Atari, un cas rare
C’est un cas assez rare sur la place de Paris pour que Proxinvest le souligne. La société de conseil en vote recommande aux actionnaires d’Atari de voter contre l’approbation des comptes de cette société de jeux vidéo. Dans un exposé rendu public cette semaine, Proxinvest rapporte les réserves émises par les commissaires aux comptes d’Atari. "Ces derniers estiment que votre chiffre d’affaires et votre résultat net sont surévalués. Cette surévaluation porte sur des montants significatifs comparativement au résultat net part du groupe comptabilisés pour l’exercice", écrit Loïc Dessaint, directeur général de Proxinvest.
Sans rentrer dans les détails techniques liés à ces réserves, ce qui est intéressant dans la note du cabinet de conseil est la mise en exergue du rôle du comité d’audit. "Proxinvest rappelle que les comptes doivent être approuvés par le conseil d’administration après examen par le comité d’audit et que l’émission de réserves est un constat d’échec entre la société et son commissaire. Comme la bombe atomique, les réserves n’ont pas vocation à être émises en pratique, elles forcent la direction financière, le conseil d’administration et le comité d’audit à écouter le commissaire aux comptes agissant en toute indépendance", poursuit le proxy.
Ce dernier précise que l’assemblée générale va valider les comptes puisque le premier actionnaire, Frédéric Chesnais, PDG du groupe, "contrôlera une grande partie des votes de l’AG" du 28 septembre. Ce qui n’empêche pas Proxinvest de demander à ce que les investisseurs fassent valoir leur "non". La société interpelle également Atari sur l’indépendance du comité d’audit : "Dans ce contexte de réserves des commissaires aux comptes, ne serait-il pas pertinent et préférable que le comité d’audit soit composé exclusivement d’administrateurs libres de tout conflits d’intérêts et disposant des capacités nécessaires pour exercer les travaux du comité d’audit ?".
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