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L'embellie du marché automobile européen pourrait être de courte durée
Un rebond durable ? Le marché automobile européen a connu en août sa première hausse depuis mai de l’année dernière. Sur l’ensemble des cinq principaux marchés que sont le Royaume-Uni, l’Allemagne, la France, l’Espagne et Italie, et qui représentent 70% du marché européen à eux seuls, les immatriculations de voitures neuves ont augmenté en août de 4,5% par rapport au même mois de l’année précédente.
Cette première évolution positive depuis longtemps fait suite aux baisses de 9,1% de juillet, de 16,9% de juin et de 21,9% d’avril pour ne citer que les trois derniers mois. Elle permet de ramener à 12,4% la baisse sur les huit premiers mois de l’année, avec un total de 4 995 187 unités immatriculées.
L'Allemagne frôle les 200 000 immatriculations
En termes géographiques, le marché allemand, le plus gros d’Europe, est logiquement le plus scruté : 199 183 voitures particulières y ont été immatriculées le mois dernier, soit une hausse de 3% par rapport à août 2021, selon l’Office fédéral de l’automobile (KBA). Ainsi, après six mois de recul, le marché allemand des voitures particulières a progressé pour la première fois depuis février par rapport au même mois de l'année précédente. Pour autant, "cette croissance n'est que la conséquence d'un mois de l'année précédente extrêmement faible et d'un jour ouvrable supplémentaire en août 2022", commente l'agence nationale des importateurs automobiles (VDIK). Sur les huit premiers mois de l’année, le marché allemand recule encore de 9,8% par rapport à la même période de l’année précédente.
Avec 91 406 immatriculations en août 2022, le marché français des voitures particulières neuves a progressé pour sa part de 3,79% en données brutes par rapport à août 2021, avec – contrairement au cas allemand – le même nombre de jours ouvrables d’une année sur l’autre, soit 22, selon les derniers chiffres de la Plateforme automobile. Mais la baisse de 13,8% sur huit mois y reste plus prononcée que chez le voisin d'outre-Rhin.
Le marché britannique des voitures neuves a augmenté quant à lui de 1,2% en août, selon les derniers chiffres de la Society of Motor Manufacturers and Traders (SMMT). Cette croissance, bien que marginale, est la première depuis février, avec quelque 68 858 véhicules neufs mis en circulation au cours de ce qui est généralement le deuxième mois le plus calme de l'année, de nombreux acheteurs choisissant d'attendre une "nouvelle" plaque d'immatriculation en septembre. Malgré tout, les volumes du mois d'août 2022 restent les plus faibles pour ce mois (hors août 2021) depuis 2013, les pressions de la chaîne d'approvisionnement continuant de peser sur le marché.
De leur côté, l'Italie et l'Espagne ont enregistré le mois derniers des hausses respectives de leurs immatriculations de 9,9%, à 71 190 unités, et de 9,1%, à 51 907 unités.
Par constructeur, sur l’ensemble des cinq principaux pays, c’est Stellantis qui a le mieux tiré son épingle du jeu, avec une progression de 13,1% de ses immatriculations, permettant à sa part de marché de se hisser à 25,8%, tandis que le leader Volkswagen et ses douze marques ont un peu marqué le pas avec des immatriculations en recul de 4% (part de marché de 26,6%).
Inquiétude pour 2023
Globalement, ce mieux-aller sur les principaux marchés automobiles européens "reflète une base de comparaison plus facile", notent les analystes de la banque suisse UBS, rappelant que "le troisième trimestre 2011 avait été le plus faible de l'année dernière". La question est de savoir si le rebond peut se prolonger. Au vu de l’augmentation de l'offre de semi-conducteurs et du carnet de commandes existant élevé dans les concessions automobiles, UBS anticipe des taux de croissance à deux chiffres à la fois de la production et des ventes en glissement annuel dans les mois à venir.
Néanmoins, la baisse des ventes de -12,4% sur les huit premiers mois par rapport à l'année dernière sur les cinq plus grands marchés européens n’incite pas la banque suisse à l’optimisme quant à ses prévisions pour l'année calendaire. "Notre prévision de volumes stables en glissement annuel pour l'année civile semble trop ambitieuse", juge-t-elle désormais. "Le contexte macroéconomique et le ralentissement des nouvelles commandes suggèrent que la croissance s'essoufflera lorsque le carnet de commandes existant sera épuisé, ce qui suscite des inquiétudes quant aux perspectives pour 2023", prévient UBS.
La tendance devrait en tout cas toujours pouvoir s'appuyer sur l’électrification en cours du parc automobile. Les véhicules électriques ont atteint un part de marché de 20,2% le mois dernier, dont 14,5% pour les véhicules électriques à batterie (BEV) et 5,6% pour les véhicules hybrides rechargeables (PHEV). "Le total des véhicules électrifiés (y compris les véhicules semi-hybrides MHEV et les véhicules électriques hybrides HEV) représente 52% en août", note UBS.
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