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Elis fait primer la rigueur financière sur son ambition américaine / Et renforce sa crédibilité
Diriger, c’est aussi savoir renoncer. Elis a failli entrer aux Etats-Unis par la grande porte, mais cela ne se fera pas, du moins pas à court terme, puisque le groupe français de blanchisserie industrielle a mis fin vendredi aux discussions qu’il menait avec Vestis et UniFirst, respectivement numéro deux et trois du marché américain de la location et de l'entretien d'uniformes.
Une décision frustrante sur un plan stratégique, alors que le marché américain représente le premier marché mondial des vêtements de travail et uniformes. Mais saluée par les investisseurs : le cours de Bourse d’Elis a bondi vendredi de 10%. On se souvient que ce même cours de Bourse avait plongé de plus de 20% en trois séances début septembre après de premières rumeurs, rapidement confirmées, selon lesquelles le groupe avait approché Vestis en vue d’une potentielle acquisition.
Un mois plus tard, tout s’accélérait, UniFirst contactant de lui-même Elis pour mesurer son intérêt pour un éventuel rapprochement. Bloomberg rapporte qu’Elis aurait alors fait une offre non engageante sur UniFirst finalement déclinée par le conseil d’administration du groupe américain.
S’il a été mis fin à ces deux discussions, c’est parce qu’ "aucune des deux ne permettait à Elis de réaliser une transaction conforme à sa discipline financière stricte", a justifié l'entreprise dirigée par Xavier Martiré.
Le groupe français avait clairement posé ses conditions juste après la révélation de ses premiers contacts avec Vestis, prenant le soin de faire une présentation détaillée aux investissements. La direction avait expliqué qu’une éventuelle transaction devrait respecter trois engagements vis-à-vis des actionnaires : une discipline financière en termes de montant payé pour l’acquisition, le maintien du statut d’ "Investment Grade" avec un levier d’endettement financier de 2,2 fois l’Ebitda en année une et de 2 fois en année deux, que l’acquisition soit relutive sur le bénéfice par action dès la première année.
Or, les conditions n’étaient toutes remplies. Et si Vestis ou UniFirst représentaient assurément une opportunité unique, en rassurant sur sa volonté de ne pas surpayer une cible, "la direction sort de cet épisode avec une crédibilité renforcée", soulignent les analystes de Deutsche Bank. D’autant que le groupe "paraît disposer en l’état de multiples leviers de croissances", fait valoir de son côté le courtier TP Icap Midcap, qu’il s’agisse du déploiement des activités de prévention des nuisibles Pest Control, du marché de l’ultra-propre, ou de l’expansion en Amérique latine.
Morale de l’histoire : ces évènements auront en tout cas permis de "mettre en exergue la sous-valorisation d’Elis par rapport à ses concurrents américains", constate pour sa part le cabinet Oddo BHF.
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