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Airbus rassure avec la confirmation de ses objectifs / La chaîne d’approvisionnement inspire moins d’inquiétudes
Après l’important ajustement des prévisions annuelles d’Airbus annoncé fin juin, le suspense sur les comptes du deuxième trimestre 2024 du groupe européen d’aéronautique et de défense était mince. L’effondrement de 78% du résultat net, à 230 millions d’euros, et la chute de 56% du résultat opérationnel (Ebit) ajusté, mesure clé de la rentabilité du groupe, à 814 millions d’euros, étaient logiquement anticipés. Et leur cause connue.
"Notre performance financière à mi-année reflète principalement les importantes charges liées à nos activités spatiales", a rappelé Guillaume Faury, le président exécutif d’Airbus. Le fait est que le secteur spatial européen est confronté au double défi d’une demande de satellites civils qui s’atrophie et d’une concurrence américaine emmenée par SpaceX qui fait plus que lui tailler des croupières. C’est un lanceur Falcon 9 de SpaceX qui a lancé en avril les deux nouveaux satellites du système de géolocalisation européen Galileo, le programme Ariane 6 ayant pris quatre ans de retard, tandis que la guerre en Ukraine a fait voler en éclat le partenariat avec la Russie et son lanceur Soyouz.
D’importantes provisions
C’est ainsi qu’après avoir inscrit 600 millions d’euros de provisions pour ses activités spatiales l’an dernier, le groupe a annoncé il y a un peu plus d’un mois une rallonge d'"environ 900 millions d'euros" au premier semestre liée au passage en revue des coûts de développement et des perspectives commerciales attendues de "certains programmes de télécommunications, de navigation et d'observation".
Finalement, les comptes d’Airbus sur les trois mois d’avril à juin se sont paradoxalement révélés meilleurs qu’attendu, l’Ebit ajusté et le bénéfice par action ont été supérieurs de 16% et 8% au consensus, respectivement, et le free cash-flow de 400 millions d’euros. Deux explications peuvent être avancées. Outre le récent avertissement lancé par Airbus, "c’était le premier trimestre depuis les nouvelles recommandation de l’Autorité des marchés financiers (AMF) où Airbus n’organisait pas d’échanges avec les analystes buy-side avant la clôture des comptes, ce qui peut également avoir conduit à des prévisions plus prudentes", note JP Morgan.
On notera le plus haut depuis 2018 atteint par la marge d’Ebit ajusté de la branche hélicoptères, à 9,2%, une performance qui demande toutefois à être confirmée au cours des prochains trimestres. Tandis que le solide free cash-flow de 1,24 milliard d’euros, reflet d’une bonne gestion du fonds de roulement, témoigne d’une certaine efficacité du plan "Leap !" d’amélioration des performances.
Une chaîne d’approvisionnement toujours tendue
Toujours est-il que "l'essentiel est qu'Airbus n’ait pas modifié ses prévisions pour l'exercice 2024", estime JP Morgan. Le groupe prévoit ainsi toujours de dégager un Ebit ajusté avoisinant les 5,5 milliards d'euros avec un flux de trésorerie avant financements clients d'environ 3,5 milliards d'euros. Des prévisions qui s’appuient sur un objectif de 770 livraisons d’avions qui semble réaliste au vu de la situation de la chaîne d’approvisionnement.
"Celle-ci reste tendue et difficile, mais elle ne s'est pas matériellement détériorée au cours des derniers mois", observent de leur côté les analystes de Bank of America. "Les livraisons de juillet semblent solides et, bien qu'il y ait encore des goulets d'étranglement, nous pensons que la situation s'améliorera au cours du deuxième semestre", ajoutent-ils. Ce à quoi les investisseurs veulent croire également : l’action Airbus a terminé la séance de mercredi en hausse de 5%, à un peu plus de 140 euros.
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