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Finance durable : les banques européennes se penchent sur le projet de l’UE
La pandémie de Covid-19 et ses conséquences économiques n’arrêtent pas les projets et objectifs de long terme. Au contraire, comme le souligne la Commission européenne, "l'épidémie de coronavirus en cours souligne la nécessité cruciale de renforcer la durabilité et la résilience de nos économies à l'avenir ". Au cœur de cette durabilité, "nous ne devons pas perdre de vue nos objectifs de soutenabilité de long terme, dont celui de rendre l’Europe climatiquement neutre" rappelle Valdis Dombrovskis, vice-président de la Commission européenne pour "une économie au service des personnes". Pour cela, une consultation a été lancé du 8 avril au 15 juillet 2020 afin de recueillir le plus d’avis possibles pour améliorer les travaux consistant à mobiliser les investissements vers ces objectifs. Plus spécifiquement, la Commission souhaite adopter au second semestre 2020 une stratégie de finance durable renouvelée dans le cadre du Green Deal européen qui s’inscrit lui-même dans le plan d’action pour financer la croissance durable de 2018.
L’AFME, l’association des marchés financiers en Europe, a dévoilé hier le point de vue qu’elle a défendu lors de cette consultation. Si elle va dans le sens de la Commission européenne concernant la nécessité d’une reprise économique tournée vers la soutenabilité après la crise, elle reste critique sur la méthode mise œuvre. Concrètement, l’association "pense que la stratégie renouvelée devrait placer une plus grande concentration sur la transition de l’économie réelle (c’est-à-dire les secteurs non financiers) et devrait se baser sur des politiques cohérentes, séquentielles et proportionnées" qui prennent en compte le cadre législatif de 2018.
Plus précisément, si les accords de Paris expriment un objectif, le manque de clarté nécessite une structure législative plus lisible pour les secteurs non financiers de l’économie. Par exemple, elle devrait " inclure des signaux politiques sur le rythme approprié de la suppression progressive de certains actifs qui vont probablement être abandonnés dans le futur ". Aussi, les pénalités financières sur les entreprises en phase de changement devraient totalement disparaître. Cela s’inscrit dans une politique globale "de bon équilibre entre l’ambition de transformation et la capacité de l’économie à entreprendre ces transitions". Plus qu’une taxonomie, c’est un chemin clair et simplifié qu’il faut éclairer. Ce chemin requiert des outils comme des données ESG mieux standardisées et disponibles, mais aussi des incitations pour mettre en place un véritable partenariat public-privé.
De plus, l’association croit que "le caractère mondial du changement climatique et d’autres problématiques ESG requiert une action mondiale partagée et cohérente". Des efforts d’harmonisation avec les critères mondiaux sont donc nécessaires. Pour autant, aussi importants soient les efforts à faire, l’AFME note qu’il est "essentiel que toutes les mesures ultérieures soient bien coordonnées avec la législation existante et entre elles, fixant des échéances réalistes et cohérentes pour leur mise en œuvre ". L’association rappelle ici la Commission européenne à la réalité du terrain dans laquelle les transformations ne sont parfois pas aussi rapides que les évolutions de mentalités et leur retranscriptions juridiques.
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