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Le plan de sauvegarde d’Atos remporte un vote symbolique / Mais le groupe n’est pas au bout de ses peines
Un soutien très large, qu’il convient de nuancer. Atos avait une bonne nouvelle à annoncer vendredi à la suite des votes de ses actionnaires sur son projet de plan de sauvegarde accélérée. Ceux-ci ont voté aux trois quarts (75,03 %) en faveur du projet. Un score élevé en termes de votes exprimés mais symbolique étant donné le peu de votes s’étant justement exprimés : si l’on additionne les pour et les contre au regard du nombre total des actions formant le capital, 5,9 % des actionnaires seulement ont participé.
Reste qu’il n’y avait de toute façon aucun suspense. Même une majorité de votes contre n’empêcherait pas la future mise en application forcée conformément au droit des faillites, réformé en 2021 (article L 626-32 du Code de commerce). Il est toutefois intéressant de noter qu’en excluant la participation des salariés (2,91 % à fin 2023) regroupée dans le Fond Commun de Placement d’Entreprise (FCPE), dont le président du board est Stéphane Richard, le directeur général de l’unité Technology Service (au sein de l’entité TFCo), qui n’allait pas voter contre, le rapport des forces était beaucoup plus équilibré.
Mais le seul enjeu se situait donc du côté des créanciers, qui devaient se prononcer avant le 26 septembre à midi, même si leur validation faisait peu de doute dans la mesure où ce sont eux qui ont conçu le plan de restructuration de la dette. Enfin pas tous, "la classe des créances financières chirographaires n°1", qui correspond aux créanciers ayant participé aux financements Intérimaires, pour la quote-part de leurs créances, a voté sans surprise à 100 % pour. S’agissant des autres créanciers, regroupés dans "la classe des créances financières chirographaires n°2", leur taux d’approbation du plan a atteint 98 %, mais avec seulement 68,4 % de votes exprimés, ce qui veut dire que les banques qui étaient hostiles au plan se sont abstenues.
Il n’en demeure pas moins que toutes les classes de parties affectées par la restructuration financière ont donc bien approuvé le projet de plan à la majorité requise (de plus des deux tiers des votes exprimés). La prochaine étape se déroulera donc au Tribunal de Commerce dont l’audience est toujours prévue le 15 octobre pour une décision attendue d’ici fin octobre.
Si le Tribunal approuve le plan, comme c’est le plus probable, Atos pourra mettre en œuvre sa restructuration financière comme prévu entre novembre 2024 et janvier 2025. En conduisant à la conversion en capital de 2,9 milliards d’euros de dette financières, cette restructuration financière "va engendrer une dilution massive, avec un nombre d’actions qui devrait passer de 112 millions à 244 milliards", rappellent les analystes d’Invest Securities.
En espérant que cela suffise, car le plus dur commencera alors avec la nécessité de rapidement redresser l’entreprise, qui a déjà revu à la baisse à deux reprises son plan d’affaires post-restructuration financière depuis avril dernier. Et dont la structure même de cette restructuration, avec une new money composée en très grande partie de nouvelle dette qu’il faudra rembourser à des taux très élevés (allant jusqu’à 13 %), laisse peu de marge de manoeuvre. Et la très faible participation de la classe des actionnaires au vote sur le plan de sauvegarde accélérée ne permet absolument pas de juger de leur adhésion à l’augmentation de capital prévue de 233 millions d’euros.
Ces derniers seront à n’en pas douter très attentifs à la publication prévue le 24 octobre du chiffre d’affaires du troisième trimestre, qui leur donnera de nouveaux éléments sur la marche des affaires de l’entreprise. Celle-ci a certes récemment annoncé des contrats avec la RATP et l’Agence spatiale européenne, mais qui sont loin de compenser ceux précédemment perdus auprès de FedEx, Disney, ou Johnson & Johnson.
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