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Le sauvetage d’Atos franchit une étape décisive / Le groupe espère le retour des clients dans un contexte difficile

Avec la validation de son plan de sauvegarde par le Tribunal de commerce de Nanterre, Atos espère tourner la page sur ses difficultés financières. La poursuite de la dégradation de son activité et la chute des prises de commandes mettent toutefois en lumière les obstacles qui demeurent sur le chemin de sa relance. Il faut espérer que le "changement de perception positif" observé chez les clients par Jean Pierre Mustier, le directeur général d’Atos, se concrétise rapidement.
Le Tribunal de commerce a validé le plan de sauvegarde accéléré d'Atos - Photo by Ludovic MARIN / AFP
Le Tribunal de commerce a validé le plan de sauvegarde accéléré d'Atos - Photo by Ludovic MARIN / AFP

Le troisième trimestre 2024 d’Atos marquera-t-il l’apogée des difficultés d’Atos ? Officiellement, l’entreprise est désormais sauvée. Le Tribunal de commerce spécialisé de Nanterre a validé le plan de sauvegarde accélérée présenté lors de l’audience du 15 octobre 2024.

Par conséquent, l’ensemble des opérations de la restructuration financière prévues par le plan et visant à remettre à flot financièrement le groupe désormais dirigé par Philippe Salle, vont pouvoir être exécutées rapidement.

Entre novembre 2024 et janvier 2025 au plus tard, Atos verra 2,9 milliards d’euros de dettes convertis en capital. En parallèle, les créanciers fourniront entre 1,5 et 1,675 milliard d’euros de nouveaux financements privilégiés qui constitueront de la nouvelle dette (new money debt).

Le groupe de services informatique devrait aussi lever de nouveaux fonds propres (new money equity) en fonction de sa capacité à convaincre ses actionnaires de participer à l’augmentation de capital prévue avec maintien du droit préférentiel de souscription (DPS) d’un montant de 233 millions d’euros. Dans tous les cas, l’opération est garantie à 175 millions d’euros par les créanciers.

 

Un book to bill de 66 %

 

Atos va ainsi troquer une partie de sa dette, colossale, de 4,6 milliards d’euros au 30 septembre, mais qui avait l’avantage d’avoir été contractée en période de taux bas, contre une dette de 3,4 milliards d’euros à taux singulièrement plus élevés. Car les anciennes obligations ("old money") non converties en capital vont désormais lui coûter 9 % par an tandis que la new money debt a été octroyée à des taux que l’on peut qualifier d’usuraires (allant jusqu’à 13 %). Si les échéances sont plus lointaines, Atos devra assurer un service de la dette plus onéreux.

La question sera donc de savoir si cet assainissement financier sera suffisant pour retrouver une notation solide auprès de l’agence S & P, nécessaire pour retrouver la confiance des clients.

Sans surprise, les chiffres d’activités publiés jeudi traduisent une nouvelle dégradation. Sur les trois mois de juillet à septembre, Atos a réalisé un chiffre d’affaires de 2,31 milliards d’euros, contre 2,58 milliards d’euros au troisième trimestre de 2023, soit une baisse de 4,4 % hors effets de périmètre et de change. C’est toutefois un petit peu mieux que les 2,28 milliards d’euros attendus par le consensus.

Si Eviden, la branche qui regroupe les activités dans le cloud, la cybersécurité, les supercalculateurs et l’informatique quantique, signe une performance conforme aux anticipations, "la bonne surprise vient une nouvelle fois Tech Foundations", la branche d’infogérance, notent les analystes d’Invest Securities.

Indicateur particulièrement suivi, les prises de commandes ont chuté de 30 %, à 1,53 milliard d’euros. Le ratio de prise de commandes sur chiffres d’affaires (le book to bill) du groupe est tombé 66 % au troisième trimestre 2024, poursuivant sa baisse après avoir déjà reculé à 73 % au premier semestre. Pour l’expliquer, le groupe invoque "le ralentissement des conditions de marché et les reports dans l’attribution de contrats, les clients attendant la finalisation du plan de refinancement". L’exécution de celui-ci étant désormais certaine, l’entreprise veut croire en une amélioration rapide.

 

Changement de perception

 

Avec notre restructuration financière et notre nouvelle gouvernance en place, Atos peut se concentrer en toute confiance sur son redressement industriel et sa croissance", a souligné Jean Pierre Mustier, le directeur général d’Atos. A cet égard, le dirigeant indique "constat [er] un changement de perception positif chez nos clients, qui ont pris note de notre restructuration, et cherchent à reprendre une interaction normalisée avec nous". Il faut le souhaiter, car le groupe a confirmé son objectif pour 2024 d’un chiffre d’affaires de 9,7 milliards d’euros, en recul d’environ 4 % sur un an en données organiques avec une marge opérationnelle d’environ 238 millions. Ce qui n’est pas gagné d’avance, alors que la reprise de la croissance du secteur IT & Engineering Services est mise à mal par un contexte macroéconomique toujours mitigé, doublé en France d’un risque fiscal lié à la situation politique.

Pour la suite, rappelons qu’Atos vise dans son plan d’affaires pour 2027 un chiffre d’affaires de 10,6 milliards d’euros, et une marge opérationnelle de 9,4 %, qui serait la plus élevée jamais réalisée depuis deux décennies. Y parvenir ne sera pas non plus une mince affaire.

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