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Consolis, le LBO qui a su traverser la tempête
Tout le monde se souvient de Monier, et de ces grands LBO surendettés qui ont dû passer entre les mains de leurs créanciers lorsque l’assèchement du crédit après Lehman Brothers est devenu trop asphyxiant. Pourtant, d’autres acteurs de secteurs très cycliques comme la construction ont réussi à passer entre les gouttes, à l’instar de Consolis, le spécialiste du béton préfabriqué qui présente aujourd’hui son projet d’introduction à la Bourse de Paris.
Le groupe Bonna Sabla est un groupe industriel français né à la fin du 19ème siècle, lorsque l’ingénieur Aimé Bonna a inventé le tuyau en béton armé. Racheté par AXA Private Equity en 2002, il a ensuite été vendu à Industri Kapital en 2005, avant de fusionner quelques mois plus tard avec le Finlandais Consolis, pour devenir un leader européen de la construction. Le fonds nordique est sorti rapidement puisqu’il a passé la main à LBO France fin 2006, juste avant le retournement de la conjoncture. Le prix payé à l’époque est celui d’un pic de marché : 940 millions d’euros, soit 7,5 fois l’Ebitda de la cible dont une dette à 5,5 fois l’Ebitda.
Mais les choses se sont ensuite compliquées pour le groupe, en raison du coup d’arrêt sur la croissance. Le résultat opérationnel de Consolis a ainsi chuté de plus de moitié après la crise de 2008, et a par conséquent brisé plusieurs covenants sur sa dette. Le groupe s’est alors engagé dans un mandat ad hoc et une première restructuration financière en 2011, où LBO France a joué son rôle d’actionnaire responsable en mettant 35 millions d’euros de "new money". Deux ans plus tard, Bayside Capital – filiale de HIG – a consenti un crédit senior de 45 millions d’euros, tandis que le fonds de Robert Daussun a remis 45 millions d’euros d’equity et accepté de convertir environ la moitié de la dette du groupe, qui a été ramenée de 760 à 350 millions d’euros.
LBO France a finalement cédé Consolis à Bain Capital au printemps 2017, après plus de dix ans au capital. Et le nouveau fonds de private equity a rapidement cherché une porte de sortie en Bourse puisqu’il a annoncé son projet d’IPO dès le printemps dernier, mois d’un an après son rachat. Le groupe mise sur sa position de leader européen du béton préfabriqué, qui génère 1,4 milliard d’euros de revenus pour une marge opérationnelle proche de 10%, dans la construction mais aussi les infrastructures. Il ambitionne de lever 135 millions d’euros pour continuer à réduire sa dette mais aussi financer sa croissance internationale, étant donné qu’il dégage déjà 85% de ses revenus hors de France. La croissance en vue est certes celle d’un secteur mature : 3% cette année, mais compte améliorer nettement ses marges, avec un Ebitda en hausse de 100 millions d’euros entre 2016 et 2020.
Consolis sera donc un test pour mesurer l’appétit des investisseurs à la Bourse de Paris pour un acteur industriel sous LBO, dont Bain Capital a annoncé rester l’actionnaire principal. Arrangée par Bank of America, BNP Paribas, JP Morgan, Natixis, Barclays, Société Générale et Nordéa, l’IPO pourrait apporter un peu de vent frais à la place de Paris, dans un environnement encore moribond notamment par rapport au reste de l’Europe.
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