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Transition climatique / France / PIB
France : le coût qu'impliquerait une transition climatique désordonnée
Dévier de l’itinéraire prévu pourrait coûter très cher à certains. Une étude réalisée par la Banque de France rapporte qu’une transition climatique "désordonnée et tardive ou "désordonnée et soudaine" générerait respectivement des effets baissiers de 2,1% et 5,5% sur le Produit intérieur brut (PIB) français en 2050 (par rapport à une transition ordonnée), avec une asymétrie significative selon les branches de l’économie.
Alors qu’une transition climatique ordonnée impliquerait que "les politiques publiques mises en œuvre et les évolutions technologiques réduisent les émissions carbone selon les objectifs fixés par l’Accord de Paris [neutralité carbone en 2050, ndlr], tout en minimisant les dommages macroéconomiques", la transition "désordonnée et soudaine", elle, représente "une mise en œuvre tardive et brutale (pour compenser le retard) de la transition [qui] n’est pas accompagnée des gains technologiques nécessaires, si bien que les impacts disruptifs l’emportent", précise l’étude de la Banque de France. La transition "désordonnée et tardive" serait synonyme d’ "une mise en œuvre retardée des politiques de transition et des impacts disruptifs sur les économies".
Concrètement, cette étude fait l’hypothèse de trois trajectoires différentes du prix du carbone pour construire ces scénarios. Ainsi, le prix du carbone passe de 54 euros par tonne d’équivalent CO2 émise en 2025 à environ 180 euros en 2050 dans le cadre d’une transition climatique ordonnée, alors qu’une transition "désordonnée et soudaine" implique un prix du carbone s’affichant à 45 euros en 2025 puis à plus de 900 euros en 2050. C’est plus particulièrement ce dernier scénario qui fait l’objet d’une analyse approfondie de la part d'Annabelle de Gaye et Noëmie Lisack, chercheuses à la Banque de France.
Si ses conséquences sur l’ensemble de l’économie française en 2050 restent "limitées" (5,5%) au regard du différentiel de 400% du prix du carbone par rapport au scénario de transition climatique ordonnée, de fortes disparités sectorielles se font jour. "Tant que la transition n’est pas lancée (i.e. jusqu’en 2030), les secteurs polluants bénéficient d’un prix du carbone légèrement inférieur au scenario de référence et voient leur valeur ajoutée augmenter", estime l’étude. Toutefois à compter de 2035, les ennuis commencent. "Le secteur de la cokéfaction et raffinage est particulièrement affecté, car l’utilisation des biens qu’il produit (essence par exemple) est fortement taxée, impliquant une baisse de la demande qui lui est adressée et une baisse de sa valeur ajoutée de près de 60% en 2050", avancent les deux chercheuses. Le choc se transmettrait en amont à l’industrie extractive qui verrait sa valeur ajoutée baisser de 25%.
Par ailleurs, "les secteurs dont la production émet le plus de gaz à effet de serre : les minéraux, la métallurgie ou encore le traitement des déchets voient leur valeur ajoutée baisser de 15 à 18%, l’agriculture de 25%", ajoute l’étude.
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