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Atos entame le démantèlement de sa branche stratégique BDS / Première étape avec la vente potentielle des supercalculateurs à l’État

Atos fait le pari d’une cession par étapes pour maximiser la valeur de sa branche stratégique BDS (big data & security). Le groupe vient d'engager des négociations exclusives avec l’État sur la vente de ses activités "Advanced Computing", qui conçoit et fabrique des serveurs de haute performance ainsi que des supercalculateurs. Une avancée notable qui n’atténuera cependant pas la dilution imminente et massive des actionnaires.

Entre une vente globale, rapide mais à un prix potentiellement insatisfaisant, et une cession par morceaux, plus longue et incertaine, dans l’espoir d’une meilleure valorisation finale, Atos a tranché. Après s’être récemment délesté de Worldgrid, sa division de pilotage de centrales nucléaires, cédée au groupe Alten, le groupe informatique est en passe d’enregistrer une avancée importante dans son programme de cessions d’actifs. Restées bloquées début octobre, faute d’accord sur un prix satisfaisant les deux parties, les négociations avec l’Etat sur la vente des activités stratégiques viennent de reprendre, mais le périmètre sur lequel elles portent s’est réduit.

On se souvient que Bruno Le Maire, alors ministre de l’Economie, avait proposé 700 millions d’euros en juin dernier pour racheter ces activités représentant une large partie du pôle "big data" et sécurité (BDS) du groupe informatique. Précisément, Bercy souhaitait acquérir les activités "Advanced Computing" où sont logés les supercalculateurs, la division "Mission-Critical Systems" (MCS) qui intègre notamment les communications des avions Rafale, ainsi que la branche de produits et services cybersécurité ("Cybersecurity Products").

 

Une valorisation comprise entre 500 et 625 millions d'euros

 

Désormais, il n’est plus question – dans un premier temps du moins - que de la vente des activités "Advanced Computing", pour une valeur d’entreprise comprise entre 500 millions d’euros et pouvant aller jusqu’à 625 millions d’euros en incluant des compléments de prix. Ces activités, qui englobent des segments stratégiques comme le calcul haute performance (HPC), l’informatique quantique, le Business Computing et l’intelligence artificielle, ont généré un chiffre d’affaires de 570 millions d’euros en 2023.

Du côté des créanciers d’Atos, le choix a été fait de vendre chaque partie isolément afin d’obtenir une meilleure valorisation de l’ensemble, malgré l’inconvénient de faire s’étirer dans le temps tout le processus. Car l’offre reçue de l’État français prévoit une période d’exclusivité jusqu’au 31 mai 2025. D’ici là, la lourde restructuration financière prévue dans le cadre du plan de sauvegarde accélérée aura donc été menée à bien, la réalisation de l’ensemble des opérations devant s’achever à la toute fin de 2024 ou au début janvier 2025.

Et c’est donc seulement ensuite, en cas d’accord entre les deux parties, qu’Atos s’engagerait à lancer un processus de cession organisée pour ses activités Cybersecurity Products et Mission Critical Systems, lesquelles ont généré un chiffre d’affaires d’environ 340 millions d’euros en 2023. "Leur cession sera menée par Atos dans le cadre d'un processus distinct et sur la base d'une liste d'acquéreurs possibles agréés par l'Etat", a précisé Bercy. Cette phase pourrait ainsi voir le retour du groupe de défense Thales, qui avait par le passé exprimé son intérêt pour la branche 'Mission-Critical Systems'.

 

L'augmentation de capital prolongée

 

Reste à savoir si le jeu en vaut la chandelle. Il n’est " pas sûr que cette vente à la découpe de BDS permette de récupérer bien davantage" que les 700 millions d’euros précédemment offerts par la puissance publique, estiment ainsi les analystes d’Invest Securities.

Sur la question du calendrier d’autre part, il serait quand même, a priori, dans l’intérêt de l’entreprise d’aller relativement vite pour rembourser, si possible, le financement intérimaire de 800 millions d’euros octroyé par ses créanciers à des taux très élevés. À cet égard, l’annonce qu’un premier versement de 150 millions d’euros serait déclenché par un accord sur la vente des activités "Advanced Computing" constitue un pas dans la bonne direction, sans répondre totalement à l’enjeu.

L’annonce des négociations autour des activités "Advanced Computing" tombe en tout cas à point nommé pour soutenir le cours de l’action Atos, alors même que le groupe se trouve en pleine augmentation de capital. Alors qu’elle devait s’achever ce lundi 25 novembre, la période de souscription à cette opération qui vise à lever 233 millions d’euros, " sera prolongée", a indiqué le groupe. L’action Atos s’envolait en effet lundi de 90% à plus de 29 centimes. Une hausse qui ne doit pas occulter la dilution massive à venir, le nombre d’actions étant sur le point d’être multiplié par 2000. Pour les actionnaires qui ne l'ont pas déjà fait, ce rebond pourrait même constituer une ultime occasion de sortir.

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