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Elis / coronavirus

Elis protégé par son modèle

Après des résultats 2019 solides, le loueur d'articles de textiles et de produits d'hygiène explique pourquoi son modèle le préserve d'une crise sanitaire.

Elis compte sur sa stratégie diversifiée pour limiter l’effet de l’épidémie de coronavirus. Spécialisé dans les services de blanchisserie et de produits d'hygiène aux entreprises et aux collectivités, la société est très exposée aux secteurs de l’hôtellerie et de la restauration - lesquels sont en première ligne face à l’effondrement des flux touristiques et de la fréquentation des lieux de sociabilité provoqué par la propagation du virus.

Pourtant, à l’occasion de la publication de ses comptes 2019 ce matin, elle a observé un effet "très limité" sur son activité depuis la semaine dernière – en l’occurrence, une baisse des commandes dans l’hôtellerie à Paris et dans le Sud-Est de la France, les deux régions les plus touristiques de l’Hexagone.

Elle ajoute qu’une aggravation de la situation sanitaire "pourrait avoir un impact, non quantifié à ce jour, sur le chiffre d'affaires (principalement en hôtellerie), mais [que] la nature du modèle économique d'Elis devrait permettre de limiter l'impact sur les marges et sur la génération de cash".

Protections

Première raison évidente, Elis profite, une fois n’est pas coutume pour une entreprise aux ambitions internationales, de son absence en Asie, en particulier en Chine. La France a représenté 38% de son Ebitda, le reste de l’Europe 33% et l’Amérique latine 29%.

D’un point de vue plus organique, son modèle joue le rôle d’un amortisseur naturel. D’une part, les investissements en linge d’Elis diminuent si son activité ralentit, ce dont bénéficie sa génération de trésorerie. Cette caractéristique, qui implique une capacité importante de remboursement de dette, explique que l’entreprise a été considérée par les fonds d’investissement comme un candidat idéal pour une opération de LBO (acquisition à effet de levier) : à partir de 1997, elle a été successivement sous le contrôle de BC Partners, PAI Partners, puis Eurazeo, avant que ce dernier ne l’introduise en Bourse en 2015 et ne cède ses derniers titres dans Elis en juillet 2019.

D’autre part, en raison de ses accords sociaux, le groupe peut annualiser le temps de travail dans ses usines, permettant d’adapter les coûts de production, ce qui bénéficie à ses marges : depuis 2001, la marge d’Ebitda s’est maintenue entre 30,5% et 32,7%, soit une bande très étroite, malgré l’éclatement de la bulle internet, la crise financière et la crise des dettes souveraines en Europe du Sud.

En termes de secteurs d’activités, seul l’hôtellerie (qui représente 27% du chiffre d’affaires 2019) est menacée. A titre de comparaison, Elis indique que ses revenus dans le pôle "hospitalité" avait reculé de 2% en 2009, suite à l’épidémie de grippe H1N1. En revanche, l’effet serait, affirme la société, "très limitée" dans son activité avec les industriels (29% des revenus) en cas de ralentissement circonscrit, "la plupart des contrats de vêtements de travail est calculé par porteur". Dans la santé (26%), l’effet serait "nul voire positif", en raison des hospitalisations et de la demande de produits sanitaires. Dans le commerce et les services (18%), la plupart des contrats étant à commission fixes, l’effet serait "limité". En outre, ses chaînes d’approvisionnement, localisées, sont très peu exposées à la Chine et à la Corée du Sud, les deux principaux foyers de coronavirus.

Les investisseurs saluent

Sans tenir compte d’éventuels effets de l’épidémie, Elis prévoit d’atteindre en 2020 une croissance organique d'environ 3%, améliorer sa marge d’Ebitda d'environ 20 points de base (par rapport à 33,6% en 2019) et générer un flux de trésorerie libre d'environ 320 millions d'euros (contre 247 millions un an plus tôt).

Ces perspectives et l’immunité relative d’Elis au coronavirus ont rassuré les investisseurs, déjà soulagés par des résultats 2019 records et supérieurs aux attentes des analystes. Le courtier Louis Capital Markets confirme sa recommandation à l’achat, notant un exercice 2019 réussi et des perspectives solides. Le chiffre d’affaires a atteint 3,3 milliards d’euros (+3,3%), l’Ebitda 1,1 milliard (+12%), le résultat net courant 256,1 millions (+14%) et le flux de trésorerie disponible a bondi de 61%. Le groupe s’est également légèrement désendetté (3,2 fois d’Ebitda, contre 3,3 un an plus tôt). Le consensus d’estimation des analystes établi par Factset affichait un résultat net courant de 236 millions d'euros et un Ebitda de 1,07 milliard.

L’action s’est adjugée plus de 6% en séance.

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