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La transformation d’Euroapi alimente fortement le doute / Flou préjudiciable
Entre la volonté de l’équipe de la direction d’Euroapi, récemment renforcée par une nouvelle directrice financière de redresser l’entreprise, et la perception qu’ont les investisseurs de sa capacité à réussir, l’écart est important et tend même à grandir.
En Bourse, la société spécialisée dans les développement et la fabrication de principes actifs pharmaceutiques (les API, pour active pharmaceutical ingredients, les substances chimiques ou biologiques qui dans un médicament possèdent un effet thérapeutique) pèse désormais moins de 250 millions d’euros, contre plus de 2 milliards d’euros à son plus haut à l’automne 2022, l’action Euroapi chutant vendredi de plus de 6%, à 2,61 euros. Soit une baisse de 14% sur l’ensemble d’une semaine qui aurait pu servir à rassurer les investisseurs. Au contraire, les précisions chiffrées apportées par le groupe au sujet de son projet de transformation stratégique "FOCUS-27" lancé fin février 2024 et visant à "libérer le potentiel de croissance durable et rentable de la société", ont plutôt agi comme un repoussoir.
Dans le cadre de ce plan qui prévoit que le groupe se concentre sur les API à plus fortes valeurs ajoutées et l’abandon de molécules à marges faibles ou négatives, le groupe espère générer 75 à 80 millions d'euros de "Core Ebitda" supplémentaire par an d’ici à la fin 2027. Problème, ces prévisions partiront d’une base très affaiblie, puisque le groupe a révisé en baisse ses prévisions pour 2024, ayant enfin évalué l’impact de l’arrêt temporaire annoncé en mars de la production d’API de son site de Brindisi en Italie, consécutive à une défaillance du contrôle qualité. Il table désormais sur un recul de ses ventes compris entre 8% et 11% cette année (contre un recul précédemment attendu entre 4% et 7%) avec une marge de core Ebitda située entre 4% et 7% (contre entre 6% et 9%).
Il y a certes une bonne nouvelle. Le programme de financement du groupe, négocié depuis plusieurs mois avec les banques, bénéficie du soutien de son principal actionnaire Sanofi qui émettra une obligation hybride pour un montant de 200 millions d’euros.
"La question du financement devrait être résolue, mais les perspectives à moyen terme restent incertaines", résume Fynn Scherzler, analyste chez Deutsche Bank. Euroapi n'a pas fourni d'indications explicites à moyen terme sur ses ventes ou ses marges, une déception selon lui, que partagent les investisseurs.
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