Macro-économie / Taux / OCDE / agriculture / Investissements
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OCDE / agriculture / Investissements
L’agriculture est toujours largement soutenue par les gouvernements / Les prix élevés font pourtant qu’il est moins nécessaire d’aider le secteur
La hausse des cours n’arrive qu’à diminuer partiellement les subsides au monde agricole. L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) vient de publier les statistiques portant sur le soutien au secteur agricole, dans 54 pays dont ses 38 membres, on y observe un effet réel du renchérissement des prix mondiaux des différents produits de base.
L’institution argue en effet que ce phénomène a "fait diminuer le soutien des prix de marché (SPM) de 28 milliards de dollars ou 8 % entre 2021 et 2023, tandis que le soutien budgétaire baissait dans le même temps de 30 milliards de dollars". Un mouvement qui aurait pu être plus fort, puisqu'il s’avère qu’il existe encore bien des mesures prises afin de "protéger les consommateurs lorsque les prix sur les marchés internationaux sont élevés ou pour générer des recettes douanières pour le compte de l’État", ce qui in fine aboutit à des distorsions sur les différents marchés.
Nouvelles têtes
Le panorama dressé par l’OCDE laisse entrevoir un changement radical dans le peloton de tête du soutien au monde agricole, par rapport au début du siècle. Sur la période allant de 2021 à 2023, il s’avère que "près des quatre cinquièmes du soutien positif total apporté à l’agriculture l’ont été dans quatre grandes économies, à savoir la République populaire de Chine (ci-après la Chine) (37 %), les États-Unis (15 %), l’Inde (14 %) et l’Union européenne (13 %)". Il y a quelques années la situation était drastiquement différente avec "l’Union européenne, les États-Unis et le Japon [qui] représentaient alors 26 %, 20 % et 16 %, respectivement, de ce soutien, tandis que la part cumulée de la Chine et de l’Inde n’atteignait pas 15 %".
Autre nouvelle donne, les investissements consacrés à la recherche et l’innovation agricoles augmentent proportionnellement moins que la valeur de la production ne le fait. Les sommes allouées sont ainsi passées de 0.9 % à 0.5 % rapportée à cet agrégat. Difficile de ne pas lier ce constat à celui de "gains de productivité [qui] s’amenuisent, voire sont devenus inexistants, dans bien des régions".
Le remède est pourtant tout indiqué aux yeux de l’institution puisque "pour de nombreux pays, accélérer le rythme de l’innovation est le principal moyen à la disposition des pouvoirs publics pour relancer la croissance de la productivité tout en réduisant au minimum les externalités négatives". Pourtant pour l’heure, le manque de ressources à allouer fait que la part des dépenses en faveur des systèmes d’innovation agricole dans l’estimation du soutien aux services d’intérêt général est très inégale suivant les pays considérés. La proportion qui y est allouée est de l’ordre de 32 % dans la zone OCDE, là où elle n’est que de 15 % dans les économies émergentes. L’appétit de ces dernières pour les infrastructures explique le changement de priorité depuis 2013, où la part était alors de 26%.
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