% à 35% envisagés initialement, les créanciers obligataires récupérant environ 70% du capital d’Atos. Un scénario auquel se seraient donc ralliés 60% des porteurs obligataires, voire 80% en tenant compte de la Banque centrale européenne, celle-ci détenant environ 20% de la dette obligataire, une position datant du "quantitative easing" mené entre 2015 et 2017 à une époque où Atos bénéficiait encore d’une notation Investment Grade. 

 

Les banques françaises derrière Kretinsky

 

Du côté de la dette bancaire, le camp de David Layani aurait également gagné l’appui de certaines banques internationales, réticentes à un haircut trop massif de leurs créances. En face, David Kretinsky et Attestor peuvent en revanche se prévaloir de celui des banques françaises, qui détiennent 38% de la dette bancaire d’Atos. L’homme d’affaires tchèque et le fonds britannique ont, eux aussi, révisé leur offre, qui ne prévoit plus d’effacer "que" 3,4 milliards d’euros de dette au lieu des 4 milliards d’euros précédemment annoncés. Mais la réduction de dette toujours plus radicale que celle du consortium Onepoint s’explique par la vision plus noire de Daniel Kretinsky et d’Attestor sur la situation de l’entreprise.  "Nous sommes fermement convaincus que l'effort de restructuration actuel est la dernière chance de survie d'Atos, car le groupe ne pourrait pas supporter une autre restructuration si cette tentative échouait à le ramener sur la voie du redressement", rappellent-ils. Un discours auquel les établissements bancaires tricolores se montrent manifestement plus sensibles que certains de leurs homologues étrangers, et que les fonds alternatifs et investisseurs institutionnels détenteurs de la dette obligataire.

Pour sa part, le consortium Onepoint estime qu'avec un ratio de "dette financière nette" sur Ebitda ne dépassant pas trois fois, et à condition qu’elle dispose d’un minimum de 1 milliard d'euros de liquidités disponibles à tout moment sur la période 2024- 2028, la société sera en mesure "d'absorber les chocs commerciaux et les imprévus sur la période 2024-2026", et devrait pouvoir revenir sur les marchés des capitaux dans des conditions raisonnables à moyen terme.

 

Préserver Worldgrid

 

Le camp de David Layani n’hésite pas non plus à mettre en avant de son côté "l’absolue nécessité" pour la société d'avoir un "actionnaire d'ancrage français", même si l’argument est sans doute devenu moins prégnant depuis que Bercy s’est dit prêt à racheter les activités sensibles d’Atos.

A ce propos, le groupe a annoncé lundi que la phase de due diligence avec l’État français concernant l’acquisition potentielle de 100% des activités d’Advanced Computing, de Mission-Critical Systems et de Cybersecurity Products de la division BDS (Big Data & Cybersécurité) pour une valeur d’entreprise indicative comprise entre 700 millions et 1 milliard d’euros progressait "de manière satisfaisante". Bruno Le Maire, le ministre de l’Économie, a par ailleurs indiqué le 28 mai que l’État souhaitait "placer sous son contrôle" la filiale Worldgrid qui produit des logiciels de contrôle-commande pour les centrales nucléaires. Ayant reçu plusieurs propositions relatives à Worldgrid, Atos "examine actuellement ces offres", a indiqué lundi l'entreprise.

Dans tous les cas, Atos a pris soin de rappeler une nouvelle fois que la mise en œuvre des propositions de reprise et de restructuration financière entraînera une dilution massive des actionnaires actuels. Un message bien entendu par les investisseurs. L'action Atos chutait lundi de 16%, à un nouveau plus bas historique de 1,4 euro.

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