Entreprises / Actions / Elis
Entreprises / Actions
Elis
Face aux craintes des investisseurs, Elis clarifie sa stratégie / Vestis, rare opportunité sur l’important marché américain
Il fallait rassurer les investisseurs. La chute de plus de 15 % subie vendredi par les actions Elis à la Bourse de Paris, après la révélation dans la presse des intentions du groupe de blanchisserie industrielle d'acquérir son homologue américain Vestis, a reflété une appréhension à laquelle le groupe devait rapidement fait face.
La taille de la cible inquiète. Avec sa valeur d'entreprise de 3,3 milliards de dollars (environ 3 milliards d'euros), Vestis apparaît comme un gros morceau pour le groupe français et ses 4,5 milliards d'euros de capitalisation boursière (5 milliards d'euros). avant les rumeurs).
Et ce, d'autant plus que le management d'Elis avait dernièrement mis en avant sa volonté de se désendetter tout en menant une stratégie d'acquisition ciblée dites "bolt on". D'où des interrogations légitimes face à ce contrepied stratégique, auxquels les dirigeants du groupe se sont appliqués à répondre lundi lors d'une réunion organisée avec les analystes.
" Il n'y aura pas de transaction démesurée à un prix démesuré ", a assuré Xavier Martiré, le directeur général d'Elis, à cette occasion. Elis promet que toute acquisition restera conforme à son approche financière disciplinée. Le groupe ne mettra pas en danger sa notation "investment grade", ce qui implique qu'il fera en sorte de maintenir un ratio de levier (endettement net sur excédent brut d'exploitation) de 2 l'année suivant l'acquisition, Elis s'engageant également à ce que l'opération soit relutive sur le bénéfice par action dès l'année de son intégration.
Ces annonces, de nature à rassurer les investisseurs, n'empêchait pas l'action Elis de continuer à perdre du terrain lundi, à un rythme cependant bien moindre, le titre cédant 1,7% à 19,16 euros en début d'après -midi. Soit la manière pour les investisseurs de prendre acte de la confirmation de l'intérêt d'Elis pour Vestis.
Quelle dilution ?
D'autre part, " la réponse du groupe donne aussi des indications sur l'éventuelle structure de l'acquisition ", observent les analystes du courtier TP Icap Midcap. Compte tenu de la contrainte de levier financier, l'acquisition de Vestis impliquerait selon eux " une importante émission d'actions ", que ce soit par le biais d'une augmentation de capital ou d'un paiement en titres.
En supposant une acquisition de Vestis avec un prime de 5 à 30% par rapport au cours de Vestis de jeudi dernier, soit 15,1 dollars par action, TP Icap Midcap a calculé qu'une transaction nécessiterait une émission de titres représentant une dilution comprise entre 24 et 34% pour les actionnaires d'Elis (au cours de vendredi, soit 19,6 euros).
Mais cela pourrait être moins, si l'on suit le raisonnement Oddo BHF qui ne s'attend pas de son côté à ce qu'Elis offre une prime significative sur le dernier cours côté de Vestis. "Un financement par dette pour au moins 70 % de l'opération semble réalisable soit une levée de fonds probablement inférieure à 900 millions d'euros", estime le cabinet d'analystes.
Quelle que soit la solution retenue, si la volonté d'Elis de se positionner sur un dossier aussi important peut surprendre de premier plan, elle n'est pas dénuée d'arguments sur le plan stratégique. Estimé à 48 milliards de dollars, soit deux fois plus que le marché européen, le marché nord-américain des uniformes et du linge plat, est attendu en croissance de 5% à 6% par an. Et les opportunités pour s’y développer ne sont pas légion. La récente chute en Bourse de Vestis, qui a lancé un avertissement sur ses résultats il y a quelques mois, en a fourni une.
Issu de la scission du groupe Aramark Uniform Services en septembre de l'année dernière, le fournisseur américain de tenues de travail et d'équipements compte plus de 300 000 clients et figure parmi les trois leaders du marché américain, avec Cintas et Unifirst .
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

