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Automobile : les immatriculations tombent au plus bas en Europe

Elles sont tombées à un niveau jamais atteint en février depuis que l’ACEA publie des statistiques. Le marché enregistre son huitième mois de baisse consécutif.
immatriculations automobiles, ACEA
immatriculations automobiles, ACEA

Après une année 2021 qui a douché maints espoirs, 2022 démarre mal pour le secteur automobile. Pour le deuxième mois consécutif, les immatriculations de véhicules particuliers neufs ont reculé en février. Selon les statistiques de l’Association des constructeurs européens d’automobiles (ACEA), elles ont baissé de 5,4% le mois dernier dans les marchés de l’Union européenne (UE), de l’Association européenne de libre-échange (AELE, qui réunit la Suisse, la Norvège, l’Islande et le Liechtenstein) et du Royaume-Uni, pour tomber à 850 033 unités. La désaffection s’est creusée depuis le début de l’année, puisque le marché avait reculé de 2,4% seulement ; il perd 4,2% sur deux mois.

Cela s’explique par une contribution moindre du Royaume-Uni, dont le bond observé en janvier (+28%), grâce notamment à un effet de comparaison très favorable par rapport au début de l’année 2021, s’est quelque peu tassé le mois suivant (+15% tout de même). Une différence qui compte étant donné son poids – le Royaume-Uni est généralement le deuxième marché européen derrière l’Allemagne.

Dans la seule UE, la baisse s’accentue mais assez faiblement : les immatriculations ont reculé de 6,7% en février (à 719 465 unités), après une baisse de 6% en janvier – ce qui donne une évolution négative de 6,4% depuis le 1er janvier. Cette "performance" est particulièrement mauvaise : il s’agit du pire nombre d’immatriculations jamais enregistré dans cette zone depuis que l’ACEA publie ses statistiques, prévient-elle. Le marché recule en outre pour le huitième mois consécutif.

Parmi les quatre principaux marchés de l’UE, la demande espagnole est la plus dynamique et accélère (+6,6% en février et +4,2% sur deux mois), tandis que l’allemande ralentit (+3,2% et +5,6%). La France poursuit sa franche baisse à un rythme un peu moins élevé (-13% et -15,7% depuis le début de l’année), tandis que l’Italie dégringole encore (-22,6% en février et -21,1% sur deux mois). D’autres marchés importants, comme la Pologne et la Belgique, enregistrent également des baisses à deux chiffres.

Après les mesures de confinement pour lutter contre la pandémie en 2020, la demande est restée gelée depuis le début de l’été 2021 par la pénurie mondiale de semi-conducteurs (qui a empêché la mise sur le marché de millions de véhicules et a conduit les clients à se rabattre sur les modèles d’occasions, dont les prix ont par conséquent flambé) et l’augmentation du prix moyen des voitures neuves en raison – d’une part – de la pénurie, mais aussi de l’électrification, qui a renchéri les voitures par rapport aux motorisations essence ou diesel. La flambée du pétrole liée à la guerre en Ukraine a aggravé les choses, faisant cette fois-ci exploser le budget d’une voiture classique.

L’année 2022 promet d’être compliquée. Au moment de publier leurs comptes 2021, les constructeurs et les équipementiers avaient prévenu que les pénuries ne se résorberaient que progressivement (Renault s’attend par exemple à un "manque à produire" de 300 000 véhicules cette année dans le monde). Les tensions militaires en Europe ne vont évidemment rien arranger.

Dans ce contexte plus que morose, les seuls constructeurs significatifs à tirer leur épingle du jeu sont les asiatiques : le coréen Hyundai continue d’afficher l’insolente réussite dont il fait preuve depuis l’année dernière (+21,3% en février avec une part de marché de 9,3% désormais dans l’UE !) et Toyota (+3,1% pour une part de marché de 7,1%). Les marques haut de gamme souffrent moins que les autres (+1,1% pour Mercedes-Benz et -1,5% pour BMW), ce qui leur permet d’accroître leur pénétration sur le marché (+0,5 point à 5,9% et +0,3 point à 6,9% respectivement). Les généralistes sont à la peine : Stellantis (Peugeot, Citroën, Opel, Fiat, Jeep…) souffre le plus (-16,9%), suivi de Ford (-12,1%), Volkswagen (Volkswagen, Skoda, Audi, Seat…), qui baisse de près de 11%, et Renault (Renault, Dacia…), qui perd 5,2%.

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