Macro-économie / Taux / Fonds souverain norvégien / Développement durable / Finance durable
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Fonds souverain norvégien / Développement durable / Finance durable
Le fonds norvégien incite les zinzins à collaborer au développement durable
Le fonds souverain norvégien ne prend pas l'écologie à la légère ! Lui qui, plusieurs fois par an, publie la liste des entreprises dont il est sorti car elles ne respectent plus ses critères de bonne gouvernance, ou parce qu'elles sont jugées trop polluantes, vient de dévoiler une étude pour inciter les investisseurs de long terme à respecter les objectifs de développement durable fixés par l'ONU en 2015. "Les 17 objectifs de l'ONU constituent un programme ambitieux à mettre en place d'ici 2030 et destiné à allier prospérité des hommes et protection de la planète", expliquent les responsables du fonds en guise d'introduction. Le but de leur recherche étant de montrer comment les investisseurs institutionnels peuvent apporter leur pierre à l'édifice pour atteindre ces objectifs de l'ONU.
En 2015, 193 États se sont engagés à adopter les objectifs, qui répondent aux défis auxquels le monde est confronté, et notamment ceux liés à la pauvreté, aux inégalités, au climat, à la dégradation de l'environnement, à la prospérité, à la paix et à la justice, rappelle le fonds norvégien. Chacun de ces objectifs possède trois indicateurs destinés à mesurer les progrès réalisés pour les atteindre, et s'ils ne sont pas contraignants, ils sont le résultat d'une longue consultation entre États, qui se sont tous engagés à tout faire pour les atteindre. Mais, rappelle le fonds norvégien, aucun engagement n'a été pris en termes de financement : or selon les estimations de l'OCDE, le coût de ce programme représente autour de 5% du PIB mondial par an, soit un montant de 2.500 milliards de dollars par an.
"Si les projets liés aux objectifs de développement durable de l'ONU offraient immédiatement un rendement attractif, les capitaux afflueraient vers ce type d'investissement, ce qui n'est pas le cas", remarque le fonds souverain. Nombre d'investisseurs sont découragés par les coûts supplémentaires que les projets durables peuvent représenter à court terme. En réalité, les bénéfices liés à ce type d'investissements sont à envisager sur le long terme. D'où la nécessité et la responsabilité pour un investisseur tel que le fonds souverain et pour tous les zinzins, de prendre en compte ces critères de l'ONU lorsqu'ils placent leurs billes dans une entreprise. Même si les gouvernements doivent aussi faire leur part du travail, en co-investissant auprès de fonds privés ou en aidant les entreprises à identifier les opportunités économiques de tel ou tel projet durable.
Comment le Governement Pension Fund norvégien contribue-t-il de son côté à remplir les critères de l'ONU et peut-il servir d'exemple à tous les zinzins ? D'une part en incitant les entreprises dans lesquelles il investit à mettre en oeuvre les objectifs de développement durable : "Nous travaillons avec les entreprises pour qu'elles renforcent leur gouvernance, qu'elles améliorent leurs performances et développent des pratiques responsables en leur sein", explique le document. Le fonds publie par ailleurs fréquemment des rapports sur les sujets liés au développement durable. Le GPF a d'ailleurs dévoilé cette semaine une étude sur la pollution au plastique des océans et les critères pour permettre aux entreprises dans lesquelles il investit de lutter contre ce phénomène.
Deuxième façon pour le fonds d'apporter sa pierre à l'édifice : investir dans des entreprises des pays émergents. Ensuite, le fonds contribue également aux objectifs de l'ONU en plaçant ses billes dans des entreprises qui apportent des solutions pour l'environnement : celles notamment qui développent des sources d'énergie alternative, celles qui oeuvrent à l'amélioration de l'efficacité énergétique, et celles qui aident à mieux gérer les ressources naturelles. Enfin, le fonds contribue au développement durable en se désinvestissant des entreprises "non durables", que ce soit pour des raisons éthiques ou environnementales. Par exemple, il n'est pas investi dans les entreprises de tabac, de production d'armes ou de charbon. Ni dans les entreprises responsables de la production d'huile de palme, qui contribuent à la déforestation, selon le fonds.
"En tant qu'investisseur de long terme, nous avons tout intérêt à contribuer à une économie mondiale durable. La valeur de notre fond dépendra en définitive de la création de valeur responsable des entreprises dans lesquelles nous sommes investis", conclut le fonds norvégien. Il est donc de la responsabilité des investisseurs institutionnels de continuer à promouvoir les bonnes pratiques et à inciter les États à participer plus concrètement au programme de l'ONU.
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