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Direction générale du Trésor / Transition climatique
Transition écologique : le Trésor se dote d’un outil pour mieux l’appréhender / “Mésange vert” fait son apparition
La Direction générale du Trésor (DG Trésor) enrichit son arsenal d’instruments pour appréhender la transition climatique. Après avoir créé il y a un an une sous-direction consacrée à la transition écologique, cette administration phare de Bercy qui a entre autres pour rôle de fournir analyses, pistes de réforme et études d’impact à l’exécutif, a mis au point un nouvel outil permettant l’évaluation de certaines des conséquences de cette dernière.
Alors que la DG Trésor s’appuie sur Mésange (Modèle Économétrique de Simulation et d’Analyse Générale de l’Économie), développé avec l’Insee, pour simuler et évaluer des mesures de politique publique ainsi que réaliser des prévisions, elle pourra également désormais compter sur “Mésange vert”. Il vise à “évaluer l’impact des réformes et de chocs économiques sur les émissions de carbone de la France à moyen-long terme, en complément de l’évaluation ex ante de leur impact macroéconomique à l’aide du modèle Mésange”, expliquent dans un document, Mathieu Boullot, Pierre-Louis Girard, Nicholas Tokay, économistes à la DG Trésor.
Comme pour le modèle Mésange, Mésange vert est construit autour d'un scénario de référence, dit compte central, auquel les résultats des évaluations sont comparés. Dans Mésange vert, le compte central a été construit en cohérence avec la deuxième version de la stratégie nationale bas carbone (SNBC), qui est la feuille de route de la France pour atteindre la neutralité carbone.
Dans le détail, Mésange vert peut par exemple servir à comparer les effets économiques et climatiques d'une hausse permanente de la TVA et de la taxe carbone. "Une hausse de la taxe carbone a un impact négatif sur l'activité légèrement inférieur à celui d'une hausse de la TVA. En outre, en ciblant la consommation énergétique, la taxe carbone conduit à une baisse bien plus importante de celle-ci qu'une hausse de la TVA. De plus, la taxe carbone incite les ménages et les entreprises à substituer de l'électricité aux énergies fossiles et la baisse des émissions de carbone est plus que proportionnelle à la diminution de la consommation énergétique", précise une note de la DG Trésor.
Par ailleurs, dans le cas d'une hausse permanente du prix du baril de pétrole de 10 dollars qui abaisserait le prix relatif de l'électricité, Mésange Vert anticipe que "les ménages et les entreprises substitueraient alors le pétrole par de l'électricité dont les émissions de carbone sont moindres, tout en réduisant leur consommation totale d'énergie du fait de la hausse générale du prix de l'énergie. Ainsi, les émissions diminueraient de 8 % à l'horizon 2030 relativement au compte central sans choc, et de 12 % d'ici 2050".
Aujourd'hui si Mésange vert a surtout pour but d'analyser les ajustements du bouquet énergétique et des émissions de carbone à moyen-long terme, "une dynamique de court terme pourrait y être intégrée pour préciser la montée en charge progressive des chocs appliqués", soutient Pierre-Louis Girard. Il ajoute qu'"une modélisation des différents postes de consommation des ménages (logement, déplacement) et des secteurs d'activité pour les entreprises (industrie, transport, services marchands) pourrait être expertisée".
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