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Saint-Gobain
Saint-Gobain signe (encore) un nouveau record de marge d’exploitation / Des choix stratégiques qui lui permettent de résister à la crise de la construction neuve en Europe
Chez Saint-Gobain, les publications passent et les records de marge d’exploitation s’enchaînent. Le géant des matériaux de construction l’a encore prouvé à l’occasion de celle du premier semestre de l’année 2024, en la faisant atteindre 11,7 %. Une hausse de 0,4 point sur un an, qui lui permet donc de se fixer à un nouveau plus haut historique. La marge est également attendue à un niveau à deux chiffres au deuxième semestre, tout comme sur l’ensemble de l’année. Ce qui permettrait à Saint-Gobain de signer une telle performance pour la quatrième année consécutive.
Pour le reste, l’ensemble des indicateurs financiers du groupe sont au beau fixe. Son résultat net, part du groupe, a grimpé de 14,5 % pour dépasser 1,6 milliard d’euros. L’Ebitda, à 3,65 milliards d’euros, reste proche de son meilleur niveau, tandis que le cash flow libre, à 2,5 milliards d’euros, a bondi de 12,2 % sur un an.
Il faut dire que les manœuvres stratégiques engagées par Saint-Gobain depuis plus de cinq ans portent leurs fruits. Ce qui permet donc au groupe de se montrer résilient et de réaliser de bonnes performances, dans un environnement de marché pourtant dégradé. Effectivement, à données comparables, son chiffre d’affaires a reculé de 4,9 % sur un an, à 23,5 milliards d’euros. Il est resté affecté par le recul de la construction neuve en Europe, malgré la solidité du marché de la rénovation et la croissance de ses autres zones d’activité. De fait, sur le Vieux continent, l’activité a diminué de 7,9 % sur le semestre.
Dans la bonne direction
Point positif : "Nous observions une baisse des volumes de 8,2 % au premier trimestre, elle s’affiche à 3,7 % au deuxième. Il y a donc une évolution dans la bonne direction", a commenté le président-directeur général du groupe, Benoit Bazin, qui estime que l’horizon serait en train de s’éclaircir dans la région. La croissance signe son retour en l’Europe de l’Est, tandis que le point bas devrait avoir été passé au Royaume-Uni. Du côté de la France, le rebond risque toutefois de ne pas être pour tout de suite, même si l’attribution des crédits immobiliers commence à se détendre.
"Nous avons stabilisé notre marge en Europe malgré un environnement difficile, de même dans les solutions de haute performance. Nous sommes en progression dans les autres zones", a souligné Benoit Bazin. Dans les Amériques et en Asie-Pacifique, outre un niveau de marge en progression, la dynamique de l’activité aura bien été à l’inverse de celle de l’Europe. Elle ressort en croissance interne dans les deux régions, où le groupe n’hésite donc pas à se renforcer.
En témoignent les acquisitions signées par Saint-Gobain pendant le premier semestre, dont celles de CSR en Australie et de Bailey au Canada. Des "avancées stratégiques majeures pour le repositionnement du groupe au plan géographique", s’est félicité Benoit Bazin. Et alors que Saint-Gobain tire (pro forma des évolutions de périmètre engagées depuis le début de l’année) désormais plus des deux tiers de son résultat d’exploitation en provenance d’Amérique du Nord, d’Asie et des pays émergents, ce dernier aura atteint 2,75 milliards d’euros sur le premier semestre de 2024, proche, également, de son meilleur niveau historique.
D’une pierre, deux coups
Des performances qui sont les conséquences de la transformation du groupe à plusieurs niveaux, reposant sur une organisation décentralisée et répartie par pays, sur la montée en puissance de son offre en matière de solutions durables et innovantes, et d’un renforcement réalisé de manière méthodique sur les géographies et les métiers structurellement en croissance. C’est notamment le cas du côté de la chimie de construction, qui s’est aussi montrée résiliente au fil du semestre. D’autant qu'à la fin du mois de juin, le groupe a également réalisé une nouvelle étape majeure en ce sens, en s’offrant l’entreprise Fosroc.
Cela lui permettra de faire d’une pierre, deux coups. Tout d’abord, l’acquisition augmentera la présence de Saint-Gobain en Inde, au Moyen-Orient et en Asie-Pacifique, des marchés particulièrement dynamiques, alors que Fosroc y est très actif. Ensuite, elle renforcera un peu plus sa plateforme de chimie de construction, qui pèse (proforma) 6,2 milliards d’euros de chiffre d’affaires annuel. Une opération structurante et complémentaire, s’inscrivant dans la lignée des acquisitions de CGP et Chryso, auxquelles sont venues s’ajouter une multitude d’autres opérations de tailles plus restreintes. "Fosroc est notre troisième étoile sur le maillot", a relevé Benoit Bazin.
Au total, les trois acquisitions de croissance rentable menées au fil du semestre devraient ajouter environ deux milliards d’euros de chiffre d’affaires en année pleine et 450 millions d’euros d’Ebitda, dont 100 millions d’euros de synergies attendues dès la troisième année. En attendant, "dans ce contexte de marché contrasté, entre la baisse de la construction neuve et la résilience de la rénovation, nous anticipons une poursuite de l’amélioration de l’activité au deuxième semestre. 2024 sera une nouvelle année de succès", a assuré Benoit Bazin.
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