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Philippe Salle est le nouvel homme fort d’Atos / Un expert des situations difficiles aux commandes

En pleine restructuration financière, Atos mise sur l’expérience de Philippe Salle, nommé président de son conseil d’administration. Cet ancien dirigeant d’Altran et d’Elior, reconnu pour son expertise des situations complexes, prendra également la direction générale en février 2025, à l’issue d’une période de transition avec Jean-Pierre Mustier.
Philippe Salle est le nouveau président d'Atos, dont il prendra également la direction générale en février 2025
Philippe Salle est le nouveau président d'Atos, dont il prendra également la direction générale en février 2025

La restructuration financière d’Atos serait vaine sans une ferme reprise en main de l’opérationnel. Aussi, les créanciers appelés à devenir les principaux actionnaires de la société devaient-ils rapidement placer la personnalité adéquate à sa tête.

A cet égard, la nomination annoncée mardi, et effective depuis lundi, de Philippe Salle en qualité de président du conseil d’administration du groupe, dispose d’atouts certains pour répondre à l’enjeu. Celui-ci prendra également la direction générale de l'entreprise dans quelques mois, étant prévu qu’il devienne président-directeur général du groupe à compter du 1er février 2025.

Jean-Pierre Mustier, qui avait pris en juillet les fonctions de directeur général de la société en plus de la présidence du conseil d’administration, les conservera en effet jusqu’au 31 janvier 2025, " tout en conservant son mandat d’administrateur, garantissant une transition ordonnée, constructive et efficace ", a indiqué Atos. Son expertise financière et bancaire demeurent utiles afin d’assurer le suivi et la bonne exécution du plan de sauvegarde accélérée, sachant que les opérations de restructuration financière doivent être mises en œuvre au cours du premier trimestre 2025 au plus tard.

L'ex-banquier passera donc alors la totalité du relais à un dirigeant très expérimenté. Recruté avec l’aide du cabinet Egon Zehnder’s, Philippe Salle affiche en effet de solides états de service en matière de management de transition, disposant d’une expertise reconnue dans le redressement des situations complexes.

En particulier, "il a réussi à redresser Altran entre 2011 et 2015, alors que l’entreprise était dans une situation difficile. Il a notamment cédé un certain nombre d’actifs non stratégiques pour recentrer l’entreprise sur son cœur de métier, ce dont Atos a probablement aussi besoin ", note le cabinet Oddo BHF.

La tâche qui lui incombe désormais s’annonce sans nul doute encore plus compliquée. Si le dernier avertissement lancé par l’entreprise a ramené l’ambition de marge à 9,4% à l’horizon 2027, cet objectif est toujours jugé utopique par les analystes. Or, de son atteinte va dépendre le bon remboursement de la new money apportée par les créanciers sous la forme de nouvelle dette à taux très élevés.

A cet égard, l’intention de Philippe Salle d’investir lui-même des sommes importantes dans l’entreprise peut constituer un gage d’alignement d’intérêt. Philippe Salle souhaite investir au moins 9 millions d’euros, sous la forme d’une souscription à l’augmentation de capital avec maintien du droit préférentiel de souscription, soit dans le contexte du plan de sauvegarde accélérée, si les conditions de réalisation le permettent, ou ensuite directement sur le marché.

Le nouveau dirigeant d’Atos a commencé sa carrière chez Total en Indonésie en 1988. Il a ensuite rejoint Accenture en 1990, avant d’entrer chez McKinsey en 1995. Il entre en 1999 au sein du groupe Vedior (devenu Randstad, société cotée sur Euronext Amsterdam), dont il devient président-directeur général de la filiale française en 2002 puis président de la zone Europe du Sud en 2006. En 2007, il rejoint le groupe Geoservices (vendu à Schlumberger en 2010), société technologique du secteur pétrolier et en LBO, d’abord en tant que directeur général délégué puis en tant que Président-Directeur général.

Après son parcours chez Altran, Philippe Salle dirigera pendant deux ans le groupe Elior, un des leaders mondiaux de la restauration et des services, jusqu’en décembre 2017. Il était dernièrement le directeur général d’Emeria (société sous LBO), premier fournisseur mondial de services et de technologies dans le domaine de l’immobilier.

Philippe Salle est également président du conseil d’administration de Viridien (anciennement CGG) depuis le 26 avril 2018, et membre du conseil d’administration de la Banque Transatlantique depuis 2010.

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