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Airbus peut-il encore tenir ses objectifs de livraisons ? / Le groupe doit livrer 273 appareils en trois mois
L’objectif d’Airbus de livrer 770 avions en 2024 est-il toujours crédible ? La question se pose alors que le groupe d’aéronautique et de défense a annoncé mercredi avoir livré 50 avions en septembre. Cela porte à 497 le nombre d’appareils livrés depuis le début de l’année, soit neuf de plus que sur les neuf premiers mois de 2023.
Atteindre la cible annuelle suppose désormais de livrer 273 appareils au cours du dernier trimestre 2024. La cadence de production va donc devoir accélérer davantage. "Afin d'atteindre l'objectif de 770 livraisons, Airbus a besoin de faire croître sa production de 11% au quatrième trimestre", indiquent ainsi le courtier Jefferies.
Or le scénario suscite des doutes. Parmi les analystes, certains ont d’ailleurs déjà acté un prochain avertissement. C’est le cas d’UBS. "Une [nouvelle] révision à la baisse des prévisions de livraison constitue désormais notre scénario de base", écrivait mardi la banque suisse, qui table désormais sur 750 livraisons.
Il est vrai que les 50 appareils livrés en septembre représentent une baisse de 9% par rapport au même mois de 2023, témoignant des problèmes de chaîne d’approvisionnement persistants auxquels le groupe continue de faire face. Les mêmes - concernant les moteurs, les aérostructures et les équipements de cabine - qui l’avaient conduit en juin à ajuster son objectif annuel de livraisons de 800 à 770 avions.
Airbus manque en particulier de moteurs pour ses monocouloirs, tant de la part du motoriste américain Pratt & Whitney qui fabrique le moteur GTF (Geared Turbofan) que de CFM, la coentreprise détenue par Safran et GE Aerospace, qui fabrique les moteurs LEAP.
Une situation dont les investisseurs ont bien conscience. Depuis ses plus hauts annuels à plus de 170 euros de mars, Airbus a vu son cours de Bourse chuter de 25%, ramenant le titre sur ses niveaux d’il y a un an, autour des 125 euros. L’espoir demeure cependant chez certains analystes. "Il sera difficile, mais pas impossible, d'atteindre les objectifs de livraison fixés pour la fin de l'année", estime ainsi Deutsche Bank.
Malgré les faibles livraisons de septembre, Oddo BHF observe aussi que les livraisons ont accéléré d’une semaine à l’autre au cours du mois dernier. Une saisonnalité à l’intérieur du mois qui, certes, s’observe régulièrement chez Airbus, "mais cela peut aussi démontrer que l’inflexion tant attendue est en marche", veut croire le cabinet d’analystes.
Autre argument, l’accélération des cadences en fin d’année est habituelle chez Airbus qui livre en moyenne le tiers de ses appareils au quatrième trimestre. Avec 35% du volume restant encore à livrer au cours des trois derniers mois 2024, l’effort supplémentaire ne paraît pas insurmontable dans l’absolu.
Et ce, d'autant que le groupe part avec un petit matelas de sécurité. "Le niveau des stocks à la fin du troisième trimestre, avec 52 avions déjà en phase d'essais en vol, devrait contribuer à limiter le décalage par rapport à l’objectif", note Jefferies, qui évalue le risque autour de 10 appareils. De quoi aussi éviter une potentielle déception sur les flux de trésorerie, les deux indicateurs (livraison et free cash-flow) étant très liés. Ce dont la publication le 30 octobre prochain des résultats du troisième trimestre, permettra de mieux se rendre compte.
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