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Macro-économie / Taux / Kamala Harris / Donald Trump

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Kamala Harris / Donald Trump

Kamala Harris abat ses cartes sur le plan économique / La candidate démocrate avance avec prudence

Convaincre les électeurs sans affoler les marchés, voici le défi auquel doit faire face Kamala Harris dans sa quête du bureau ovale. Son programme économique tâche de ne pas trop avoir recours au déficit et poursuit sur bien des aspects la politique de Joe Biden.  
Kamala Harris. Photo by ANGELA WEISS / AFP
Kamala Harris. Photo by ANGELA WEISS / AFP

La confrontation télévisée entre les deux candidats à la Maison Blanche approche et Kamala Harris dégaine déjà son projet économique. Pas de grandes surprises du côté de celle qui vante régulièrement l’efficacité des mesures prises sous le mandat de Joe Biden. Ce qui rentre en opposition frontale avec les idées portées par Donald Trump ; l’économiste Justin Wolfers, professeur à l'Université du Michigan, prenant l’exemple iconoclaste de la santé. "Kamala Harris a promis de maintenir l’Obamacare et de renouveler les subventions. Trump a promis d’éliminer l’Obamacare, et depuis 2016, on nous dit que sa politique de substitution arrivera ‘dans deux semaines’", explique-t-il.

Paul Ashworth, Chief North America Economist pour Capital Economics, voit dans cette annonce une continuité, celle de l’un des " thèmes de l’administration Biden, qui consiste à imputer la forte inflation à la cupidité des entreprises - qu’il s’agisse des producteurs de pétrole, des sociétés pharmaceutiques ou, dans le cas présent, des détaillants en alimentation -" et ce à des fins électorales puisqu’il juge que "des politiques fiscales et monétaires excessivement souples datant de l’époque de la pandémie" pourraient tout autant être mises en avant.

 

Si proche et si loin

 

Les deux camps souhaitent évidemment se démarquer l’un de l’autre. Pourtant, aux méthodes populistes de Donald Trump il n’est pas clair que le camp démocrate oppose une autre façon de faire. Justin Wolfers se montre cependant critique et juge que là où "Harris a promis des politiques spécifiques (bien qu’insuffisamment détaillées). Les politiques promises par Trump n’étaient ni des promesses ni des politiques ".

Néanmoins, du côté de chez Capital Economics, on souligne des accointances entre les deux adversaires. Il est fait état que "comme Trump, elle préconise l’élimination de l’impôt sur les pourboires, ce qui est une mauvaise politique économique, mais compréhensible d’un point de vue politique étant donné que cela pourrait suffire pour remporter la course électorale dans le Nevada". Cette mesure est pourtant loin d’être anodine, puisque dans le cas où "le montant des revenus pouvant être comptabilisés comme pourboires soit limité et que seul l’impôt sur le revenu soit supprimé au lieu des charges sociales, cette réduction d’impôt pourrait coûter jusqu’à 150 milliards de dollars au cours de la prochaine décennie, soit 0,1 % du PIB par an".

 

Continuité

 

Sur de nombreux aspects, la candidate du parti démocrate est jugée en droite ligne avec le président en exercice. Paul Ashworth évoque ainsi la construction promise de trois millions de nouveaux logements en quatre ans et indique qu'un "certain nombre de gouvernements démocrates ont tenté de stimuler la construction de logements, mais ont eu du mal à atteindre leurs objectifs en raison de contraintes de capacité dans le secteur de la construction ou d’autres goulets d’étranglement. Nous doutons qu’un futur gouvernement Harris puisse faire mieux".

Il est également fait état de sa volonté de voir le Congrès se pencher sur la question des prix, une ambition qualifiée comme ressemblant "étrangement à un contrôle des prix, qui pourrait conduire à des pénuries de produits " et répondant à des visées purement électorales étant donné que la majorité nécessaire au Sénat semble utopique.

 

Marcher sur des œufs

 

L’aspect sur lequel les deux antagonistes semblent se rejoindre le plus est vraisemblablement leur crainte commune d’irriter les marchés, ce qui explique selon l’économiste qu’à l’instar de son rival elle se soit " abstenue de promouvoir des réductions d’impôts ou des augmentations de dépenses à grande échelle financées par le déficit". Justin Wolfers s’est également fait l’écho du jeu d’équilibriste auquel elle se livrait ces derniers jours. "Ce qui se passe aujourd’hui, c’est peut-être que Harris dit une chose (renforçons la lutte contre les comportements anticoncurrentiels des entreprises) et que les économistes en entendent une autre (contrôle des prix)", juge-t-il.

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