WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
Abonnez-vous
Abonnez-vous à notre newsletter quotidienne

Evenements / Airbnb / Uber

Evenements
Airbnb / Uber

Airbnb, Uber : le coup de massue porté par New York

En deux jours, la ville de New York a successivement obligé Airbnb à publier la liste des hôtes qui louent leur logement entier pour les sanctionner, puis a interdit toute nouvelle licence de VTC pour le moment, ce qui pénalise lourdement Uber et Lyft. Les licornes de la « sharing economy » paient un lourd tribut pour avoir disrupté l'hôtellerie et les taxis.
Uber
Uber

Si Airbnb, Uber et Lyft étaient cotées en Bourse, les deux dernières séances auraient été particulièrement violentes pour les licornes de la Silicon Valley. Car la ville de New York, un des principaux marchés pour la plateforme de location de logements comme pour les VTC (Véhicules de Transport avec Chauffeur), vient de passer deux décisions qui pourraient porter un coup d’arrêt à la croissance fulgurante de ces jeunes pousses.

Cela a commencé avec Airbnb, qui bataille depuis de longs mois maintenant contre l’administration de la Grosse Pomme. La ville de New York a décidé d’interdire la location entière de logements pour moins de 30 jours si l’hôte n’est pas présent, afin de lutter contre l’utilisation des logements à des fins commerciales et l’inflation sans précédent des loyers dans la ville. Mardi, le maire de New York Bill de Blasio a signé un arrêté obligeant Airbnb à publier la liste des hôtes qui louent leur logement à courte durée et contreviennent ainsi à la nouvelle réglementation. Celui-ci prendra effet dans 180 jours et lui permettra de mettre en place des sanctions.

Et ce mercredi, le Conseil de la ville de New York a porté un coup de massue à Uber, Lyft et leurs concurrents, en décidant de geler les licences de VTC pour un an, et de fixer un salaire horaire minimum pour les chauffeurs privés. La ville est la première à légiférer sur le nombre de VTC en circulation, afin de lutter contre la congestion de plus en plus importante du trafic. Comme en France, le but est aussi de trouver une solution face à la forte dépréciation de la valeur des licences de taxis, qui a placé nombre d’entre eux en faillite personnelle. Uber a vivement protesté contre cette décision, en faisant valoir que cela allait se traduire par des prix plus élevés et plus d’attente pour les usagers.

Quoi qu’il en soit, New York a ici frappé un grand coup et risque d’être suivie par d’autres villes américaines et étrangères. L’an dernier, Uber avait déjà essuyé une grosse déconvenue à Londres, lorsque la ville avait décidé de suspendre temporairement la licence du groupe. Le nouveau CEO, Dara Khosrowshahi, a ensuite travaillé à changer en profondeur la culture du groupe et sa manière de travailler avec les chauffeurs, et en juin dernier, l’administration des transports de Londres l’a autorisé à nouveau à opérer pour 15 mois.

Mais aujourd’hui, l’étau de la réglementation semble se resserrer sur ces deux acteurs de la « sharing economy », ce qui pourrait menacer leurs projets de développement et même d’IPO si d’autres villes et marchés décident d’en faire de même. En mai dernier, Uber a levé à nouveau 600 millions de dollars à une valorisation de 62 milliards de dollars, et confirmé sa place de start-up privée la plus chère au monde, après avoir fait entrer le Japonais Softbank en fin d’année dernière. Quant à Airbnb, son dernier tour de table remonte à mars 2017, lorsqu’il a collecté 450 millions de dollars à une valorisation de 30 milliards de dollars. Les deux licornes caressent l’idée de lancer leur introduction en Bourse l’an prochain, mais de telles déconvenues pourraient porter un coup d’arrêt à leur croissance fulgurante, et effrayer les investisseurs. La bataille ne fait certes que commencer pour Airbnb comme pour Uber, mais elle sera déterminante pour leur avenir et celui des disrupteurs des industries traditionnelles.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article