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Suez tourne la page Sabrina Soussan / Meridiam en première ligne pour accompagner la transition
Le nouveau Suez né en 2022 de la scission et de la revente de certaines activités du groupe Suez historique, dans le cadre du rachat de celui-ci par Veolia, s’apprête à ouvrir un nouveau chapitre de sa courte existence. Sabrina Soussan, qui en tenait les commandes depuis le début, quittera l’entreprise le 31 janvier prochain.
Le communiqué ne fait nulle allusion aux rumeurs persistantes sur des tensions internes et des désaccords stratégiques qui fragilisaient sa fonction depuis plusieurs semaines. "J’ai décidé après trois années intenses et le sentiment du devoir accompli de me consacrer à d’autres projets que j’annoncerai le moment venu", y déclare la présidente directrice de Suez à l’occasion de l’annonce de son départ.
Les remerciements sont de rigueur également du côté de Thierry Déau, le président du comité des nominations et rémunérations de Suez, et du conseil d’administration, chacun remerciant "chaleureusement Sabrina Soussan pour sa précieuse contribution et l’excellent travail de reconstruction, de structuration et de développement du groupe depuis trois ans."
De fait, l’activité de Suez a connu une forte expansion, en grande partie sous l’effet des acquisitions. De 6,8 milliards d’euros en 2022, le chiffre d’affaires a bondi de 30% pour atteindre 8,9 milliards d’euros en 2023, avec une croissance organique de 3 %. La dynamique (organique) s’est poursuivie au premier semestre 2024, où le chiffre d’affaires s’est établi à 4,55 milliards d’euros, en progression de 4,1 %. En parallèle, le groupe a remporté plusieurs contrats majeurs. Parmi les plus récents figurent la gestion des déchets de Lyon et La Rochelle, le renouvellement d’un contrat de plus d’un milliard d’euros avec l’Autorité du Grand Manchester, ainsi que le contrat de collecte des déchets de Toulouse, estimé à 1,4 milliard d’euros. Par ailleurs, Suez a déjà atteint son objectif initialement fixé pour 2027 : réaliser 40 % de son chiffre d’affaires à l’international.
Le tableau apparaît un peu moins convaincant du côté des résultats notamment au regard de la promesse initiale de faire croître la rentabilité plus vite que l'activité : l’excédent brut d’exploitation (Ebitda) est passé de 1,1 milliard d’euros en 2022 à 1,4 milliard d’euros en 2023, soit une hausse de 25%, mais il a reculé de 1% en organique. Il s’est élevé à 733 millions d’euros au premier semestre 2024, contre 632 millions d’euros un an plus tôt.
Dans le même temps, la dette nette a continué de progresser, atteignant 5,3 milliards d’euros à fin juin 2024, contre 5,2 milliards d'euros à fin 2023, et 4,6 milliards d’euros fin 2022. Une évolution que le groupe justifie par les compléments et ajustements de prix (de l’ordre de 400 millions d’euros) en lien avec l’acquisition en 2022 des activités du nouveau périmètre de Suez, et des opérations de croissance externe en accord avec sa stratégie.
Toutefois, les critiques adressées à Sabrina Soussan portaient moins sur ces indicateurs financiers que sur sa communication et ses relations avec les actionnaires. Selon plusieurs sources, les échanges avec les principaux investisseurs, notamment Meridiam, étaient devenus tendus, et le dialogue s’était considérablement dégradé.
C'est d'ailleurs Thierry Déau, fondateur de Meridiam et actionnaire de référence avec 39% des parts, qui prendra la présidence du conseil d'administration dès le 1er janvier 2025. Quant à la succession au poste de directeur général, elle fera l’objet d’un processus de sélection qui a été immédiatement engagé.
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