Board : Twitter se renforce dans le politique et l'économique, à un moment charnière
Ce n’est pas sur des spécialistes du numérique que Twitter a misé. Le site de microblogging a annoncé il y a quelques jours deux nominations à son conseil d’administration. Et ce sont des experts de l’économie et de la politique qui ont été choisis pour apporter leurs connaissances au groupe. D’un côté, Ngozi Okonjo-Iweala est une ex-ministre des Finances du Nigeria, qui a également été directrice générale de la Banque Mondiale (BM). De l’autre, un ancien de la BM également, l’Américain Robert Bruce Zoellick, qui fut président de l’institution. Ces profils tranchent avec ceux des autres membres du board de Twitter, mais n’ont évidemment pas été recrutés par hasard.
Ces arrivées ont été dévoilées, en parallèle d’un départ au sein du board. Marjorie Scardino quittera son poste d’administrateur pour « raisons personnelles » à la fin de l’année. Cette dernière a été la première femme à diriger une entreprise cotée de l’indice FTSE 100 (en tant que tête du groupe Pearson) mais a aussi été la première de son sexe à entrer au conseil de Twitter, en 2013.
Si Ngozi Okonjo-Iweala apporte également de la diversité de genre, elle a aussi pour elle une autre culture ainsi que, et surtout, des compétences politiques et financières. Elle est diplômée de Harvard en économie et titulaire d’un doctorat en économie et développement régional du Massachusetts Institute of Technology. En 2007, elle est nommée directrice générale de la Banque mondiale. Elle avait occupé auparavant plusieurs postes au sein de l’institution dès 1982, tels que vice-président et secrétaire, directeur des opérations pour la région Moyen-Orient et Afrique du Nord, et directeur des opérations pour l’unité sous-régionale Asie du Sud-Est et Mongolie. En 2012, elle a même brigué la présidence de la Banque mondiale, mais c'est Jim Yong Kim qui avait alors été désigné.
Celle qui est née en 1954 était jusqu’aux élections de mai 2015 en charge des finances et de la coordination économique au Nigéria, poste qu’elle connaissait bien puisqu’elle avait déjà occupé le siège de ministre des Finances 2003 à 2006, avant de devenir ministre des Affaires étrangères. Actuellement, Ngozi Okonjo-Iweala est senior advisor chez Lazard, où elle est en charge de conseiller les Etats.
« Ngozi et Bob sont des leaders reconnus avec une perspective mondiale et une expertise politique inégalée », a déclaré Omid Kordestani, président du conseil d'administration de Twitter. Et d’ajouter : « Ils seront des atouts incroyables pour Twitter alors que nous continuons à nous concentrer sur la transparence et à faire de Twitter un endroit plus sûr et plus sain pour tous ceux qui utilisent notre service ».
Pour éviter le risques de fake news et autres déboires connus par un autre réseau social - Facebook - tout en restant rentable, avoir choisi deux poids lourds capables d’apporter leurs expériences notamment des affaires publiques et des finances n’est pas anodin. Ngozi Okonjo-Iweala est suivie par 871.000 comptes sur Twitter et a posté à plus de 2.100 reprises sur le site. Pour sa part, Robert Bruce Zoellick n’est pas actif sur le réseau social. Il a en revanche cumulé les hauts postes. Il a notamment travaillé pour l’administration Reagan et sous la présidence du Bush père et fils. Il a également œuvré pour Goldman Sachs, pour ne citer que ça. Avec ces poids-lourds, Twitter gagne en forces vives, montre son attractivité mais aussi sa prise de conscience des sujets incontournables en dehors de l'innovation, que sont le politique et l’économie.
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