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Automobile / immatriculations

Le marché automobile n’a pas redécollé en 2021

Malgré une année 2020 particulièrement faible pour cause de pandémie, le millésime suivant n’a pas pu rebondir, victime des pénuries et de la flambée des prix des véhicules.
véhicules inachevés en raison de la pandémie
véhicules inachevés en raison de la pandémie

L’industrie automobile était pleine d’espoir au début de l’année dernière, bien aidée, il est vrai, par la chute catastrophique des immatriculations en 2020 en raison des confinements liés à la pandémie : 2021 ne pouvait être que meilleure. Las, après un premier semestre positif, les mois de baisse se sont enchaînés au second au point qu’il fallait se rendre à l’évidence : le marché s’orientait probablement vers une nouvelle baisse annuelle.

Les chiffres publiés ce matin par l’Association des constructeurs européens d’automobiles (Acea) l’ont confirmé. Les immatriculations de véhicules particuliers neufs ont reculé de 1,5% dans l’ensemble de l’Europe pour tomber à un 11,77 millions d’unités et de 2,4% dans l’Union européenne, à 9,7 millions de véhicules. La différence dans le négatif est liée à de solides performances des marchés des membres de l’Association européenne de libre-échange (AELE, qui réunit la Suisse, la Norvège, l’Islande et le Liechtenstein et dont les immatriculations progressent de 10,3% dans l’ensemble) et d’un Royaume-Uni tout juste dans le vert (+1%), mais un vert qui compte étant donné la taille de ce marché (1,65 million d’unités).

L’Allemagne est la principale responsable de la baisse de l’ensemble du marché européen en 2021 : le plus gros vivier d’immatriculations a reculé de plus de 10% par rapport à 2020 pour tomber à 2,62 millions d’unités, après notamment un mois de décembre en baisse de 27%. Malgré un dernier mois de l’année particulièrement mauvais (-22% dans l’ensemble de l’Europe), les trois autres principaux marchés du Vieux continent sont restés la tête hors de l’eau sur 12 mois (de +0,5% en France à +5,5% en Italie).

Autant l’effondrement de 2020 était imputable aux mesures de confinement pour lutter contre la pandémie (ainsi qu’à un attentisme des ménages pour engager une dépense dans une situation économique très dégradée), autant l’absence de rebond en 2021 a des causes plus diverses, pas toutes liées à la pandémie.

La pénurie de semi-conducteurs, la flambée des prix de certaines matières premières et les goulots d’étranglement dans la chaîne logistique consécutifs au phénomène de restockage sont liés à la crise sanitaire. Ils ont par exemple privé le groupe Renault de la production de 500 000 véhicules ; Toyota vient d’indiquer qu’il n’atteindrait pas son objectif de production pour son exercice annuel pour la même raison (9 millions d’unités à travers le monde). Dans l’ensemble du secteur, les listes d’attente atteignent parfois près d’un an pour certains modèles.

Mais la réglementation pour réduire les émissions polluantes en prévision de la transition énergétique pousse les constructeurs à mettre sur le marché des véhicules hybrides ou 100% électriques, nettement plus onéreux que des modèles à mode de propulsion traditionnel. De quoi faire réfléchir de nombreux ménages, surtout dans un contexte économique encore très incertain. Cette attitude se traduit notamment par l’explosion du marché de l’occasion, où les prix actuels excèdent parfois ceux des véhicules neufs juste avant la crise.

Les chiffres du marché européen ne sont pas réellement une surprise. Mais maintenant qu’ils sont concrets et officiels, ils ont déçu les investisseurs qui espéraient peut-être un miracle : l’ensemble des constructeurs et des équipementiers automobiles étaient en baisse sur les Bourses européennes.

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