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Les tracas de l’homme le plus riche au monde

Jeff Bezos, le patron fondateur d’Amazon, a lancé un fonds de 2 milliards de dollars pour financer des maternelles et des refuges pour familles. Mais cette première initiative n’a eu lieu qu’après avoir essuyé de vives critiques, ce qui montre que l’esprit d’entrepreneur ne se conjugue pas forcément avec philanthropie.
Amazon
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Tout le monde n’est pas Bill Gates, Warren Buffett ou Mark Zuckerberg, ces milliardaires qui se sont engagés à reverser l’essentiel de leur fortune à des causes associatives ou à la recherche. Mais lorsque l’on est l’homme le plus riche au monde, il est impossible d’échapper à la pression sur la manière de reverser une partie de son patrimoine aux plus démunis. Pourtant, Jeff Bezos, le patron fondateur d’Amazon dont la fortune est estimée à 164 milliards de dollars, s’était jusqu’à présent refusé à lancer une initiative propre dédiée à la philanthropie, et a essuyé pour ces raisons les plus vives critiques. Celles-ci se sont encore intensifiées lorsque le groupe d’e-commerce a passé la barre des 1.000 milliards de dollars de capitalisation en Bourse, début septembre.

Mais c’est désormais chose faite : la semaine passée, Jeff Bezos et son épouse MacKenzie ont annoncé un fonds de 2 milliards de dollars, appelé Day One Fund, qui a pour vocation d’aider des organisations exploitant des refuges pour des familles sans logement et de créer un réseau de maternelles de style Montessori dans des communautés défavorisées. Il compte appliquer la même règle de dévouement au client qui a fait le succès d’Amazon. "Le plus important de ces principes sera une obsession véritable et intense pour le client. L’enfant sera le client", a-t-il déclaré lors de cette annonce, lui qui juge avoir été sensibilisé à l’esprit d’initiative lors de sa propre éducation dans une école Montessori.

Il s’agit d’une première pour l’entrepreneur, qui s’est jusqu’à présent limité à donner 33 millions de dollars pour financer des bourses d’études d’immigrés sans papier, et a abondé 10 millions de dollars dans un fonds de campagne politique afin d’aider d’anciens vétérans à se présenter au Congrès. Il a également acheté le journal américain Washington Post pour 250 millions de dollars en 2013, et a dédié 1 milliard de dollars à Blue Origin, son projet d’exploration spatiale, ce qu’il considère également comme une démarche philanthropique.

Mais Jeff Bezos a récemment déclenché une nouvelle polémique, lorsqu’il s’est opposé à une nouvelle taxe sur les salariés envisagée par la ville de Seattle au printemps dernier, et qui aurait permis de dégager 50 millions de dollars pour financer des refuges et des aides au logement dans la ville. En menaçant de suspendre la construction de nouveaux bâtiments, soit 7.000 emplois, il a obtenu gain de cause.

S’il ne brille pas pour son penchant philanthropique, l’entrepreneur est en revanche salué pour son génie des affaires et du management, et ses conseils et principes sont suivis avidement, comme lors de sa lettre annuelle aux actionnaires. Vendredi lors d’une conférence à l’Economic Club à Washington, il a partagé quelques règles personnelles : se coucher tôt, pas de réunion avant 10h, prendre trois bonnes décisions par jour et finir de prendre les décisions difficiles avant 17h. Enfin, ne jamais suivre le cours de Bourse, qui n’est en aucun cas un indicateur de la qualité de la gestion. Même s’il est un bon baromètre du niveau de sa fortune personnelle.

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