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Carmat accélère ses implantations de cœurs artificiels / La société compte doubler ses ventes à chaque trimestre

Tandis qu’elle vient d’étendre son horizon de financement jusqu’à fin septembre prochain, la société Carmat voit les ventes de son cœur artificiel s’accélérer. Une forte dynamique qui profite à son chiffre d’affaires, attendu à 14 millions d’euros cette année, et au bon avancement de l’étude clinique dont va dépendre le futur remboursement de la bioprothèse. Des avancées qui préparent le terrain pour la rentabilité future de l'entreprise et l’approbation envisagée sur le marché américain.
Le coeur artificiel Carmat - DR
Le coeur artificiel Carmat - DR

Le potentiel commercial du cœur artificiel conçu par Carmat est immense. La bioprothèse inventée par la medtech française s’adresse pour l’instant uniquement aux patients ayant besoin d’un "pont à la transplantation" (de l'anglais “bridge to transplant"). Ce type d’utilisation permet aux malades de reprendre des forces avant de subir une greffe. C’est dans cette indication que le groupe avait obtenu son marquage CE en 2020. "C’est suffisant pour générer plus d'un milliard de dollars [de ventes] par an à horizon dix ans", a indiqué mardi Stéphane Piat, le directeur général de Carmat, à l’occasion d’un point d’étape.

Certes, le pont à la transportation est donc un marché très important, "mais le vrai marché, évalué à 40 milliards de dollars, c'est la thérapie de destination ", a souligné le dirigeant, c'est-à-dire un cœur valable pour toute la fin de vie, remplaçant le greffon humain, telle que l’avait imaginé le Professeur Carpentier, cofondateur de la société avec le fonds Truffle Capital et Airbus en 2008. En attendant, "le "bridge to transplant" est très important pour nous parce qu’il nous permet d'apprendre, de créer un produit qui sera prêt pour la thérapie de destination et surtout, il va nous permettre d'atteindre d'ici quatre ans la profitabilité", a-t-il ajouté.

 

Une forte dynamique des ventes

 

Depuis la résolution il y a deux ans des problèmes qualités qui avaient retardé son plan de marche, Carmat s’emploie à accélérer la cadence de ses implantations. A cet égard, le premier semestre 2024 s’est avéré très positif. La société a réalisé des ventes de 3,2 millions d’euros, soit 20 implantations sur les six premiers mois de l’année, dépassant déjà le total de ses ventes annuelles de 2023 (2,8 millions d’euros). "Et ce qui est peut-être encore plus important, c’est la dynamique entre le premier et le deuxième trimestre ", a souligné Pascale d'Arbonneau, la directrice financière de Carmat. De 1 million d’euros de chiffre d’affaires au premier trimestre, la société a plus que doublé ses ventes à 2,2 millions d’euros au deuxième.

Sur les 20 cœurs artificiels implantés sur la totalité du premier semestre, six l’ont été dans le cadre commercial (en Allemagne, en Italie et en Pologne) et 14 dans le cadre de l’étude clinique EFICAS. Cette étude, qui doit permettre de recueillir des données supplémentaires sur l’efficacité et la sécurité du cœur artificiel, ainsi que des données médico-économiques, en est désormais quasiment à la moitié des recrutements prévus (25 implantations sur les 52 requises).

Elle est essentielle car c’est d’elle que va dépendre l’obtention du remboursement du cœur artificiel de Carmat en France, mais aussi parce que ses résultats feront partie des données analysées par la FDA, la Food & Drug Administration américaine, pour accorder son approbation préalable à la mise sur le marché (Premarket Approval ou PMA), que la société anticipe pour 2027. Un objectif clé sachant que les Etats-Unis constituent le plus grand marché mondial de l'insuffisance cardiaque.

 

Nerf de la guerre

 

Carmat anticipe, sur le second semestre de 2024, la poursuite du rythme de croissance trimestriel des ventes enregistré sur la première partie de l’année, tablant sur un chiffre d’affaires annuel de l’ordre de 14 millions d’euros. Comme entre le premier et le deuxième trimestre, "nous visons une doublement du chiffre d’affaires trimestre par trimestre", a indiqué Pascale d'Arbonneau. Et ce, tout en veillant attentivement à la trésorerie. "Pour une société comme la nôtre, qui ne génère pas encore de profit, le nerf de la guerre reste le financement ", a rappelé la directrice financière.

Carmat a ainsi annoncé le 5 juillet la mise en place d’une ligne de financement en fonds propres avec Vester Finance, sous la forme d’un PACEO (programme d'augmentation de capital par exercice d'options ou equity lines), portant sur un nombre maximal de 3,5 millions d’actions sur une durée de 24 mois. Si bien qu’aujourd’hui, l’horizon de financement de la société court jusqu’à fin septembre 2024, le groupe travaillant par ailleurs à réduire sa consommation de trésorerie, aidé par la croissance de ses ventes et une stricte discipline financière. De 5 millions d’euros par mois historiquement, Carmat vise à abaisser cette consommation à 4 millions d’euros. "Nous sommes en très bonne voie pour y parvenir", a indiqué Pascale d’Arbonneau.

 

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