WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
Abonnez-vous
Abonnez-vous à notre newsletter quotidienne

Régulation / Concurrence / Amazon / impôt / évasion fiscale

Régulation / Concurrence
Amazon / impôt / évasion fiscale

Amazon de nouveau soupçonné d’évasion fiscale

Alors que le géant américain du commerce en ligne Amazon a triplé ses bénéfices l’an dernier, sa facture fiscale a chuté drastiquement au Royaume-Uni.
Amazon
Amazon

La multinationale Amazon a publié ses résultats comptables pour 2017. Le groupe se fait remarquer par sa charge fiscale plutôt faible au regard de ses bénéfices. En effet, la société d’exploitation britannique du groupe - la division du groupe qui gère les entrepôts qui traitent, conditionnent et postent les livraisons aux clients britanniques -, a payé 4,6 millions de livres sterling en 2017 contre 7,4 millions l’année précédente, soit une baisse de 37%. Pourtant, la société britannique du groupe américain se porte bien : ses bénéfices avant impôts sont passés de 24,3 millions de livres à 72,3 millions de livres sur la même période, enregistrant une hausse de plus de 197%. Par ailleurs, Amazon a pu reporter 2,9 millions d’euros des impôts qu’elle doit payer cette année, ramenant sa facture fiscale totale dans le pays à 1,7 million de livres en 2017.

L’entreprise a pourtant déclaré avoir payé tous les impôts requis par la loi fiscale britannique en vigueur et dans tous les autres pays où elle opère. D’après Amazon, cet effet à la baisse serait essentiellement dû à une majeure utilisation du paiement du personnel fondé sur des actions. D’après un récent communiqué, les salariés travaillant à temps-plein dans les entrepôts ont reçu à l’année des actions valant 1.000 livres en moyenne. Or, ces paiements ont réduit la facture fiscale d’Amazon car au Royaume-Uni, les sociétés sont tenues de déduire la valeur d’acquisition des actions fournies aux employés. La société d’exploitation britannique a versé 54,8 millions de livres en actions en 2017 contre 36,7 millions en 2016, alors que l’action d’Amazon a augmenté de 84% au cours des deux dernières années. Et la branche UK Services emploie plus des deux tiers des 27.000 salariés que compte Amazon au Royaume-Uni.

Malgré cette explication, la multinationale est de nouveau sous les feux des projecteurs. Déjà en 2014, la Commission européenne exigeait du Luxembourg - là où se situe le siège d’Amazon en Europe -, qu’il collecte 250 millions d’euros d’arriérés, l’accusant d’avoir bénéficié pendant des années d’accords avec les autorités luxembourgeoises.

Aujourd’hui, les écarts entre le montant de ses impôts et de ses bénéfices lui fait de nouveau essuyer de vives critiques. Et ces condamnations arrivent au moment où Amazon, Microsoft et Alphabet sont au coude-à-coude pour devenir la seconde société cotée américaine à atteindre 1.000 milliards de dollars de valorisation boursière après Apple. A noter enfin qu’Amazon a enregistré jeudi dernier le bénéfice trimestriel le plus élevé de son histoire en franchissant la barre des 2,5 milliards de dollars.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article