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Marché automobile : la France soutient l’Europe
Les primes à l’achat de véhicules accordées récemment par le gouvernement français portent leurs fruits : la reprise des immatriculations dans l’Hexagone a permis d’amortir la baisse du marché automobile de l’Union européenne (UE) au mois de juin.
Selon les statistiques de l’Association des constructeurs européens d’automobiles (ACEA), la France est le seul marché qui affiche une progression, même si celle-ci est modeste : avec une hausse de 1,2% par rapport à juin 2019, les immatriculations de véhicules particuliers neufs ont atteint 233.814 unités. Selon l’ACEA, il faut y voir l’effet "des nouvelles mesures pour stimuler les ventes de véhicules à faibles émissions introduites début juin par le gouvernement". Le gouvernement a élargi ses aides aux achats de véhicules hybrides rechargeables et surtout instauré une prime à la casse pour la mise au rebut de véhicules âgés, qui a fait venir de nombreux clients en concessions. Mais il faut aussi rappeler que le mois de juin comptait cette année deux jours ouvrés de plus qu’en 2019 : après retraitement, le marché chute de 8,4%.
Ce léger rebond fait de la France le premier marché européen le mois dernier, devant l’Allemagne – un événement rare. Et pour cause : dans le même temps, les immatriculations ont reculé de 32% outre-Rhin (à 220.272 unités), tandis que les autres principaux marchés ont eux aussi connu des baisses supérieures à 20% : -37% pour l’Espagne, -23% pour l’Italie. Le Royaume-Uni, qui n’est plus compté dans les statistiques de l’UE depuis le Brexit, chute, lui, de 35%.
C’est donc grâce à la France que le marché de l’UE n’a reculé "que" de 22,3% en juin, à 949.722 unités. Un taux nettement moins sévère que les trois mois précédents, qui ont connu un effondrement consécutif aux mesures de confinement décidées à travers l’Europe et qui ont provoqué la fermeture des concessions automobiles : -55% en mars, -76% en avril et -52% en mai.
Les quatre mois de baisse consécutifs font évidemment plonger les statistiques du premier semestre : les immatriculations ont chuté de 38%, à moins de 4,3 millions d’unités. L’amélioration par rapport aux cinq premiers mois (-41,5%) est donc très relative. Si le redressement se confirmait à ce rythme, il n’est pas du tout certain que la baisse annuelle atteigne les dernières prévisions de l’Acea (qui table sur -25% environ), ou des agences de notations (entre -25% et -30%). Encore moins dans l’hypothèse de reconfinement d’ampleur sur le continent…
Par constructeur, le français PSA et l’italo-américain FCA, promis à se rapprocher pour former Stellantis (comme ils l’ont annoncé hier soir), réalisent les deux pires performances : leurs immatriculations reculent pour tous les deux de plus de 28%. PSA est plombé par sa filiale allemande Opel, dont les ventes s’effondrent de moitié. Les marques haut de gamme BMW et Daimler et Toyota, doté d’une offre hybride conséquente, limitent la casse. Renault sauve aussi les meubles (-15,7%), mais son partenaire japonais Nissan, qui a longtemps été un contributeur important à ses résultats, continue de tomber (-27,6%).
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