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Dirigeants, gouvernance / ACEA / PPE / CAFE

Dirigeants, gouvernance
ACEA / PPE / CAFE

Le président de Mercedes-Benz succède à Luca de Meo à la tête de l’ACEA / La voix des grands constructeurs automobiles a marqué un point au Parlement européen

Le lobby des grands constructeurs européens, dans le cadre de sa présidence tournante, a décidé d’installer Ola Källenius à ce poste. Il prendra ainsi le relais du dirigeant de Renault. Un mandat qu’il promet de mettre à profit pour améliorer les conditions réglementaires de son industrie. Et alors que l’association milite pour un aménagement de sanctions financières relatives au durcissement de la norme CAFE en 2025, le Parti populaire européen a adopté la semaine dernière un document de position allant en ce sens.
 Ola Källenius, crédits : ACEA
 Ola Källenius, crédits : ACEA

L’association des constructeurs automobiles européens (ACEA) change de président. Alors que le directeur général de Renault, Luca de Meo, occupait ces fonctions depuis deux ans, le président du conseil d’administration de Mercedes-Benz Ola Källenius vient d’être élu à ce poste, dans lequel il s’installera en début d’année prochaine. Pour mémoire, le président de l’ACEA est élu pour un mandat d’un an, renouvelable une fois, parmi les présidents et directeurs de ses sociétés membres.

Pour l’heure, elles sont au nombre de 14. En leur sein figurent donc, entre autres, Mercedes-Benz et Renault, ou encore BMW, Volkswagen, Ferrari et Volvo. Autant d’entreprises qui seront bientôt accompagnées de Stellantis, puisqu’à l’occasion de cette annonce, le lobby faisait savoir qu’il approuvait par la même occasion la demande d’adhésion du groupe franco-italo-américain, formulée la semaine dernière. Il les rejoindra ainsi le 1er janvier prochain, alors qu’il avait quitté l’association en 2022 sous l’impulsion de Carlos Tavares. Ola Källenus est un pur produit du groupe qu’il préside depuis 2019. Il a rejoint ses rangs en 1993 en tant que stagiaire, avant d’y gravir progressivement les échelons. "Durant ma présidence, l’ACEA se concentrera sur l’amélioration des conditions réglementaires dans le but de renforcer notre avantage concurrentiel à l’ère du numérique et de l’électrique", a assuré le président de Mercedes-Benz.

Il faut dire, effectivement, que l’industrie automobile européenne traverse une mauvaise passe. Les avertissements sur les résultats se sont enchaînés dans le secteur ces derniers mois, sur fond d’une demande en berne, d’une concurrence internationale féroce et d’une transition électrique à marche forcée, appelant à des investissements d’envergure et ceci alors que ces véhicules peinent pour l’instant à trouver leur public. Mais pas le choix. En 2035, il devrait être interdit en Europe de produire des moteurs thermiques.

 

Premier compte à rebours

 

Autre échéance à venir : le durcissement de la norme européenne Corporate Average Fuel Economy (CAFE) à compter de janvier 2025, qui réduira le seuil moyen d’émissions de CO2 sur l’ensemble des véhicules neufs vendus. "En janvier 2025, sur 100 voitures vendues en Europe, nous aurons à vendre 21 % de véhicules électriques. Ce matin, nous étions à 12 %", illustrait il y a un mois le directeur pour l’Europe élargie de Stellantis, Jean-Philippe Imparato, dans le cadre d’une audition devant la Commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale.

En cas de manquement, les constructeurs encourront des sanctions financières. "Nous sommes leaders en France et à l’échelle européenne sur l’utilitaire, avec des taux de pénétration respectifs de 27 % et 28 %. […] Nous avons un effet de neuf points de mix en plus à fournir pour cent ventes… et un point de mix nous coûtera 300 millions d’euros, en termes de malus et d’amendes de la part de la communauté européenne", avait poursuivi Jean-Philippe Imparato, soulignant néanmoins que son groupe s’organiserait pour être capable de ne pas payer.

Car Stellantis a eu l’habitude de faire cavalier seul sur ce sujet. À l’inverse de ses homologues, le groupe a souvent appelé à la nécessité d’assurer une stabilité réglementaire. Rien ne dit son adhésion à l’ACEA s’accompagnera d’un changement de position, l’entreprise ayant plus simplement indiqué, une semaine après le départ de Carlos Tavares de sa direction générale, vouloir rejoindre le lobby pour travailler "en synergie" avec ses pairs et les différentes parties prenantes.

 

Un nouvel allié

 

Reste que l’association a, de son côté, plusieurs fois appelé à un aménagement des sanctions qui leur seront imposées à compter de janvier prochain. Une requête qui semble bien avoir eu de l’écho du côté du Parti Populaire européen (PPE) qui a adopté la semaine dernière un document de position visant à garantir la compétitivité de l’industrie automobile européenne. De nombreuses propositions figurent dans le texte, dont celles d’éviter ces dites pénalités. "Le marché des ventes de voitures électriques ne se développe pas comme prévu. Les chiffres de vente sont inférieurs aux attentes et les constructeurs risquent de ne pas atteindre leur objectif de réduction des émissions pour 2025, ce qui se traduirait par des amendes potentielles se chiffrant en milliards", explique le groupe de centre-droit.

"La Commission devrait procéder à une analyse de la situation actuelle et de l’évolution attendue lors de la révision de 2025, puis décider des mesures nécessaires pour maintenir la compétitivité des fabricants d’équipements d’origine (OEM)", poursuit-il. Des mesures d’allègement temporaires qui pourraient inclure l’autorisation de la mise en réserve et de la comptabilisation d’une partie des ventes, l’évaluation de la conformité sur une base moyenne triennale, ou encore l’ajustement de la méthode de calcul des sanctions, pour prendre en compte les voitures produites et pas uniquement les voitures immatriculées. "Toutes ces mesures devraient tenir compte des efforts et des investissements déjà consentis par les entreprises et éviter ainsi les poursuites judiciaires. Si les pénalités sont inévitables, elles doivent être réinvesties dans le secteur automobile européen à des fins spécifiques (par exemple pour le déploiement des infrastructures, les systèmes d’incitation, la numérisation) plutôt que dans le budget général de l’UE", ajoute le document du PPE.

Il faudra donc attendre de voir si la Commission européenne prendra cette demande en compte. De son côté, l’ACEA s’est forcément félicitée de cette proposition du PPE, tout en pressant l’Europe de prendre position à ce sujet. "[…] L’industrie est à court de temps pour les coûts de mise en conformité d’ici 2025 – ce n’est pas une exagération. Les constructeurs décident aujourd’hui s’ils doivent "geler" les fonds destinés aux pénalités, réduire la production ou acheter des crédits à des constructeurs étrangers pour se conformer. Ces décisions sont irréversibles et doivent être prises avant la fin de l’année", a réagi Sigrid de Vries, la directrice générale de l’ACEA.

 

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