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VP, immat, industrie automobile, pandémie

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Le marché automobile européen cale pour longtemps

En septembre, les immatriculations en Europe ont fait un bond en arrière de 26 ans. Ce n’est pas cette année que la demande se rétablira des affres de 2020. L’invasion de l’électronique et l’électrification exercent des contraintes structurelles.
Agnès Pannier Runacher
Agnès Pannier Runacher

Le rebond du marché automobile, tant attendu pour 2021 après un millésime 2020 plombé par la crise sanitaire, ne se fera pas. Les dernières statistiques de l’Association des constructeurs européens d’automobiles, pour le mois de septembre, le confirment. Les immatriculations de véhicules particuliers (VP) ont lourdement chuté – de plus de 25% – dans la zone regroupant les pays de l’Union européenne, le Royaume-Uni et ceux de l’Association européenne de libre-échange (Suisse, Norvège, Islande et Liechtenstein), pour tomber à 972 723 unités. Sur le seul marché de l’Union européenne, la demande (inférieure à 720 000 unités) a atteint son niveau le plus faible pour un mois de septembre depuis… 1995.

Cette évolution inquiétante réduit encore l’avance que le marché avait accumulée au cours des six premiers mois de l’année, qui présentait mécaniquement un taux de croissance flatteur en comparaison de l’effondrement de la demande au plus fort du confinement en 2020 (qui s’était effondrée de 38% par rapport à la même période en 2019). Désormais, la hausse enregistrée au cours des neuf premiers mois est d’un peu moins de 7% par rapport à neuf mois peu glorieux en 2020, alors qu’elle dépassait les 25% à l’issue du premier semestre ! Si la tendance se poursuit, on pourra s’estimer heureux que l’évolution de la demande se maintienne dans le vert pour l’ensemble de l’année. Or, elle a toutes les raisons de se poursuivre.

La voiture, bientôt produit de luxe ?

Les raisons sont multiples. Les pénuries mondiales de composants, en particulier de semi-conducteurs dont les besoins vont croissant face à la course à l’électronique que se livrent des constructeurs depuis 20 ans (et qui ont encore croître avec l’électrification et la conduite autonome), figurent évidemment parmi les principales. Elles ont conduit quasiment tous les plus grands constructeurs à arrêter ou ralentir leurs chaînes de montage pour plusieurs jours voire semaines (le japonais Toyota a annoncé vendredi dernier que sa production serait réduite de 15% pour cette raison). Plusieurs industriels du secteur ont indiqué que les pénuries pourraient se poursuivre en 2022.

Voici pour la raison conjoncturelle. Mais structurellement, la tendance inexorable à l’électrification des véhicules conduit également à ralentir la demande. D’une part parce que les modèles hybrides ou 100% électriques sont plus onéreux, d’autant plus que l’Etat ne pourra maintenir éternellement les primes à l’achat – et cette cherté risque de durer, puisque les constructeurs doivent obtenir un retour sur les dizaines de milliards d’euros qu’ils ont annoncé investir dans les prochaines années.

En outre, les ménages qui ne souhaitent, ou ne peuvent pas rapidement franchir le pas de l’électrique hésitent à casser leur tirelire dans l'achat d'une voiture conventionnelle dans un contexte réglementaire toujours plus restrictif avec un certain aléa : à quoi bon investir dans un modèle à propulsion conventionnelle qui sera peut-être interdit dans certains centres-villes (lesquels ?) dans un an ? L’explosion des ventes de voitures d’occasion depuis un an témoigne de la volonté de prendre le moins de risque possible.

En définitive, même si l’électrique affiche pour l’instant des taux de croissance enviables et voit sa part constamment augmenter, il est douteux que cette technologie sous ses diverses formes parvienne à compenser totalement les anciennes motorisations.

Toyota devant Renault et Peugeot

Dans le détail, les marchés nationaux qui ont le plus souffert en septembre comptent parmi les principaux marchés européens : le Royaume-Uni (-34,4%), l’Italie (-32,7%) et l’Allemagne (-25,7%) ont reculé plus que la moyenne, tandis que les immatriculations en France baissent de 20,5% et en Espagne de 15,7%.

Les constructeurs principaux les plus à la peine dans la zone UE+Royaume-Uni+AELE sont les groupes Stellantis (dont les marques principales sont Peugeot, Citroën, Opel/Vauxhall, Fiat et Jeep), en baisse de 30,4%, et Volkswagen (notamment Volkswagen, Audi, Skoda, Seat). Daimler (Mercedes et Smart) s’écroule de 48%, souffrant de son retard dans l’électrique.

Les grands constructeurs asiatiques, qui ont fait le choix d’assumer une présence forte en Europe contrairement à Honda et Mitsubishi, tirent leur épingle du jeu. Le groupe coréen Hyundai (marques Hyundai et Kia) est le seul progresser : il affiche une croissance insolente de 27% et occupe désormais – avec 11,1% de parts de marché – la… troisième place européenne, devant le groupe Renault (avec Renault et Dacia) ! Quant au numéro un japonais Toyota, en baisse toute de même de 18%, il dépasse Peugeot et Renault. Sa marque stricto sensu (excluant Lexus) atteint une part de marché de 6,2% : elle devance de peu la marque au losange (6%) et plus largement la marque au lion (5%). Avec 6,1% de pénétration au cours des neuf premiers mois de l’année, Toyota parvient même à dépasser Renault (qui fait 5,5%) et à faire jeu égal avec Peugeot.

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