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Investissements / régions / France / Fitch
Ces régions françaises dont la dette n’est pas près de diminuer / Les investissements annoncés vont devoir être financés
" Lorsqu’un investisseur choisit la France, c’est bon pour l’emploi et pour la vie de nos régions ". Emmanuel Macron, président de la République, a beau se réjouir des investissements effectués par des acteurs étrangers sur notre sol national cela ne suffit pas à couvrir les besoins des territoires. Conséquence de ce déficit, les collectivités territoriales sont contraintes de mettre la main à la poche et devant la hausse récente des coûts de financement, leur endettement devrait continuer à grimper.
Inexorable
Sur les cinq régions métropolitaines françaises notées par les soins de Fitch (Bretagne, Centre-Val de Loire, Ile-de-France, Nouvelle-Aquitaine et Occitanie), la même dynamique est constatée et sur l’année 2023 leur dette nette ajustée a progressé de 9 % en moyenne. Antoine Magne, Analyste Senior chez Fitch Ratings, arguant que "l’endettement des régions françaises a augmenté ces dernières années et nous nous attendons à ce que cette tendance se poursuive en raison de programmes d’investissement qui demeurent soutenus malgré la hausse du coût de financement".
Les scénarios de notation ne sont pas exactement les mêmes suivant les régions et aboutissent cependant à une probable "hausse de la dette nette ajustée pour les cinq régions notées, en raison de programmes d’investissement soutenus et d’un coût de financement plus élevé". Dans le détail c’est une progression "de l’ordre de 10 %-15 % entre 2023 et 2028 pour les régions Centre-Val de Loire et Occitanie, de 26 % pour l’Ile-de-France et de 34 % pour la Nouvelle-Aquitaine" qui est attendue. Un différentiel expliqué par des choix différents en termes d’investissement. Une légère nuance est apportée concernant la Bretagne. Pour cette dernière, les équipes de Fitch Ratings expliquent que "nous tablons sur une stabilité de son niveau d’endettement. La région a revu légèrement à la baisse son programme d’investissement au vu du contexte économique et l’épargne de gestion élevée devrait lui permettre de l’autofinancer ".
Balance
Le document publié détaille l’analyse produite concernant le profil de risque des cinq régions françaises. L’agence de notations précisant que "l’évaluation des facteurs de notation est actuellement harmonisée pour les régions françaises en raison de grandes similitudes en termes de structure de recettes, de dépenses ou de la dette". Les premières citées sont jugées comme forte en ce qui concerne leur robustesse ; notamment grâce aux recettes de TVA, la moitié des recettes de gestion des régions notées en 2023, elles devraient continuer à progresser dans le futur.
Conjuguée à nombre de ressources garanties par l’État ou l’Union européenne, la situation est rassurante de ce point de vue là. À l’inverse la flexibilité des recettes est plus réduite avec comme seule levier les tarifs des certificats d’immatriculation.
La soutenabilité des dépenses n’est pas inquiétante à en croire Fitch Ratings avec une estimation que "les dépenses inflexibles représentent entre 70 % et 90 % des dépenses totales des régions françaises". Tout comme pour les recettes, la flexibilité est appréciée un peu moins positivement tout en soulignant qu’il existe la possibilité d’instaurer des mesures d’économies. Fitch Ratings estime qu’elles auraient la possibilité de réduire leur niveau d’investissement en cas de nécessité et ce alors que cela représente entre 32 % et 41 % des dépenses totales des régions notées en 2023.
Dette
Le destin de la dette des régions est étroitement lié à celui de la France, Fitch Ratings rappelant qu’en aucun cas " les collectivités territoriales françaises ne peuvent être notées au-dessus de l’État français (AA-/Stable) car elles sont soumises à des interférences de l’État qui peut modifier unilatéralement leur financement ou compétences".
Aujourd’hui les cinq régions dont il est question sont notées AA-, l’agence de notation explique que cela reflète " la faible probabilité […] que la capacité des régions françaises à couvrir leur service de la dette avec leur épargne de gestion s’affaiblisse de manière inattendue dans notre scénario de notation (2024-2028), en raison de recettes inférieures aux anticipations, ou en raison d’une augmentation imprévue des dépenses ou du service de la dette ".
Pour l’heure, la part de la dette à taux fixe est rassurante puisque pour quatre des régions considérées elle est entre 62 % et 82 % à date de 2023 et est même de 98 % en ce qui concerne l’Ile-de-France. Seule ombre au tableau, il est jugé probable que la part de taux variable augmente dans le futur étant donné que "les régions ont davantage eu recours aux emprunts à taux variables dans un contexte de taux élevés ".
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