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Macro-économie / Taux
Stéphane Séjourné / commission européenne
Commission européenne : baptême du feu pour Stéphane Séjourné / Il présente son plan pour l’industrie du Vieux continent
"La politique industrielle et la politique de compétitivité ne peuvent pas juste être une juxtaposition de plans de crise". Auditionné par les députés du Parlement européen dans le cadre de sa nomination en qualité de vice-président exécutif de la Commission européenne, chargé de la prospérité et de la stratégie industrielle, Stéphane Séjourné était attendu au tournant.
"La politique industrielle que je souhaite mener s’articule autour de trois mots d’ordre ", a déclaré l’ancien ministre des Affaires étrangères de la France. "Ce mandat sera d’abord celui de la simplification ", a-t-il lancé, expliquant que pour grandir et créer de la valeur, les entreprises doivent voir leur quotidien être simplifié. "Je proposerai au collège des commissaires un passeport PME car je ne veux plus que sur notre continent nos entreprises perdent un temps précieux à devoir prouver leur statut juridique", a-t-il indiqué, souhaitant débureaucratiser sans déréguler.
Par ailleurs, alors que Mario Draghi, ancien président de la Banque centrale européenne (BCE), a chiffré à plus de 800 milliards d’euros supplémentaires annuels les investissements nécessaires pour que l’Union européenne atteigne ses objectifs en matière de transition écologique et numérique et de dépenses de défense, Stéphane Séjourné souhaite "investir toujours plus intelligemment".
"Il faut des investissements privés, donc une union de l’épargne et de l’investissement ; les pépites de la tech quittent trop souvent l’Europe car elles ne parviennent pas à lever suffisamment de fonds pour soutenir leur croissance, ce sont autant d’emplois perdus et de brevets ainsi que d’innovations loin de nous", a-t-il expliqué, indiquant qu’il fallait aussi faire appel à l’investissement public. Un sujet qui est souvent revenu dans les questions des députés européens.
"Il faut créer une force d’entraînement dans l’économie réelle, le prochain budget européen 2028-2034 sera d’ailleurs l’occasion de créer un fonds européen pour la compétitivité, il devra être ciblé, simple, flexible", a-t-il souligné. La mise sur pied de ce fonds est l’une des missions qu’Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, a personnellement confiées à Stéphane Séjourné.
Enfin, "cette commission sera géostratégique", a-t-il jugé. "Je suis de ceux qui croient encore que le commerce est une chance pour l’Europe, cela étant dit nous vivons dans un monde toujours plus polarisé dans lequel la politique commerciale traditionnelle n’est plus adaptée", a-t-il prévenu, souhaitant trouver un équilibre entre une approche offensive, en vue de sécuriser les approvisionnements, et défensive, pour se protéger contre les subventions étrangères. "Il faudra continuer à développer une cartographie des technologies critiques et les accompagner d’un indicateur de dépendance", a-t-il souligné.
Quelles sont les prochaines étapes pour le candidat français ? Les présidents et les coordinateurs des groupes politiques des commissions parlementaires se réunissent après l’audition pour évaluer ses performances et ses qualifications. Sur la base des recommandations des commissions, la conférence des présidents (la présidente du Parlement Roberta Metsola, et des présidents des groupes politiques) procédera à l’évaluation finale et déclarera les auditions closes le 21 novembre. Une fois les auditions déclarées closes par la Conférence des présidents, les lettres d’évaluation seront publiées.
L’approbation par les députés de l’ensemble du collège des commissaires (à la majorité des suffrages exprimés, par appel nominal) est actuellement prévue lors de la session plénière du 25 au 28 novembre à Strasbourg.
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