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Banques / Brexit / Banquier / Paris

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Brexit : Macron a-t-il réussi à séduire les financiers ?

Citigroup a embauché deux banquiers de chez UBS pour ses opérations françaises. Selon le FT, BlackRock aurait également des projets pour la France et un recrutement important a déjà été acté.
Paris - France
Paris - France

Alors qu’Emmanuel Macron, qui connaît un trou d’air dans les sondages, intervient aujourd’hui devant le Congrès de Versailles, sa politique porte ses fruits à certains égards. « BlackRock et Citi envisagent de s’agrandir à Paris sous l’audace de Macron », titre ainsi le Financial Times. En effet, plusieurs firmes du secteur financier commencent à dévoiler leurs plans pour Paris, alors que Francfort et Dublin continuent d’être placées en tête des destinations qui bénéficieront le plus du Brexit.

Côté bonnes nouvelles pour la France : les velléités de Citigroup. La banque américaine est allée recruter deux têtes chez UBS. Pierre Drevillon, qui était en charge des fusions et acquisitions en France pour l’établissement suisse, va piloter les M&A dans l’Hexagone. Tandis que le quarantenaire, Grégoire Haemmerlé, qui avait rejoint UBS en 2015 comme responsable des solutions dédiées à la clientèle corporate pour la France, la Belgique et le Luxembourg, va diriger la banque d'affaires et d’investissement sur notre territoire. Ce diplômé de HEC et de l’université du Michigan a débuté sa carrière chez JP Morgan à Londres, au sein des activités fusions et acquisitions. En 2014, il était devenu responsable de l’activité investment banking de JP Morgan pour la France et l’Afrique du Nord. Et, selon les Echos, Luigi de Vecchi, le patron en Europe continentale pour l'ensemble des activités de banque d'affaires pilotera désormais toutes les opérations européennes depuis la capitale française, où il vient de s'installer.

En tout, Citi prévoirait d’ouvrir 150 postes à Paris, mais aussi à Francfort, Milan, Madrid et Amsterdam. Pour mémoire, la banque US compte déjà 160 personnes dans la capitale française. Si Citi a essuyé quelques départs d’hommes partis chez Lazard ces derniers mois, UBS a également connu des changements. Séverin Brizay, qui était patron des M&A pour l’Europe, le Moyen-Orient et l’Afrique, a quitté la banque suisse et devrait rejoindre Bank of America, tout comme Laurent Dhome qui avait intégré UBS en 2016.

En outre, BlackRock aurait également des vues sur Paris. Pour commencer, le gestionnaire d’actifs américain a embauché le mois dernier Henri Chabadel, au poste de directeur de l’investissement pour la France, la Belgique et le Luxembourg. Ce diplômé des Mines des Paris, qui est basé dans la capitale française, travaillait jusque-là pour Groupama Asset Management, où il était dernièrement responsable multi-asset et ingénierie financière. Henri Chabadel est un ancien de la Société Générale et de HSBC Banque Privée. Selon le Financial Times, BlackRock - qui est installé en France depuis 10 ans et compte une cinquantaine de têtes - souhaiterait faire agréer une société de gestion alternative. Une demande aurait été formulée en ce sens auprès de l’Autorité des Marchés Financiers, il y a deux semaines. La société espérerait obtenir une autorisation pour septembre, afin d’offrir ses services d’investissements alternatifs à travers l’Europe et l’Asie. Le média précise que l’Angleterre restera néanmoins son principal bureau en Europe et que les recrutements à Paris ne seront pas des délocalisations mais des créations de postes.

D’autres banques ont déjà commencé à dévoiler leurs cartes. C’est évidemment le cas de HSBC, qui a fait part assez tôt de son intention de déplacer 1.000 personnes vers notre pays. Pour sa part, Morgan Stanley, qui comptait environ 120 banquiers à Paris, envisagerait d’accroître ses effectifs de quelques 80 employés. Goldman Sachs a également fait des déclarations en ce sens et Bank of America a choisi de migrer quelques pointures du côté de l’Hexagone. La bataille pour récupérer les activités et des talents est néanmoins loin d’être achevée. Déjà parce que d’autres capitales avaient pris de l’avance sur Paris, ensuite parce qu’en fonction de l’accord ou non qui sera négocié entre l’UE et les Britanniques, le phénomène de délocalisation des activités pourrait varier.

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