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Droit des sociétés

Droit des sociétés

exclusif Guillaume Kuperfils, la mémoire du private equity en France / Le patron de la pratique Corporate et Securities de Mayer Brown à Paris œuvre aussi dans l’ombre du football français

EXCLUSIF. Si l’associé au cabinet Mayer Brown est à l’œuvre sur certains des plus beaux deals de la place de Paris, il a aussi la particularité d’avoir évolué dans son métier d’avocat d’affaires en même temps que le private equity en France. Une expertise qu’il a perfectionnée d’abord chez auprès de Jean Veil, avant de développer la pratique au sein de la firme américaine, qui lui a offert la possibilité d’étendre l’accompagnement de ses clients à l’international. Un conseil qu’il met aussi, depuis 15 ans, au service des plus grands clubs de football du pays. Portrait.
Guillaume Kuperfils (Mayer Brown)
Guillaume Kuperfils (Mayer Brown)

Le 1er janvier prochain, le département Corporate & Securities de Mayer Brown à Paris va changer de dimension. Composé aujourd’hui de 18 avocats et piloté par l’associé Guillaume Kuperfils, il va en effet accueillir une partie du cabinet Ayache, si bien que le département va doubler de taille et compter 38 avocats. Objectif : faire du bureau parisien de la firme américaine un incontournable dans les domaines du M&A, du private equity et du financement.

 

Etre (encore plus) une référence 

 

"Le rapprochement de nos équipes en M&A et Private equity, toutes deux incontournables sur leurs marchés respectifs, constituera une combinaison unique de compétences et de talents permettant d’offrir à nos clients un savoir-faire de tout premier plan sur tout le spectre de nos activités. Notre complémentarité sera un atout majeur face aux nombreux défis d’un environnement économique et juridique en constante évolution ", se félicite Guillaume Kuperfils, dans un entretien accordé à WanSquare et dont l’équipe actuelle composée d’Olivier Aubouin, Hadrien Schlumberger et Ségolène Dufétel, sera renforcée par l’arrivée de quatre autres associés, Olivier Tordjman, Bernard Ayache, Grégoire Zeitoun et Gwenaëlle de Kerviler.

De fait, si cet avocat de 63 ans, qui fut entre 2016 et 2022 membre du Partnership Board de Mayer Brown au niveau mondial, conseille depuis plusieurs années Mediawan (dans le cadre, par exemple, de l'arrivée de KKR en 2020, du rachat de Lagardère Studios et de Leonine Studios ou encore très récemment, du rapprochement avec Plan B, dont les actionnaires sont Brad Pitt et Jeremy Kleiner), mais aussi très régulièrement une quinzaine de fonds comme ICG (associé à la famille Zouari à l’occasion de l’investissement dans Picard Surgelés ou dans le cadre de la cession à PAI Partners de la participation dans Infra Group), Sagard (acquisition de Primelus, restructuration de sa participation dans Ceva Santé Animale) ou encore de grands groupes tels que Pernod Ricard (cession du whisky Clan Campbell à Stock Spirits Group, etc), Guillaume Kuperfils a connu les prémices du private equity en France.

 

De la génération du private equity artisanal

 

C’est chez Gide Loyrette Nouel qu’il a débuté sa carrière, en 1986, et plus précisément dans le cadre de son pré-stage d’avocat. "J’ai été affecté à la salle de réunion attenante de Jean Loyrette. Le premier dossier sur lequel j’ai eu la chance de travailler était emblématique : la faillite du sidérurgiste Creusot-Loire", relate-t-il à WanSquare.

Deux ans plus tard, Jean Veil, qui venait de fonder Veil & Associés (devenu plus tard Veil Jourde) après avoir été lui aussi formé chez Gide, lui propose de le rejoindre. Guillaume Kuperfils passera alors quinze années au sein du cabinet français. C’est là qu’il fera ses premiers pas dans le private equity tout en assistant à de grandes opérations, comme le rapprochement entre Elf et Total, mais aussi l’affaire Tapie, dossier phare du cabinet dans les années 1990. "C’est aussi à cette époque que j’ai commencé à conseiller Eurazeo (alors Azeo avant le rapprochement avec Eurafrance) que nous avons accompagné sur leur premier LBO, sur Fraikin, et qui me fera de nouveau confiance quelques années plus tard chez Mayer Brown sur le rachat d’Elis en 2007, en pleine crise financière, alors qu’il fallait mettre en place une dette de plus d’un milliard d’euros ", souligne Guillaume Kuperfils, estimant avoir la chance d’être d’une génération qui a connu le private equity à ses débuts, très artisanal, bien avant que le marché ne se structure en une véritable classe d’actifs en France. "C’étaient les débuts d’ABN Amro, de Barclays Private equity, à une époque où les banques consolidaient encore l’activité sur leur bilan ", complète-t-il.

 

L’exemple de Jean Veil

 

A son arrivée au sein de la firme américaine Mayer Brown en 2006, Guillaume Kuperfils ne souffrira néanmoins pas d’un choc culturel. "Il m’a été difficile de quitter Veil Jourde d’un point de vue affectif car j’y ai passé quinze magnifiques années, au cours desquelles j’ai beaucoup appris aux côtés de Jean Veil. Un avocat exceptionnel qui m’a inculqué le souci permanent de répondre à tous les besoins d’un client, à la fois sur les aspects techniques d’un dossier mais également les conditions d’une confiance mutuelle, garantie d’une relation à long terme. Avec lui, j’ai vu ce qu’était un avocat qui assume pleinement la défense de ses clients. Il est de ces figures du barreau qui ont une très forte personnalité et qui définissent la profession d’avocat", estime Guillaume Kuperfils, expliquant cependant que son départ correspondait également au virage pris par le cabinet vers le droit pénal des affaires. "De mon côté, j’avais besoin d’un environnement plus international afin de me spécialiser dans les LBO. Mayer Brown a donc donné un coup d’accélérateur à mon parcours professionnel car le bureau de Paris possède également une pratique fiscale incomparable et une autre, de même qualité, dédiée au financement, ce qui m’a permis de développer fortement mon activité auprès des fonds de private equity, mais aussi auprès d’une clientèle plus corporate que la plateforme Mayer Brown m’a permis de suivre sur le plan international ", souligne-t-il.

 

L’aventure PSG

 

Mais Guillaume Kuperfils n’est plus seulement reconnu aujourd’hui uniquement pour ses talents en private equity. Il a aussi, depuis 15 ans, acquis une notoriété certaine dans le milieu du football.

En 2005, Sébastien Bazin, alors à la tête de la branche Europe de Colony Capital qu’il conseille (et encore aujourd’hui pour certains sujets chez Accor, dont récemment le rachat du Lido auprès de Sodexo) lui glisse à l’oreille qu’il s’intéresse à la vente du Paris Saint-Germain par Canal +. "Nous adorions le football lui et moi, et je crois lui avoir répondu que je pourrais même traiter ce dossier gratuitement. Il a eu l’élégance de ne pas me rappeler ce moment d’égarement lorsque notre cabinet a adressé sa facture à Colony quelques mois plus tard ", plaisante Guillaume Kuperfils.

Le rachat bouclé, Sébastien Bazin lui propose alors d’entrer au conseil d’administration du club comme administrateur. "Je n’ai pas hésité une seule seconde malgré les conseils avisés de ceux qui me disaient que je pourrais vite regretter cette décision", sourit l’avocat.

Une aventure qui durera 5 ans jusqu’au rachat du PSG (opération qu’il conseillera) par QSI (Qatar Sport Investment), représenté alors en France uniquement par Nasser Al-Khelaïfi. "Ce deal fut passionnant, les clubs de football ont cette particularité d’être des PME avec la notoriété d’une multinationale", constate Guillaume Kuperfils qui découvrira toutefois un milieu aussi difficile. "Les chefs d’entreprise qui investissent dans le football n’ont que des ennemis : les entraîneurs qui réclament plus de joueurs, les joueurs qui souhaitent plus d’argent ou prolonger leur contrat, les agents qui veulent que leurs joueurs changent de club et les supporters qui détestent les dirigeants du club considérant qu’ils n’investissent pas assez. Ce milieu est assez fascinant quand l’on vient du monde du private equity où l’enjeu est justement d’aligner l’ensemble des parties sur un projet ", nous fait-il remarquer.

 

Au cœur des grands deals du football français

 

Un constat qui ne l’empêchera pas de réaliser quelques belles opérations, comme dernièrement avec Pierre-Antoine Capton et sa société d’investissement PAC Invest, aux côtés de Coalition Capital, le family office de Kylian Mbappé, pour leur entrée au capital du Stade Malherbe de Caen (où Guillaume Kuperfils a aussi siégé au conseil d’administration du club).

C’est aussi lui qui s’est chargé de la vente de l’AS Saint-Etienne au canadien Kilmer Sports Ventures. Il a également noué une belle relation avec l’ancien patron de l’Olympique Lyonnais, Jean-Michel Aulas. "Travailler sur ces opérations m’a permis de connaître un milieu qui me passionnait déjà en tant qu’amoureux du football. J’ai aussi découvert des personnalités passionnées et extrêmement attachantes ", nous confie celui qui ne se lasse toujours pas de son métier, tant il peut l’exercer de mille manières différentes.

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