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Les créanciers d’Atos ont imposé leurs conditions / Etape décisive vers la sauvegarde accélérée
Sans égard pour la dernière marque d’intérêt de l’homme d’affaires tchèque Daniel Kretinksy, les créanciers d’Atos iront bien seuls au bout de leur projet : reprendre et tenter de sauver eux-mêmes le groupe informatique de la faillite, sans oublier de (bien) se rémunérer. Il ne leur a pas fallu longtemps pour pallier le départ impromptu de leur partenaire industriel, David Layani, le président fondateur de la société de services numériques Onepoint, et convaincre un groupe de banques et la société de les suivre.
En quatre jours, la solution venant compenser le départ de celui-ci et de ses associés de circonstance, le financier Walter Butler et la société Econocom a été annoncée dimanche soir, selon un schéma de reprise peu modifié dans les grandes lignes.
En termes de new money d’une part, si auparavant, le consortium Onepoint apportait 175 millions d’euros et les créanciers participaient à hauteur de 75 millions d’euros, soit 250 millions d’euros au total, le nouvel accord conclu prévoit une augmentation de capital de 233 millions d’euros à laquelle pourront participer les actionnaires existants (via des droits préférentiels de souscription). Celle-ci est garantie à hauteur de 75 millions d’euros par les porteurs d’obligations participant aux nouveaux financements et à hauteur de 100 millions d’euros par les créanciers participant par voie de compensation de créances. Dans le cas où les actionnaires souscriraient en totalité, ils obtiendraient 25,9% du nouveau capital.
Sur la partie dette, les nouveaux financements octroyés seront d’un montant compris entre 1,5 milliard d’euros et 1,675 milliard d’euros selon le taux de participation des actionnaires actuels à l’augmentation de capital.
On se souvient que le montant de la première proposition était de 1,5 milliard d’euros, et qu’il comprenait notamment de l’affacturage. Mais "cet élément a été transféré dans les financements intérimaires annoncés la semaine du 20 juin", rappelle le cabinet Octo Finances. Si bien qu’au final, "la ‘New Money Debt’ est répartie équitablement entre les banques (250 millions d’euros de Prêt à terme minimum, 250 millions d’euros de lignes de crédit renouvelable RCF, et 250 millions d’euros de garanties bancaires) et les créanciers (750 millions d’euros de nouvelles dettes minimum).
En ce, à des coûts de financements toujours particulièrement élevés pour l’entreprise : le prêt à terme sera financé avec un coupon 9% cash + 4% en pay-in-kind (PIK), mécanisme consistant à payer les intérêts non pas en cash mais en émettant de la nouvelle dette, pour un RCF à Euribor +6,6%, et 3,5% pour les garanties bancaires si elles sont tirées. La nouvelle dette des créanciers aura un coupon prohibitif de 13% (9% cash + 4% PIK).
Le montant de dettes converties en actions est maintenu à 2,9 milliards d’euros, la réduction de l’endettement net étant annoncée d’environ 3,1 milliards d’euros, conformément à l’objectif d’un profil de crédit BB d’ici 2026.
A court terme, Atos espère finaliser l’accord dit de "lock-up" permettant à tous les créanciers financiers de soutenir le plan de restructuration proposé au cours de la semaine du 8 juillet, en vue d'ouvrir une procédure de sauvegarde accélérée avant le 26 juillet. La restructuration sera par la suite mise en œuvre au cours du second semestre 2024, avec l'objectif d’une réalisation effective en fin d’année ou au cours du premier trimestre 2025.
Pour tenir jusque-là, Atos a annoncé la réouverture de la période de syndication de son financement intérimaire qui va courir jusqu’au 3 juillet. Celui-ci comprend une tranche de 225 millions d’euros et une autre de 350 millions d’euros. En espérant que cela suffise, et que les clients d’Atos soient rassurés par l’accord et ne fassent pas défection. Le coût élevé des nouveaux financements octroyés par les créanciers va à n’en pas douter constituer un défi pour une entreprise dont le défi du redressement est loin d’être gagné. Comme l'observe Octo Finances, "le volet financier étant quasiment finalisé, les repreneurs vont maintenant devoir s'atteler à l'aspect opérationnel qui risque d'être d'autant plus compliqué".
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