WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
Abonnez-vous
Abonnez-vous à notre newsletter quotidienne

Entreprises / Actions / Renault / Dacia

Entreprises / Actions
Renault / Dacia

Renault mise sur la montée en puissance de Dacia / Vers une rentabilité record d’ici 2030

Dacia, la marque low-cost de Renault, continue de s’imposer comme un pilier de rentabilité et de croissance au sein du groupe. Capitalisant sur sa nouvelle identité "best-value-for-money", Dacia vise à doubler son chiffre d’affaires et atteindre une marge de 15 % d’ici 2030. Pour ce faire et afin de consolider sa place sur le podium du marché européen des ventes d’automobiles aux particuliers, le constructeur se prépare à élargir sa gamme vers le segment C, le plus rentable.
Renault veut doubler les ventes de Dacia d'ici 2030 - Photo by Jaap Arriens / NurPhoto / NurPhoto via AFP
Renault veut doubler les ventes de Dacia d'ici 2030 - Photo by Jaap Arriens / NurPhoto / NurPhoto via AFP

"Vache à lait", "machine à cash", les qualificatifs depuis longtemps attribués à Dacia sont parlants. Tout en ayant contribué à maintenir la tête du groupe hors de l’eau lors de la crise des semi-conducteurs au sortir de la crise sanitaire, la marque participe pleinement depuis au redressement du groupe dirigé par Luca de Meo. Et son poids va continuer de s’accroître. Renault a annoncé lundi qu’il comptait doubler le chiffre d’affaires de sa marque à bas coûts entre 2022 et 2030, tout en faisant progresser sa rentabilité.

Dacia est de loin la marque la plus rentable du groupe Renault avec une marge qui n’est pas divulguée, mais qui se situe "à deux chiffres", selon le constructeur, soit un niveau lui permettant de faire jeu égal avec les constructeurs allemands de haut de gamme comme Audi, BMW et Mercedes. Et l’ambition est "d’atteindre les 15 % avant 2030", indique Renault.

 

"Best-value-for-money"

 

Depuis le rachat en 1999 du constructeur roumain, à l’initiative de Louis Schweitzer, qui présidait alors aux destinées du groupe Renault, le concept de "low-cost" propre à Dacia a évolué. Le constructeur parle désormais de "best-value-for-money" pour décrire son identité visant à proposer le "meilleur rapport valeur-prestations", une sorte de quadrature du cercle consistant à produire à des coûts réduits des véhicules abordables mais de moins en moins "cheap". Et c’est parce que ce modèle économique est si important à ses performances que Renault organisait ces lundi et mardi un "field trip" en Roumanie dédié pour en expliquer les tenants et aboutissants aux investisseurs et analystes.

Les recettes permettant à la marque d’afficher un prix de vente en moyenne 10 à 15 % en deçà des concurrents tout en étant bien plus rentable, tiennent en trois points visant chacun à réduire les coûts. Les coûts de conception tout d’abord. Les équipes de Renault sont reconnues comme des experts inégalés du "design to cost " (la conception orientée vers les coûts), permettant à Dacia de revendiquer des coûts inférieurs d’environ 15 % par rapport à la concurrence "en se concentrant sur ce qui compte vraiment pour les clients", impliquant une réduction du poids des véhicules, tout en privilégiant le réemploi de composants déjà développés au sein du groupe.

Les coûts de production d’autre part, grâce à un taux d’utilisation des usines élevé ainsi qu’un fort niveau d’intégration locale de la base de fournisseurs en Roumanie, au Maroc et en Turquie. Le troisième pilier repose sur un modèle de distribution assurant des coûts de distribution inférieurs de moitié à la moyenne en Europe de l’Ouest, avec 30 % des ventes provenant d’initiatives digitales. "L’une des principales raisons de la rentabilité de Dacia est le poids élevé du circuit de la vente aux particuliers qui représente plus de 85 % du total", souligne à cet égard UBS, cette particularité permettant à la marque d’appliquer une politique de quasiment zéro rabais.

 

Sur le podium des ventes aux particuliers

 

Après 8 millions de véhicules vendus en 2023, Dacia a représenté environ un tiers des ventes du groupe Renault au premier trimestre et est en passe de confirmer, pour la quatrième année consécutive, sa position sur le podium des ventes aux clients particuliers en Europe. À fin avril 2024 (en cumul depuis le début de l’année), la marque affiche une part de marché de 4,5 % en Europe et de 8,6 % sur le segment des ventes aux clients particuliers.

"Le potentiel reste néanmoins significatif", souligne de son côté le cabinet Oddo BHF. Et ce potentiel se situe en particulier dans l’élargissement annoncé de la gamme. Actuellement leader sur le segment B, celui des voitures citadines polyvalentes, Dacia s’attaque en effet au segment C des berlines compactes, le plus rentable. S’il y est déjà présent depuis le lancement à la fin 2021 de la Jogger, un break familial surélevé de 7 places, le constructeur va monter en puissance. Trois nouveaux lancements y sont prévus d’ici 2030, dont le SUV Bigster dès 2025. De bon augure également pour Renault, alors que Dacia est résolument devenue une marque de conquête avec 63 % de ses clients provenant de la concurrence (hors marque Renault), et plus de 80 % des propriétaires d’un véhicule Dacia choisissant ensuite un véhicule du groupe.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article